10 décembre 2011

Les Ailes du destin

les ailes du destin

 

Francine Ouellette

Éditions Libre Expression

2007

466 pages

 


Depuis son tout jeune âge, Luc Maltais a appris qu’il était né pour un petit pain, ce qui est d’autant plus souligné par un grave accident qui rend son père moribond et empêche donc toute la famille Maltais de vivre grâce à leurs terres. Après cet accident, Luc n’a plus le désir d’être agriculteur, peut-être bucheron, du moins pour le moment, mais voilà qu’il tombe en amour avec le vol d’un oiseau métal.

Pour pouvoir devenir pilote de brousse, Luc devra faire beaucoup de sacrifice. Il ira jusqu’à faire de la contrebande de drogue ce qui le mènera directement en prison. Comment ce jeune pilote qui rêvait de liberté et de grand envol pourra réussir à survivre parmi tous ces criminels endurcis ?

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Il n’y a pas à dire, ce premier tome est bien différent du second, Le Grand Blanc, que j’avais précédemment lu. L’ambiance est sombre et on se retrouve durant la majeure partie du récit aux côtés de Luc à l’intérieur de la prison. On suit alors un combat incessant pour préserver, non pas le corps, mais surtout l’esprit du jeune Maltais face à ces moments de tristesse, de solitude, de honte et de dégoût. Vous devinerez qu’il est bien difficile de rester froid dans de telles conditions et de ne pas se faire happer par ce monde … que finalement, on ne voudrait pas connaître.

Il n’y a, au final, pas beaucoup d’action dans le roman, le sujet principal étant la dégradation psychologique d’un être rêvant de liberté et de justice. Une histoire triste de bout en bout, car malgré l’amitié incessante d’Émile, que d’ailleurs Luc est incapable de comprendre ouprison d’accepter, il n’y a pas beaucoup de monde pour rêver le même rêve que le jeune homme. Constamment, il y a cette hantise du petit pain destiné aux Maltais qui revient expliquer pourquoi jamais il n’aurait dut espérer être pilote et donc, logiquement, pourquoi il a traîné toute sa famille dans la pire honte possible. Soulignons que l’histoire se passe dans les années 1970 où deux courants de pensée s’affrontent, soit le traditionnel parfaitement représenté par la mère de Luc (et son maudit petit pain !!) et le courant plus jeune, des hippies qui veulent changer le monde et qui rêve d’un avenir meilleur.

Si ce tome-ci m’a fait mieux comprendre les agissements de Luc et sa colère contre toute la terre entière (on dirait, du moins), mais spécialement contre Émile qui a pourtant été son protecteur, tout cela me laisse malgré tout perplexe. En fait, la fin du roman nous mène à penser que la colère et la honte de Luc s’est estompé. Que finalement son estime de lui a remonté. Alors pourquoi le retrouver si changé dans le second tome ? On dirait le Luc du temps où il était incarcéré. En fait, ce que l’on comprend bien c’est que ce personnage est tout le temps dans une sorte de prison, mais celle-ci est à l’intérieur de lui. Il y a dans son esprit des souvenirs qui le gangrène et l’empêche, dans le second tome, d’être heureux. Il porte un lourd fardeau que l’on apprend à connaître dans ce roman.

Ah, maintenant que j’ai lu Les Ailes du destin, j’aimerais bien avoir le temps de relire certaine partie de Le Grand Blanc afin de mieux comprendre certaine chose. Se sera pour plus tard.

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Posté par GeishaNellie à 21:48 - Littérature québécoise - Commentaires [0] - Permalien [#]

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