15 juin 2006

La rose pourpre et le lys

image001image003Michel Faber

Boréal

1146 pages

Sugar est devenue prostituée sous l’imprécation de sa mère maintenant devenue maquerelle, mais c’est une femme qui a non seulement cultivé son intellect (une intelligence masculine comme on le dirait dans ce 19e siècle) mais aussi sa beauté. Elle a la chance (ou la malchance c’est à voir !) de rencontrer une nuit William Rackham héritier des parfumeries Rackham (en fait dès qu’il voudra bien se prendre en main et devenir le président de la compagnie de son père) qui sera tout d’abord un de ses clients, puis l’homme qui l’entretiendra. Il finira même par accepter de faire d’elle la gouvernante de sa fille unique. Toutefois, William qui a finalement accepté de prendre la succession de son père se voit tiraillé entre plusieurs devoirs : celui de mari, d’amant, d’ami, de maître, de frère et de patron.

En bref, le monde du pauvre Rackham commence lentement à s’effondrer sous ses pieds alors que sa fortune s’accumule. Mais son plus gros problème reste sa femme. Devenue complètement folle par une maladie que ce 19e siècle n’a pas les connaissances pour guérir, il voit non seulement la réputation de son épouse, mais aussi la sienne, pâtir des nombreuses << crises >> qu’elle peut parfois avoir en public. En bref, il ne sait plus trop quoi faire avec elle, accepter contre sa propre morale de l’envoyer dans un asile où le docteur dit qu’elle deviendra une femme neuve ? Et que devient Sugar dans tous ces problèmes ? C’est à voir …

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gif

Publié en deux tomes sous Boréal, ce roman aurait pu en désespérer plus d’un par sa longueur, il est vrai qu’on a souvent l’impression que rien ne bouge Agnès reste malade et continue sa folie, Sugar est toujours la maîtresse de William, le pauvre Henry est encore amoureux de Mme Fox. Et ça continue comme ça pendant un certains temps, mais si l’histoire se meut avec une certaine lenteur lorsque l’on se rend compte à travers quoi l’auteur nous a fait passer on a tout un choc ! Penser à cette pauvre pute de Sugar devenue la gouvernante de la petite Sophie et en plus, elle aime son travail et son élève !! Ce qu’il y a d’étonnant c’est que ce livre comporte deux styles bien contradictoires celui du 19e siècle avec la façon de penser typique des gens de cette époque et celle de l’écrivain ; Michel Faber écrit ce roman dans un style tout à fait actuel. Dès les premiers mots, il nous aborde de façon violente nous présentant de sa propre voix le monde qu’il a créé et les personnages qui y trônent. Il nous dit qui suivre et qui laisser derrière, il nous dévoile des mystères à nous seuls, lecteurs, alors que les personnages du roman eux, restent plus ignorants que nous.

En fait, c’est un livre tout à fait moderne tissant une histoire qui, elle, ne l’est pas du tout, mais c’est tout un étonnement ! C’est de l’originalité du début à la fin ! Si je ne vois pas pourquoi l’auteur a passé 25 ans sur ce livre là, je suis tout de même heureuse qu’il n’ait pas abandonné. Toutefois, j’aurais une remarque à faire à M. Faber, comment pouvez-vous avoir tenu presque 1000 pages d’une main de maître nous faisant vivre la déconfiture totale d’un personnage qui depuis le début nous donnait l’impression qu’il survivrait à tout ce qui lui arrivait, mais de finir votre roman en un presque fiasco. À peine quelques paragraphes à ajouter et ça aurait été un chef d’œuvre ! Mais non … En fait, Faber ne nous laisse pas seulement sur notre faim, mais il le fait avec tellement de brusquerie qu’on dirait qu’il se débarassait de ce livre là, faut croire qu’il y a passé trop de temps. Mais tout de même, avec ces derniers mots, l’auteur semble nous dire :

<< Voilà pourquoi il est tombé, voilà pourquoi toute une fortune ne lui aurait pas suffi pour survivre à tout cela. >>

Et c’est tout de même un soulagement qu’il nous l’ait dit.

Autres livres de l'auteur :

- Contes de la rose pourpre (2006)

- The Fahrenheit Twins (2005)

- Sous la peau (2000) récipiendaire du prix Neil Gunn Prize et le Ian St James Award

- Some Rain Must Fall and Other Stories (1999)

Posté par GeishaNellie à 22:14 - Littérature des Pays-Bas - Commentaires [2] - Permalien [#]

dentelle


Commentaires sur La rose pourpre et le lys

    Bonjour, en ayant lu ce roman (paru en un volume en France), j'ai eu l'impression de quelques longueurs surtout quand on connaît la fin. Si l'écrivain avait supprimé une bonne centaine de pages, l'ensemble aurait été plus réussi. C'est statique et les personnages ne sont pas très attachants tant Sugar que William. J'ai trouvé une invraisemblance quant à la guérison supposée de Mme Fox (j'avais compris qu'elle était tuberculeuse, et je pense que cela ne se soignait pas). Roman à lire éventuellement. Bonne après-midi.

    Posté par dasola, 21 janvier 2009 à 10:18 | | Répondre
  • @ Dasola : il est vrai que le roman dégage en général un effet statique, mais c'est une fois la lecture terminée ou avancée qu'on se rend compte à quel point en fait, elle a évoluée. J'ai gardé une bonne impression de ce roman en général, mais je sais qu'il n'est pas pour tout le monde.

    Posté par Geisha Nellie, 21 janvier 2009 à 16:52 | | Répondre
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