23 juillet 2008

Carnets de naufrage

carnets_de_naufrage__pochette_Guillaume Vigneault (1970-)

Éditions Boréal

263 pages

2001

Après de nombreuses années de mariage voilà que Marlène trompe Alex avec Jean. La voilà qui le quitte définitivement pour Jean. Voilà Alex qui se retrouve seul, désemparé, lui qui est toujours amoureux de Marlène et qui n'avait aucun doute sur elle, sur eux. Que lui importait les avertissements, il n'aurait jamais pu croire. Mais voilà, Marlène est partie et il doit maintenant refaire sa vie sans elle et avec une grosse partie de son coeur en moi.

Pour redevenir le bon vieux Alex, celui-ci devra se chercher à travers les conquêtes féminines, les déplacements, les voyages, les abandons, les retrouvailles. Entre une bouteille de tequila, une paire de seins et la plus grosse connerie qu'il aura faite, Alex devra essayer de retrouver une certaine stabilité dans sa vie. Pourtant, on dirait que Marlène s'amuse à revenir constamment comme un boulet de canon. Rien n'est clair et rien n'est simple pour le pauvre homme.

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Ah, me voilà dans mon élément. Il y avait si longtemps que je ne m'étais laissé bercer par la poésie de la jeune langue québécoise. Ah, comme la relève québécoise sait bien nous faire rire avec son ironie, avec ses personnages incroyablement fuckés recherchant constamment leur limite qui semble innateignable, avec leurGuillaume_Vigneault grande souffrance que rien ne sait calmer. Ai-je dit la relève québécoise ? Non, je ne parlais que de Guillaume Vigneault car je ne connais aucun autre auteur qui écrit avec autant de talent que celui-ci. Jamais je n'ai réussi à trouver autant de poésie dans des textes pourtant si ironiques. Comme l'état d'âme d'Alex vient nous saisir, nous perturber dans nos plus profonds fondements ! Comme son dépaysement est aussi le nôtre ! J'adore Guillaume Vigneault, car il n'y aura jamais d'auteur capable de me séduire comme lui sait le faire, pas besoin de grandes phrases shakespearienne, un peu de culture, un peu de philosophie de vie et beaucoup (beaucoup beaucoup) d'ironie. Il est vrai que parfois l'on peu se retrouver devant des scènes tout à fait impossible à croire, car elles sortent directement d'un film d'action, mais à part ces quelques passes d'art martiaux assez pimentées, on retrouve tout le charme de la lecture. Et après tout, nous pardonnons bien ce petit écart à notre cher auteur et puis, on est séduit malgré tout par ses coups de coude dans la gueule, ses gifles, ses coups de fusil, ses coups de poing et on en redemande !

Je me permet un petit mot, en fait une questionnement à tout ceux qui liront ceci. Jamais je n'ai trouvé d'écriture qui s'approchait de près ou de loin à celle de Guillaume Vigneault et je me demandais si quelqu'un aurait un auteur à me suggérer. Merci beaucoup d'avance.

Extraits

<< Je buvais de la bière comme si c'était de l'eau, mais une part de moi résistait à l'ivresse. Une parcelle de ma conscience refusait de lâcher du lest. De larguer Marlène. >> p.59

<< Mais tous ces courants contraires qui la traversaient, ses doutes comme autant de remous, tout cela s'évaporait quand elle passait sa main dans mes cheveux. Son esprit fuyant, mon coeur lézardé, nos vies chavirées, tout partait en poussière quand nous faisions l'amour. Rien n'avait besoin d'être clair, compris, classifié. Rien ne méritait d'être prononcé. Il n'y avait rien à dire. >> p.153

Autre livre de l'auteur

- Chercher le vent (2001)

Posté par GeishaNellie à 19:46 - Littérature québécoise - Commentaires [0] - Permalien [#]
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