24 novembre 2005

Baudolino

image001Umberto Eco

Albin Michel

694 pages

Le jeune Baudolino rencontre un jour un étranger perdu dans la brume, près de chez lui, mais sans le savoir c'est Frédéric Barberousse, l’empereur qui se tient devant lui. Celui-ci fasciné par l’intelligence du gamin qui est un fieffé menteur (c’est en fait, sa grande spécialité), Frédéric décide de l’amener avec lui dans ses pérégrinations afin de faire de lui un garçon éduqué dont l’imagination fort aiguisée lui assurerait la fidélité de toutes les villes d’Italie. Voilà que commence toute une histoire qui débute par les folles années des << supposées >> études de Baudolino à Paris où il rencontrera toute sa clique, puis par tous les stratagèmes qu’il utilisera afin de sauver la ville d’Alexandrie et surtout tous ces moments qu’il passera à essayer d’inventer le royaume du prêtre Jean et de trouver son emplacement afin d’assurer la dominance de son père adoptif Frédéric Barberousse.

Puis, vient la chute de Jérusalem et Frédéric part avec toute sa cohorte et son armée comprenant Baudolino et ses amis afin de reprendre la ville des mains des troupes de Saladin. Toutefois, en chemin ils s’arrêteront au château de Ardzrouni où l’empereur sera retrouvé mort le lendemain matin alors qu’il était enfermé dans une chambre close et que Baudolino et ses comparses le veillait devant sa porte. Baudolino décide qu’en l’honneur de son père adoptif il retrouvera le royaume du prêtre Jean, chose qu’ils avaient si fortement désiré tous les deux et ce qu'il réussira à faire.

Après de longues années de voyage, il finit par trouver le royaume du prêtre Jean sur lequel règne le Diacre Jean, fils adoptif du prêtre, mais il s'agit d'un royaume peuplé de créatures étranges. Dans ce royaume, ils resteront durant plusieurs années jusqu'à ce qu'il soit attaqué par les Huns blancs, toutefois en tentant de fuir ces envahisseurs, Baudolino et ses amis sont capturés par des serviteurs de Aloadin. Ils seront alors amené et enfermés pendant plusieurs années dans le palais de Aloadin où Baudolino réussira finalement à s’enfuir. Tout se finit lorsque Baudolino découvre enfin qui a tué son Frédéric adoré, mais l’histoire, elle, ne se finit pas vraiment, car des mystères, ils y a en a encore plein dans la vie de notre héros.

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Ce roman est assurément séparé en deux parties car toute l’histoire est supposée tourner autour de la mort de Frédéric et de l’identité de son assassin, mais la première partie est beaucoup plus longue et bien plus ennuyeuse. Il faut comprendre que tout le récit est imbibé de la foi chrétienne et composé de plusieurs conversations théologiques, les divergences des croyances divines vont même détruire tout un royaume dans ce livre, c’est quelque chose !

Mais même si ce texte est plutôt aride (encore plus sec que le Sambatyon lui-même, fleuve qui ne déverse que des pierres et pas une seule goutte d’eau :p) la fin est étonnante, lorsque l’on arrive dans le pays du Diacre Jean avec les Sciapodes, homme à une seule jambe, les Blemmyes qui n’ont pas de tête, mais un visage au milieu du torse, les Panoties qui ont les oreilles si grandes qu’ils peuvent voler avec ou même s’en recouvrir, les Ponces dépourvus d’articulation aux genoux et au membre virile sur le ventre et bien d’autres encore. Personnellement, je suis aussi très curieuse à ce qui touche la religion sans être croyante pour autant, c’est un peu comme une belle et grande histoire et cela m’a beaucoup plu d’apprendre tout ça, mais de savoir si Jésus était le fils de Dieu, son fils adoptif, un fantôme ou je-ne-sais-trop-quoi encore, m’ennuyait quelque peu.

Cela toutefois n’enlève rien au grand talent d’Umberto Eco, seulement ces écrits ne sont peut-être pas pour tout le monde. Si l’on retrouve légèreté, divertissement et parfois même luxure dans ce livre, il faut savoir que tout cela est bien entouré d’une épaisse croûte de chrétienté, pour ceux qui apprécient cela, lancez-vous sans hésiter, pour les autres accrochez-vous bien à certains passages en grinçant des dents ou riez durant d’autres, sinon laissez simplement tomber. Donc, ce n’est pas un livre pour les vacances, il est dur à lire et si l’on est pas bien accroché, on décroche vite (heu …) mais la fin est tellement quelque chose ! si vous vous sentez capable de passer au travers de ces 660 pages et bien allez-y, s’est bourré de petites histoires, un peu comme la légende du Chevalier au Lion de Troyes.

Autres livres de l'auteur :

- La mystérieuse flamme de la reine Loana (2004)

- L'île du jour d'avant (1994)

- Le pendule de Foucault (1988)

- Le nom de la rose (1980) Prix Strega, Prix Médicis Étranger

- etc.

Posté par GeishaNellie à 17:54 - Littérature italienne - Commentaires [0] - Permalien [#]

dentelle


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