30 mai 2011

Antigone

63705161

 

 

5/8 dans le cadre du défi de la PAL urgente de Leiloona

 


AntigoneSophocle

 Le livre de poche classique

 154 pages

 1991


 

Antigone fille de Oedipe et de Jocaste, soeur de Étéocle et de Polynice est maudite comme tous les autres Labdacides. Tous ont été avertis de leur tragique destin, mais ils ont malheureusement succombés. Ainsi, Étéocle et Polynice savait devoir mourir chacun de la fureur de l’autre et en décidant de partager le trône, la guerre éclata. Les deux frères moururent, mais un seul eu le droit à des funérailles. Polynice fut jugé coupable envers la cité entière de Thèbes et le roi Créon décida que sa carcasse ne serait jamais enterré et pourrirait au soleil. Toute personne enfreignant cette loi devait subir le pire des châtiments. Mais Antigone, sachant malgré tout ce qui en coûterait de désobéir à son oncle, ne peut laisser le cadavre de son frère au quatre vents. Elle décide d’aller enterrer son frère Polynice comme il se doit et c’est de son acte que naît cette célèbre tragédie grecque.

3coeurs

Voici ma dernière lecture pour le défi de Leiloona, car ne nous mentons pas, je ne puis terminer Les versets sataniques de Salman Rushdie avant la fin de cette aventure, d’ailleurs ma vitesse de lecture décroît de façon exponentielle et je pense drôlement à mettre mon blog en pause pour l’été, mais ça nous y reviendrons peut-être plus tard. Encore une fois, mon billet pourrait être quelque peu aride, voir manquant de détail qui puisse faire passer mes «non, mais j’ai pas aimé le bonhomme » ou mes «bah, je ne me rappelle plus trop ma lecture» pour des critiques au goût raffiné, je dois encore ce manque de vocabulaire à un engourdissement du cerveau lorsque je me met devant mon ordinateur afin de publier un billet. Bon, depuis l’achat (très récent) d’un portable qui me permet de vous écrire depuis ma terrasse et ce avec la compagnie de mes minous devenus des pachas au soleil, la tache paraît un peu moins coriace, mais bon, passons encore ici, car nous sommes là, non pas pour m’entendre déblatérer (quoique vous ne le pourriez pas même si vous tendriez l’oreille au maximum), mais plutôt pour lire ma critique d’Antigone de Sophocle.

Première chose que je désirais souligner c’est le dossier très étoffé de l’édition que je possède et qui m’a littéralement fait replonger dans l’histoire de laAntigone_And_The_Body_Of_Po Grèce antique et de ses avancées spectaculaires en ce qui attrait à l’ingénierie et l’architecture de leur amphithéâtre. Donc, à lire assurément. Mais surtout, ce dossier nous permet de prendre connaissance de tout ce que le temps nous a fait perdre, soit une richesse théâtre inégalée, car de cette époque nous ne possédons plus que les écrits de trois auteurs et de ceux-ci, Sophocle est celui dont l‘on connaît le mieux l‘histoire. De chacun de ses auteurs nous n’avons gardé qu’une fraction de toute leur œuvre et Antigone reste fort probablement l’une des tragédies les plus innovatrices pour cette époque.

Cette tragédie m’a en grande partie déboussolée, car j’y ai vu des aspects de la société grecque qui nous ressemble beaucoup. Preuve que l’humain reste l’humain après tout. Bien entendu, la perception de la femme a bien changé depuis (chez nous, du moins) et la peur de Créon d‘être conciliant et de laisser une femme avoir raison sur lui me choquait souvent. Mais pour ce qui est des relations père-fils, j’ai carrément éclaté de rire en lisant le dialogue entre Créon et son fils Hémon qui le reproche d’être têtu et de vouloir être le roi d’une ville vide (j’ai adoré cette réplique *lire ici petit frisson de jouissance*), alors qu’il semblait impossible au monarque que la jeunesse ne puisse avoir le pas sur l’âge et la sagesse. Pourquoi écouter son fils à peine devenu un homme ? C’est cet entêtement qui va perdre Créon, car ne nous mentons pas, il s’agit d’une tragédie, ça ne peut pas bien finir !

Par contre, lors de ma lecture, j’ai eu quelque difficulté avec l’entrée en scène de certain personnage. Lorsque les tragédies étaient jouées, il n’y avait qu’un ou deux acteurs faisant plusieurs personnages, le chœur étant des bénévoles non professionnels. De plus, les thèmes des tragédies étaient souvent réutilisés de nombreuses fois par différents auteurs et même par le même tragédien. Ainsi, le spectateur n’était pas aussi déboussolé que moi de voir apparaître au fil des lignes de nouveaux personnages qui ne nous avait pas été présenté et qui, pourtant, on joué un grand rôle dans l’histoire. J’étais habitué à une autre façon de découper les scènes. J’ai aussi eu quelque difficulté avec le chœur et le coryphée que je croyais être des personnages de troisième importance presque muets, mais voilà j’apprends qu’ils servent un peu de narrateur à l’histoire, ils répondent même aux personnages (spécialement le coryphée) comme un personnage à part entière. En fait, ils servent, oui de narrateur, mais aussi d’une sorte de personnage secondaire toujours présent dans les tragédies et pouvant revêtir le rôle choisi par l’auteur. Une fois mon choc passé (oui, je sais il ne m’en faut pas gros;), j’ai adoré cet élément de la tragédie. D’ailleurs, je crois sincèrement qu’il devrait être réhabilité dans notre propre théâtre.

Même si cette lecture n’a pas été aussi plaisante que je le souhaitais puisque je connaissais déjà passablement l’histoire d’Antigone, j’ai malgré tout été charmé par ce style suranné.

«ANTIGONE : Sois tranquille, je ne te demandes plus rien - et si même tu voulais plus tard agir, je n’aurais pas la moindre joie à te sentir à mes côtés. Sois donc, toi, ce qu’il te plaît d’être : j’enterrerai, moi, Polynice et serai fière de mourir en agissant de telle sorte. C’est ainsi que j’irai reposer près de lui, chère à qui m’est cher, saintement criminelle. Ne dois-je pas plus longtemps plaire à ceux d’en bas qu’à ceux d’ici, puisque aussi bien c’est là-bas qu’à jamais je reposerai ? Agis, toi, à ta guise et continue de mépriser tout ce qu’on prise chez les Dieux. » p.4

Lu dans le cadre d’un autre défi de Leiloona :

Tous au théâtre !

Tous-au-théâtre-(Leiloona)

Posté par GeishaNellie à 21:15 - Littérature de théâtre - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

dentelle


Commentaires sur Antigone

  • Moi j'ai étudié la pièce Antigone de Jean Anouilh et j'avais adoré. Il faudrait que je lise cette version

    Posté par Kikine, 02 juin 2011 à 18:35 | | Répondre
  • @Kikine : Je ne connais vraiment pas les classiques grecques revisitées il faudrait peut-être que j'essaie voir qu'est-ce que ça donne.

    Posté par GeishaNellie, 03 juin 2011 à 05:42 | | Répondre
  • Un superbe texte!

    Posté par Edelwe, 21 juin 2011 à 13:55 | | Répondre
  • @Edelwe : Oui, magnifique !

    Posté par GeishaNellie, 22 juin 2011 à 21:15 | | Répondre
  • Magnifique

    Je ne suis pas du tout objectif devant cette pièce solaire.
    j'ai beaucoup aimé la réécriture de Jean Anouilh et aussi la représentation qu'en a donné la classe de première de mon ainé, drivée par une enseignante exaltée : comment être objectif ?

    Posté par droopyvert, 20 novembre 2011 à 04:40 | | Répondre
  • @Droopyvert : Hi ! Hi ! Hi ! Je pense que vu la situation, tu as tout à fait le droit de ne pas être objectif

    Posté par GeishaNellie, 20 novembre 2011 à 10:36 | | Répondre
Nouveau commentaire