18 juin 2011

D’où je suis, je vois la lune

livre voyageur Lu dans le cadre d’un livre voyageur de Sylire


d'ou-je-suis-je-vois-la-lun

Maud Lethielleux


Stock


2010


297 pages

 

Moon est une sans-abri qui vit avec sa chienne Comète près de la boutique d’une fleuriste. C’est une jeune fille avec un très fort tempérament, pour elle la rue c’est plus un moyen d’éviter de faire partie de la société et de ces gens qui passent près d’elle sans même remarquer qu’elle existe et sans payer pour le sourire qu’elle leur lance. Pour elle, la rue, c’est le seul lieu où elle veut vivre. Malgré tout, elle ne s’apitoie pas sur son sort, après tout elle a Fidgi. Pour l’instant, il se tient surtout à Paname, il prépare sûrement un coup foireux dans lequel il ne veut pas l’embarquer, mais elle et lui ça va bientôt faire deux ans et elle a décidé de lui offrir un des plus merveilleux cadeaux. Elle veut écrire la vie de Fidgi dans un des carnets qu’elle a chopé et le lui offrir pour Noël.

C’est ce simple geste : écrire, qui changera la vie de Moon, car elle a un talent inné pour ça. Elle a beau pas comprendre ce dont les autres livres parlent, elle est tout de même capable d’écrire une histoire si touchante que son ami Slam décide de la sortir du bitume grâce à son talent.

4etdemi

Tout d’abord, un très gros merci à Sylire qui est l’instigatrice de ce livre voyageur qui a fini  par atterrir entre mes mains. Lorsque j’ai ouvert le livre, je me suis réellement demandé dans quoi je m’étais lancé car, premièrement lire une histoire qui se déroule en plein mois de novembre alors que c’est le printemps à l’extérieur, ce n’est pas toujours facile, spécialement quand le personnage te dit qu’elle est en train de geler et que toi tu te bronzes sur ta terrasse en collectionnant les coups de soleil. Deuxièmement, au Québec nous avons notre propre parlé, notre joual, qui est, bien entendu, très différent de celui en France, donc de me retrouver plongée dans l’argot français alors que je n’y suis pas habituée m’a dérouté. Je me suis dit que je ne serais jamais capable d’embarquer dans l’histoire, que je passerais mon temps à essayer de comprendre cevj9s451w qu’elle essaie de dire, plutôt que de comprendre réellement. Finalement, je ne devais pas être si nulle que ça, car j’ai vite fini par me réhabituer et à replacer plusieurs expressions que je connaissais. Et puis, Moon est tellement attachante qu’on ne peut qu’être accroché par l’histoire même si ça se passe en plein mois de novembre et qu’on ne comprend pas tout ce qu’elle dit ou que ça sonne bizarre à notre oreille.

Alors, une fois entrée dans l’histoire, je n’ai plus été capable de la lâcher. Au même titre que Moon qui considère ses personnages imaginaires comme des amis qu’il ne faut pas décevoir, elle a été pour moi une compagne de voyage. Elle est si vraie, si franche, si réelle que j’avais l’impression qu’elle me racontait son histoire tout en me regardant droit dans les yeux attendant qu’une réaction de ma part pour être de nouveau déçue par la société. Cet aspect de la personnalité de Moon, sa défiance vis à vis les autres, la rend parfois agaçante. Nous savons qu’elle passe à côté de quelque chose, qu’elle a beaucoup à apporter aux autres si elle osait s’ouvrir un peu, mais malheureusement on ne peut pas nous même la prendre dans nos bras et la rassuré. On ne peut pas prendre la place de Slam et essayer de la remettre sur le droit chemin. Pourtant comme on aimerait pouvoir le faire !

D’autre fois, c’est la place de Moon que j’aurais aimé prendre, non pas pour vivre toute ses expériences, non de ce côté là je suis un peu moumoune, j’aime bien mon confort, mais plutôt pour pouvoir rencontrer Slam et Fidgi et les autres personnages. Je les ai tous aimé, mais j’ai trouvé au final que l’on passait vite dessus, j’aurais tellement voulu savoir si Slam était beau, car j’ai parfois eu l’impression que j’aurais bien pu moi-même tombé en amour avec lui. Et puis, Moon m’a redonné le goût d’écrire et j’aimerais avoir son courage pour prendre la plume.

Au final, je ne sais quoi vous dire pour vous faire comprendre à quel point ce livre était bon et pour quelles raisons je l’ai aimé. Je l’ai aimé c’est tout. Il faut dire, que je viens tout juste de refermer ce livre, alors je suis en deuil de Moon, je voudrais recommencer du début et la rencontrer de nouveau, mais je sais que je n’aurais pas la même sensation et de plus, c’est la suite que je voudrais connaître, je voudrais l’accompagner un peu plus loin, c’est tout. Ce livre est réellement puissant, toutes ces phrases courtes, ces petits chapitres se mettent ensemble pour vous donner un coup de poing au ventre. Ici, l’auteur ne parle pas d’une ville ou d’une époque, en fait il n’y a pas vraiment de paysage, tout est centré sur Moon. Même, j’oserais dire que cela ne dépeint pas la société, car si Moon nous décrit ses acheteurs de sourire et ceux qui ne le seront jamais, on ne s’y étend pas outre mesure. C’est plutôt toute une manière de vivre et de voir la vie que nous rencontrons, mais aussi toutes ces petites douleurs de l’existence qui, une fois mises ensemble, peuvent détruire un être humain et sa confiance. Merci Maud Lethielleux pour ce livre magnifique et surtout pour avoir créer Moon, Slam, Fidgi et Comète !

<< Et puis son regard a changé ces derniers temps, avant il s’amusait de tout, il hallucinait sur mes cabanes en cartons et mes bons plans, j’organisais l’espace pour lui aussi, je lui fabriquais un oreiller avec un pull que je remplissais de fringues et à côté je faisais une réserve de petits mégots et d’allumettes sèches dans un sac hermétique. Ces temps-ci, il ne voit plus tout ça. C’est biens connus, les gens malheureux ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
Et  son bout de nez, à Fidgi, c’est Paname.
>> p.52

Posté par GeishaNellie à 13:10 - Littérature française - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

dentelle


Commentaires sur D’où je suis, je vois la lune

    Je trouve ton regard de quebecoise sur le livre de Maud très intéressant. Je lui ai d'ailleurs transmis le lien vers ton billet.
    Je suis ravie que ce livre soit enfin parvenu jusqu'à toi et que tu l'aies apprécié !

    Posté par sylire, 19 juin 2011 à 10:27 | | Répondre
  • @Sylire: Tu m'as fais un immense honneur en lui faisant parvenir mon lien ! Je te remercie grandement et j'espere bien la rencontrer un jour, moi aussi.

    Posté par GeishaNellie, 19 juin 2011 à 16:55 | | Répondre
  • Tu en parles vraiment très bien !
    Tu m'as vraiment donné envie de lire ce livre

    Merci d'être passée

    Posté par Luna, 29 juin 2011 à 03:19 | | Répondre
  • @Luna : Merci pour le compliment. C'est effectivement un excellent livre. J'espère bien que tu reviendras.

    Posté par GeishaNellie, 29 juin 2011 à 13:21 | | Répondre
  • Hé bé, il voyage loin, ce roman! J'en ai envoyé en Finlande, Belgique, Suisse, La réunion, mais jamais outre atlantique!

    Posté par keisha, 04 juillet 2011 à 01:52 | | Répondre
  • @Keisha : Disons qu'il a bien faillit pas se rendre aussi, de l'autre côté de l'océan.

    Posté par GeishaNellie, 04 juillet 2011 à 12:17 | | Répondre
Nouveau commentaire