05 décembre 2010

Les filles du feu

Lecture commune avec LadyScarLecture_commune


Les_filles_du_feuGérard de Nerval

Folio classique

2005

442 pages



Recueil comportant 7 nouvelles, ainsi qu'une version de Les chimères, poèmes ajoutés par l'auteur à l'attention d'Alexandre Dumas suite à une publication de celui-ci dévoilant les problèmes nerveux de Nerval. Justement, chacune de ces créations a été composé par l'auteur au moment même de ses crises. Elles dévoilent le caractère obsessif et fragile de Nerval en amour.
Angélique : Angélique de Longueval quitte sa famille afin de rejoindre l'homme qu'elle aime/Nerval chercher désespérément le livre de l'Abbé de Bucquoy.
Sylvie : Souvenirs de jeunesse auprès de Sylvie, une jeune fille que Nerval quitta pour se rendre à Paris.
Jemmy : L'histoire d'une Irlandaise mariée à un Allemand qui se fait kidnapper par des Amérindiens. Elle restera captive pendant cinq ans.
Octavie : Amourette passionnée entre le personnage principal et une jeune italienne.
Isis : Oubliez-moi pour la description de celle-ci, je dormais à moitié en la lisant.
Corilla : Une petit pièce de théâtre qui raconte comment un gentleman amoureux d'une actrice se font duper par un garçon de théâtre et une bouquetière.
Émilie : La fatale liaision entre un officier français et une orpheline allemande.

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Il n'y a aucun doute lors de notre lecture que c'est l'esprit amoureux et profondément passionné de Nerval qui parle, mais il y a un je-ne-sais-quoi qui me semblait étrange tout du long. Peut-être cette façon qu'il a de croire que toutes les femmes sont dangereuses, qu'elles sont fortes et détruisent les hommes qui osent tombés amoureux d'elle. Je n'en veux pas à Nerval, car il montre parfaitement sa faiblesse au travers de ses écrits.

<< Rien n'est plus dangereux pour les gens d'un naturel rêveur qu'un amour sérieux pour une personne de théâtre; c'est un mensonge perpétuel, c'est le rêve d'un malade, c'est l'illusion d'un fou. La vie s'attache tout entière à une chimère irréalisable qu'on serait heureux de conserver à l'état de désir et d'aspiration, mais qui s'évanouit dès que l'on veut toucher l'idole. >> p.408

Il semble en vouloir particulièrement aux actrices auxquelles il dédit plusieurs des nouvelles du recueil. Mais malgré tout, j'ai beaucoup aimé les personnages féminins de Nerval, peut-être justement parce qu'il les voit comme inatteignables et lui, faible face à elles, mais que ce soit Jemmy ou Sylvie ou même la pauvre Octavie, elles possèdent toutes un fort caractère qui les aide à survivent aux épreuves.

Ce qui m'a le plus déplût dans ma lecture c'est le manque de fil conducteur. Je sais que le thème principal était les amours, mais l'auteur passe d'une histoire dont il est lui-même le personnage principal au conte d'une pauvre paysanne irlandaise, puis revient sur lui et abandonne finalement l'idée d'être un des protagonistes pour continuer à conter des histoires d'amour tout en s'arrêtant sur le culte d'Isis. Bref, j'avais quelques difficultés à suivre. De plus, la première nouvelle, Angélique, commence par la trouvaille d'un livre rare dans un petit commerce, le trouvant trop cher, l'auteur ne l`achète pas et le cherche inlassablement, etc. J'étais complètement perdue dès le début ! Les autres nouvelles n'ont pas ce genre d'introduction étrange, elles vont directement au but, mais dans celle-ci, Angélique n'arrive qu'après un tortueux chemin.

Un gros plus, ce sont les Chimères à la fin. Ces quelques poèmes montrent bien le génie de la plume nervalienne, d'ailleurs c'est sûrement la raison pour laquelle l'auteur l'a ajouté : afin de faire rougir de jalousie Dumas, mais bon ... J'ai eu un faible pour Le Christ aux Oliviers (voir l'extrait plus loin) qui montre le doute de Jésus et sa souffrance d'une façon bien particulière. J'ai été toutefois bien déçue par Artémis, je croyais y trouver ma déesse préférée, celle de la chasse, la Vierge farouche et indomptable, mais les quelques vers lui étant consacrées étaient froids et parlaient de mort, j'ai compris en lisant les annexes qu'il ne s'agissait pas de la déesse, mais d'une femme fidèle décédée du nom de Artémise. Petite déception ...

<< Il reprit : << Tout est mort ! J'ai parcouru les mondes ;
Et j'ai perdu mon vol dans leurs chemins lactés,
Aussi loin que la vie, en ses veines fécondes,
Répand des sables d'or et des flots argentés;

Partout le sol désert côtoyé par des ondes,
Des tourbillons confus d'océans agités ...
Un souffle vague émeut les sphères vagabondes,
Mais nul esprit n'existe en ces immensités.

En cherchant l'oeil de Dieu, je n'ai vu qu'un orbite
Vaste, noir et sans fond ; d'où la nuit qui l'habite
Rayonne sur le monde et s'épaissit toujours;

Un arc-en-ciel étrange entoure ce puits sombre,
Seuil de l'ancien chaos dont le néant est l'ombre,
Spirale, engloutissant les Mondes et les Jours !
>>
p.308

Je dirai donc, que les nouvelles ont attirées mon attention de façon inégale. Certaines étaient simplement magiques ! Surtout celles, en espérant que Nerval me le pardonne ! qui n'avait pas l'auteur comme personnage. Des histoires avec souvent un très fort punch, des revirements qui nous chamboulent (surtout Octavie !). Alors que d'autres sont d'un ennui incroyable !

Le billet de LadyScar

Posté par GeishaNellie à 00:00 - Littérature française - Commentaires [0] - Permalien [#]

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