11 juillet 2005

L'avalée des avalés

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Réjean Ducharme

Gallimard

378 pages


D'accord, d'accord, je me suis engagée à faire un résumé, faut que je le fasse. En vérité, L'avalée des avalés n'est pas un livre facile à définir ni même à comprendre. C'est l'histoire de Bérénice Einberg qui, dès sa naissance a été choisie pour << appartenir >> à son père (je l'exprimerai ainsi), car ses parents, l'une catholique et l'autre juif se sont partagés dans leur contrat de mariage, leurs enfants. Ainsi, le premier enfant né devait être élevé dans la religion catholique (l'aîné, Christian), le second dans la religion judaïque (la benjamine, Bérénice), le troisième dans la religion catholique et caetera jusqu'au trente et unième enfant (ils n'en auront que deux). C'est sûrement cette division qui rend le couple Einberg si hasardeux et Bérénice se plaît à créer entre-eux des chicanes.

Bérénice déteste son père << Einberg >> et sa mère qu'elle a surnommé Chamomor. C'est un être en perpétuel combat contre l'autorité, l'humanité et la réalité. Sa réalité elle a décidé de la créer par elle-même, elle est le nombril du monde et tout naît et meurt par elle. Rien n'a d'emprise sur elle (du moins c'est son désir). Finalement, ses parents (particulièrement son père qui n'aime pas l'attachement de sa fille pour son fils) dont le mariage tire à sa fin, l'envoie, à bout de patience pour toutes ses délinquances, dans une famille juive très pieuse et irréprochable. Ils devront avoir de la patience, car Bérénice mène dès lors une croisade contre l'autorité de Zio, homme considéré comme un saint dans cette famille, en volant, en fuyant, en se battant etc. Zio finit par s'avouer vaincu, lui qui rêvait de faire d'elle la petite juive parfaite, et la renvoie à ses parents qui, entre temps se sont remis ensemble. Toutefois, Bérénice ne restera pas longtemps auprès de ses parents et Einberg l'expédie dans une milice étudiante en Israël afin de combattre contre les musulmans.

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gif

Ce livre a été considéré par des artistes québécois questionnés par l'émission Flash comme le plus grand classique de la littérature québécoise. Je ne devrais pas avoir à les contredire. Je devrais applaudir le succès de cet auteur né à Saint-Félix-de-Valois (c'est près de mon chalet !!) qui a été capable de se tailler une place dans le dictionnaire Larousse où on trouve même pas les mots arachnophobie, sociopathe et éconoclaste, mais j'espère qu'on me pardonnera, ce roman me semble être une connerie du début à la fin !!

Il faut le prendre à la légère, ne pas penser que tous les enfants sont ainsi, espérer que personne n'est ainsi. rejeanducharme_1975Cette héroïne semblait être la représentation du paroxysme de l'égotisme. Réjean Ducharme base tout de même son personnage et sa façon de voir la vie sur le principe que si un arbre tombe dans la forêt et que personne ne l'a entendu tomber, est-ce qu'un arbre est tombé ? Du début à la fin, c'est comme ça. Bérénice passe son temps a modifier la réalité, par exemple si son amie est morte ce n'est pas parce qu'elle a été frappée par une voiture, mais parce qu'elle a voulu qu'elle meurt, c'est le principe que si tu crois à quelque chose il est vrai. Cela fait que l'héroïne devient le centre du monde à ses yeux. Et tout ce qu'elle peut faire pour prouver cette théorie !! Mon Dieu c'est quelque chose ! Pour ce qui est de l'écriture du roman, c'est bien joli, un bel assemblage de mot, mais quelque chose me triture l'esprit. Est-ce parce que l'auteur connaît les mots << prosopopées >> et << préfoliation amplective >> qu'il peut se permettre de les mettre dans la bouche d'une enfant de 11 ans. Personnellement, c'est quelque chose que je retrouve souvent chez les écrivains québécois et cela m'énerve, c'est vrai ça me donne l'impression d'être inculte !

Toutefois, je dois avouer que lorsque ma mère m'a demandé qu'est-ce que ce livre m'avait apporté j'avais tout de même une réponse à donner : << une nouvelle vision de la vie >>. Oui, la théorie du nombrilisme de Bérénice m'énervait, mais elle me rafraîchissait parfois et oui, je ne pense pas que à 11 ans une enfant puisse haïr ses parents de cette façon, mais d'un autre côté l'auteur l’a tout de même soumise au besoin d'être aimé. Bref, ce livre vous apportera soit une façon différente de percevoir la réalité sensible ou soit un bon fuckage de cerveau, mais cela c'est à vous de voir en le lisant.

Autres livres de l'auteur :

- Gros mots (1999)

- Va savoir (1994)

- Dévadé (1990)

- Les enfantômes (1976)

- L'hiver de force (1973)

- La fille de Christophe Colomb (1969)

- L'océantume (1968)

- Le nez qui vogue (1967)

Posté par GeishaNellie à 23:15 - Littérature québécoise - Commentaires [0] - Permalien [#]
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