31 octobre 2006

La fosse aux serpents

image005Moses Isegawa

Albin Michel

377 pages

Ce dernier roman de Moses Isegawa n’est pas l’histoire d’un seul personnage narrateur, mais bien d’une multitudes de narrateurs, autant les tyrans que les tyrannisés. Le Général Bazooka, Bat, Babit, Victoria, le Maréchal Amin et le Colonel Ashes ont en commun d’être tous des personnages qui vont au fil du roman de Moses Isegawa se partager le titre de narrateur et ils existent au cœur d’un pays tumultueux où aucune paix ne semble vouloir s’installer, un pays contenant des richesses incroyables que personne ne peut saisir avant d’y perdre la vie.

Tous vivront les affres de la guerre d’une façon ou d’une autre ; Amin, dictateur régnant sur le pays est obsédé par l’idée d’un complot contre lui ; Bazooka, puissant, craint de toutes pars de se voir contré par Ashes, un blanc qui vient de débarquer au pays, dès lors une haine incroyable s’installe entre les deux qui fera naître en lui, tout comme son chef Amin, une obsession qui le poursuivra ; Bat et Babit passeront au travers de nombreuses épreuves jusqu’à ce qu’ils ne soient plus question de survivre à deux ; Victoria, amoureuse folle de Bat, désire changer de vie, elle qui avait été engagé par Bazooka pour faire tomber Bat, veut maintenant être à ses côtés, mais Babit étant à sa place, elle va la tyrannisé jusqu’à l’extrême …

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La guerre, voilà tout ce que semble connaître l’Ouganda, voilà ce qui semble faire palpiter de rage et de désespoir l’auteur de La fosse aux serpents et ce qui le pousse continuellement à écrire. En fait, c’est un pays de contradiction, de beauté et d’horreur, c’est ce que l’on retrouve même au sein des gens qui l’habitent. Ainsi, aucun méchant ne l’est totalement, ni Bazooka ni Ashes et encore moins Amin, ce dictateur capable de sauver la vie d’un pêcheur qui va se nous, mais aussi de donner la mort à des milliers de civiles innocents car au travers de toute la haine qui nourrir les combats, il y a un amour profond qui bien souvent ne peut naître que grâce aux femmes qui entourent ces hommes puissants.

Mais aucun doute n’est possible, entre l’idée de la fosse aux serpents et de cet abysse qui s’étend sur plusieurs générations que nous a fait partager Moses (voir Les chroniques abyssiniennes), il faut y voir là tout ce qu’est devenu le pays natal de l’auteur. Malheureusement, suivant un grand chef-d’œuvre, La fosse aux serpents n’en possède pas toutes les qualités, car après s’être intéressé à la souffrance du peuple prit entre les feux croisés, il nous raconte celle de ceux qui les allume et pour les faire chuter, il semble qu’ils doivent être eux-mêmes l’instigateur de leur malheur. Si l’on retrouve une certaine profondeur dans les personnages qui étonne au début l’on ne peut se plaire autant dans cette histoire que dans celle de Les chroniques abyssiniennes qui l’avait précédée et cela même si l’auteur essaie de mettre une part d’amour dans le cœur haineux de tous les hommes.

Extrait :

<< Il avait l'impression que cet homme-là était habité par un désir de mort ou quelque autre difficulté dans son rapport avec la vie. >> p.52

Autre livre de l'auteur :

- Chroniques abysiniennes (1998)

Posté par GeishaNellie à 12:26 - Littérature africaine - Commentaires [0] - Permalien [#]

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