21 décembre 2011

Aminata

AminataLawrence Hill

 

Éditions Pleine Lune

 

2011

 

565 pages

 


Au 18e siècle, la traite d’esclaves africains bat son plein sur plusieurs continents. Ainsi, des milliers d’Africains sont capturés par d’autres Africains, forcés de marcher pendant des mois, attachés les uns aux autres, puis embarqués dans un tombeau flottant, un négrier et finalement, s’ils ont survécus à cela, ils sont vendus sur la place publique. À 11 ans, Aminata Diallo doit subir ce sort. Elle sera vendue à un cultivateur d’indigo sur les colonies britanniques américaines. À travers ce roman, nous suivons le périple de cette femme qui n’aura d’autres rêves que de retourner en Afrique, dans son village.

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Pour ceux qui vont faire un tour sur la page Facebook de La bouquinerie au coin des 2 colombes, je n’ai pas besoin de vous spécifier que ce livre m’a réellement touché et j’oserais même dire plus. L’auteur, très bien documenté, nous livre ici une de ces vérités que l’on aimerait peut-être ne pas connaître, cela m’a complètement chamboulé. Nous savons tous que le barbarisme a existé dans tous les siècles et qu’il existe encore aujourd’hui, mais d’en lire un exemple si frappant et aussi détaillé, c’est bien différent ! On en vient à songer à tous ces autres peuples dont ne parlent pas ce livre, mais qui ont aussi croisés la route des hommes blancs plus puissants et mieux équipés, tout à fait prêts à les asservir et on se demande, à côté de l’histoire des Africains dont nous avons tous une certaines connaissances, qu’est-il arrivé aux autres ? Les Amérindiens du Nord et du Sud, par exemple.

Écrire ce roman a demandé beaucoup de temps de documentation etAfricaine cela a clairement porté fruit. Le livre en est beaucoup plus criant de vérité et son personnage principal, Aminata, nous semble parfaitement réel. Malgré le fait que nous nous questionnons parfois sur la raison qui poussent les Africains à s’attacher à la vie alors qu’ils ont tant subis et subiront encore (pire ! que leurs enfants subiront aussi !), Aminata sans nous en donner la réponse, nous montre comment exister au milieu de toute cette horreur. En fait, elle nous apprend beaucoup plus. À chaque pages nous découvrons comment survivre et comment aider les autres, nous venons à partager avec elle tellement de douleur dans un monde si bien créé, que nous avons l’impression d’avancer à côté d’elle.

Aminata n’est l’histoire que d’une seule femme africaine, même si au cours de son existence, elle croise beaucoup d’autres dans sa situation et pourtant, sur ses épaules ont sent que l’auteur a voulu mettre toute l’histoire de cette population déportée de force et mis en esclavage pour des raisons purement économiques et politiques. Je dois avouer que même si ce livre m’a plongé dans une grande tristesse face à ce que nous sommes réellement, nous l’espèce humaine, il m’a redonné le goût d’apprendre et de dessiner. D’ailleurs, l’image que j’ai mis dans mon billet est celle de ma première création inspirée d’une image dans le roman et la seconde ci-bas, est celle de l’auteur lui-même, mais elle n’est pas terminée, vous excuserez aussi la piètre qualité du seul scan que j’avais à ma portée.

Lawrence Hill

Extraits

« «Me détestez-vous ? demanda-t-il.
-Devrais-je vous détester ?
- N’avez-vous pas envie de haïr tous les hommes blancs sans distinction ? Vous auriez mille fois raisons.
»
Je pris la carafe et me versai de l’eau. «Si je passais mon temps à haïr, mes émotions seraient épuisées depuis longtemps et je ne serais plus qu’une coquille de cauri vide. » » p. 474

Posté par GeishaNellie à 20:21 - Littérature canadienne - Commentaires [0] - Permalien [#]
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