09 janvier 2007

L'aveuglement

image001José Saramago

Édition du Seuil

363 pages

L’aveuglement de José Saramago est une histoire très simple et pourtant il fallait y penser. Qu’arriverai-t-il si tout d’un coup, comme une épidémie foudroyant les gens à toute vitesse, tout le monde devenait aveugle ? Et pire que tout, s’il ne restait plus qu’une seule personne étrangement épargnée par le mal ?

C’est donc ainsi que ce présente l’histoire de Saramago : un homme au volant de sa voiture attend à un feu rouge et soudainement on l’attend crier : << Je suis aveugle ! >> Le mal blanc, c’est ainsi que l’on a appelé cette épidémie de cécité, car contrairement à une cécité normale, la personne ne voit pas tout noir, mais bien tout blanc comme si elle avait été aveuglée par une lumière trop forte qui lui aurait brûlée les yeux. Et plus le temps passe, plus un nombre grandissant de gens deviennent aveugles et plus il y a d’aveugles, plus les humains deviennent semblables aux bêtes, incapables de se débrouiller seuls, ils font leurs besoins partout, ils sont incapables de se laver, ils sont surtout incapables de se trouver de la nourriture et de l’eau, car celui qui travaillait à l’épicerie est maintenant aveugle et celui qui s’occupait de l’alimentation en électricité pour la ville l’est lui aussi, la même chose pour celui qui s’occupait de l’eau qui se rendait jusqu’au maison. Il ne reste plus qu’une vision presque apocalyptique de la ville vu par les yeux de la seule personne encore capable de voir ; la femme d’un ophtalmologue, le plus inutile médecin que l’on puisse avoir dans une telle épidémie.

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gif

Le livre L’aveuglement de José Saramago a gagné le prix Nobel de la littérature en 1998 et il est classé dans les coups de cœur de Renaud-Bray (bon c’est moins prestigieux que le prix Nobel de littérature, mais c’est comme ça que j’en ai entendu parlé et c’est ça l’important), cela veut donc tout dire sur la qualité autant de l’histoire que de l’écriture. Oui, il s’agit d’un excellent livre, très original que l’on pourrait même classé dans la science-fiction au même titre que les cochons de George Orwell dans sa Ferme des animaux.

C’est étrange comme ce livre sait nous faire vivre des choses contradictoires, car autant j’ai eu l’impression en le lisant d’être aveugle comme eux tous, autant je voyais d’une façon encore plus accrue au travers de celle qui a gardé sa vision. J’avais aussi cette impression de mourir constamment de faim alors que mon réfrigérateur n’a jamais été vide lors de cette lecture, mais pire que toutes les sensations, j’avais l’impression d’être sale, mais plus que sale. Les hommes des cavernes étaient sales parce qu’ils ne se lavaient pas, mais ils n’étaient pas des millions dans une toute petite ville, ils ne marchaient pas dans le caca, ils ne mangeaient pas de la pourriture, ils n’ont sûrement pas atteint le niveau horriblement dégradant que les personnages de ce roman ont atteints. Vous ne pouvez pas savoir sans avoir lu ce livre à quel point on peut se mettre à douter du pourquoi de notre existence et tout cela parce que l’on a cessé de voir. Pourtant on ne meurt pas de ne pas voir, les aveugles d’aujourd’hui vivent très bien, mais les personnes dans le livre sont si troublées par le fait de ne plus voir qu’ils n’essaient même pas de s’adapter et de fonctionner normalement malgré ce handicap, ils ne font que se demander comment ils vivront le reste de leurs jours sans voir, comme si sans les yeux on ne pouvait pas se laver ou même se rappeler l’emplacement des pièces. Quoiqu’il en soit, il s’agit d’un livre extrêmement intéressant, mais je ne le conseille pas tout de go, car il est incroyablement dérangeant pour les sens, mais pensez-y car il mérite grandement d’être lu !!

Autres livres de l'auteur :

- La lucidité (2006)

- L'autre comme moi (2005)

- La caverne (2002)

- Tous les noms (1999)

- L'évangile selon Jésus-Christ (1993)

- Le dieu manchot (1987)

- etc.

Posté par GeishaNellie à 00:07 - Littérature portugaise - Commentaires [1] - Permalien [#]

dentelle


Commentaires sur L'aveuglement

    Très bonne critique de ce roman inoubliable, geishanellie, j'ai aussi été plongée jusqu'au cou dans l'atmosphère étrange de ce livre, et bouleversée par le courage de cette jeune femme, seule voyante parmi tous ces aveugles..
    Un tout grand livre qui invite à réfléchir!

    Posté par sybilline, 23 avril 2008 à 03:26 | | Répondre
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