13 janvier 2011

Le joueur

joueur

Fédor Dostoîevski

 

Folio classique

 

222 pages

 

2010

 

Le joueur c’es un jeune outchitel (précepteur en russe) qui s’est entiché de la soeur de ses élèves. Paulina Alexandrovna est la belle-fille d’un général ruiné, elle a un fort caractère, souvent sèche, elle se montre même parfois méprisante face au précepteur, Alexis Ivanovitch. Celui-ci a déjà dévoilé sa flamme à Paulina même si autour d’elle, de riches jeunes hommes tournent. Il lui a assuré que pour elle, il donnerait sa vie, il ferait tout. Cette passion entraînera certains excès chez Paulina qui le poussera à faire plusieurs folies.

Pour elle, Alexis veut gagner une fortune. Il veut tenter sa chance à la roulette pour pouvoir payer les dettes de Paulina et devenir son mari. Il croit que tout se règlera en accumulant un tas d’argent. Malheureusement, il devient vite complètement accroc au jeu et son amour est devenu secondaire.

3coeurs Ce livre-ci je l’ai pris en note dans ma LAL à cause d’un billet très enthousiaste de Marie. Ce joueur en fait, c’est Dostoïevski lui-même, il l’écrit à un de ses pires moments. Complètement ruiné au jeu, il court après une jeune femme du nom de … Paulina, dont il est fou amoureux, mais qui n’est pas intéressé par lui. En voulant aller la rejoindre à Paris où celle-ci s’est trouvée un amant, il s’arrête à Wiesbaden où il perd une grande quantité d’argent et où il l’oubli, un instant. Ce roman, Dostoïevski l’a écrit précipitamment en le dictant à une sténographe (qui deviendra d’ailleurs, sa femme), car s’il ne le rend pas avant une certaine date à un éditeur, il perd les droits de tous ses livres ! Je me permet de vous écrire les conditions dans lesquelles ce roman a été créé, car il explique pourquoi les personnages sont si peu approfondis et pourquoi, en général, cette histoire donne une impression de flou. Je voudrais toutefois mentionné, avant de commencer avec mes commentaires, ceci : la préface pour cette édition a été écrit par Dominique Fernandez, celui là même qui a écrit  La course à l’abîme (on voit une redondance des thèmes!)

Donc, comme je l’ai déjà mentionné, ce livre ne m’a pas laissé une fort impression. En fait, le thème du jeu compulsif m’est complètement indifférent ! Je suis incapable de me mettre à la place du personnage, je ne le comprends pas. Pour moi, jouer cinq dollars, c’est carrément de le gaspiller, alors que tu peux l’utiliser pour t’acheter un sac de chips, louer un film, boire un café ,acheter un livre usagé ! Alors, vous comprendrez déjà mon indifférence !

Vous devez vous dire en ce moment : << C’est un problème de lecteur, pas de l’écrit. >> Mais ce livre est tout de même différent des autres livres de cet auteur. Il n’a pas la même qualité, pas le même travail, pas le même souci du détail puisqu’il a été créé en un temps fort restreint. Malheureusement, cela se sent et on ne peut s’attacher à aucun personnage, si ce n’est peut-être Mr. Astley, un gentil anglais, un des rares personnages autour de la famille du général qui ne cherche pas son argent. Pourtant, l’amour que Alexis a pour Paulina est digne de notre intérêt. Il s’agit d’une passion si forte qu’elle détruit tout et à la fois, elle est nimbée d’une forte haine envers la personne désirée.

<< Vous m’avez dit l’autre jour, sur le Schlangenberg, que vous étiez prêt, sur un mot de moi, à vous jeter en bas, la tête la première et nous étions bien à mille pieds de haut. Je dirai ce mot un jour, uniquement pour voir si vous vous exécutez et soyez certain que je montrerai du caractère. Je vous hais justement parce que je vous ai permis tellement de choses, et je vous hais encore plus parce que vous m’êtes si nécessaire. >> p.27

<< Une fois de plus, aujourd’hui, je me suis posé la question : << Est-ce que je l’aime ? >> Et une fois de plus, je n’ai pas su y répondre ; ou plutôt, pour la centième fois, j’ai répondu que je la haïssais, oui, je la haïssais. Il y a eu des instants (surtout à al fin de chacun de nos entretiens), où j’aurais donné la moitié de ma vie pour l’étrangler ! Je le jure, s’il m’avait été possible d’enfoncer lentement un poignard acéré dans sa poitrine, je crois que je m’y serais délecté. >> p.29

<< Eh bien, oui, l’esclavage que vous me faites subir est pour moi un délice. On trouve une délectation dans le dernier degré de l’abaissement et de l’humiliation ! continuai-je à délirer. Qui sait, peut-être qu’on la trouve aussi sous le knout quand il s’abat sur votre dos et lacère votre chair … >> p.52

Je crois toutefois qu’il ne faut pas que je juge cet auteur trop sévèrement et d’ailleurs, j’ai encore dans ma PAL Les carnets du sous-sol. Je dois avouer aussi qu’une des parties que j’ai le plus aimé de ce livre, c’est carrément l’annexe ! On y trouve une section nommée Dostoïevski et la roulette qui nous donne des bribes de la correspondance entre l’auteur et sa dernière épouse, Anna. Grâce à cela, j’ai pu mieux comprendre ce démon du jeu et toute les souffrances que cette femme à du endurer. Mais comment résister à la magnifique plume d’un Dostoïevski amoureux qui vous demande de l’argent ?! Moi, je n’aurais pas su …

<< Mais qu’as-tu ? mon aimée, mon ange, mon incomparable, mon trésor ! je ne te fais aucun reproche, bien au contraire : tu m’es encore plus chère, encore plus incomparable telle que je te vois là. Je comprends qu’il n’y a rien à faire si tu ne peux pas supporter mon absence et si tu me juges ainsi (je te répète que je ne te fais pas de reproche, que je t’aime deux fois plus, si possible et que je sais apprécier cela). Hélas ! ma colombe tu dois reconnaître cependant que ce fut de la folie de venir ici sans tenir compte de tes sentiments. >> p.215

Tu enlèves la dépendance au jeu, l’autohumiliation et le 20 ans de trop et c’est l’homme parfait Clignement d'œil

LogoUneAnneeEnRussie2011

 

LU DANS LE CADRE DU DÉFI UNE ANNÉE EN RUSSIE 2011

DE PIMPI

Posté par GeishaNellie à 15:34 - Littérature russe - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Le joueur

    un roman "qui se mérite". J'ai eu beaucoup de mal à le lire, certains moments, j'ai été près de l'abandonner tout simplement. Et maintenant que je l'ai lu, je dois avouer que je l'apprécie ce roman... bizarre!
    mon billet est ici: http://ya-dla-joie.over-blog.com/article-le-joueur-64559612.html

    Posté par choupynette, 15 janvier 2011 à 06:18 | | Répondre
  • Malgré ton avis mitigé, je reste curieuse par rapport à ce roman. Par rapport à Dosto en général, en fait!

    Posté par Karine:), 15 janvier 2011 à 06:44 | | Répondre
  • @ Choupynette : Je ne l'ai pas plus aimé post-lecture, mais je n'ai jamais eu le goût de l'abandonner. C'est déjà ça !
    @ Karine : Oui, moi aussi je reste curieuse de cet auteur. Je crois vraiment ne pas être tombé sur le bon livre.

    Posté par GeishaNellie, 25 janvier 2011 à 12:29 | | Répondre
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