28 décembre 2011

L’ingénu. La Princesse de Babylone

l'ingénu et la reine de babylone

 

Voltaire

GF Flammarion

2003

250 pages

 


« Entre ces deux contes, L’ingénu, La Princesse de Babylone, chronologiquement si proches, l’écart paraît considérable. L’ingénu nous donne à lire un roman où, croirait-on, tout est vrai, jusque dans l’ajustement, fort soigné, des lieux et des dates. Au contraire, dans La Princesse de Babylone, rien n’est crédible, ni cette capitale de Bélus, ni ce concours nuptial, ni les prodiges du phénix, ni les licornes, ni le paradis terrestre des Gangarides. […] On relève cependant que les deux récits, partis si loin l’un de l’autre, finissent par rencontrer les mêmes thèmes, thèmes du combat que Voltaire persiste à mener après la déception majeure de l’affaire de La Barre (1766). » dos de couverture

3etdemi J’avais le goût de me lancer dans un autre Voltaire à cause de Aminata Diallo (Aminata de Lawrence Hill) dont elle dévorait les livres et parce que j’aime bien cet auteur, il nous fait découvrir les travers de sa société dont même l’histoire tairait les excès.

Comme mentionné ci-haut, j’ai été étonné de la différence des deux récits, un peu comme Zadig est le contraire de Candide, c’est deux contes s’opposent presque complètement. Si L’ingénu suit un rythme bien chronologique et respecte l’histoire au détail prêt avec La Princesse de Babylone on ne sait plus trop ou on en est, on flotte dans un temps indécis, on apprend que cela devrait se passer à l’époque de l’auteur, mais tout nous semble être un conte fantastique incroyable. Nous avons toutefois droit dans les deux contes à un jugement très strict de la société française d’alors qui a le droit aux pires insultes et qui ne montrent que des personnages frivoles emprisonnant les gens pour des pacotilles. Il n’y a effectivement pas deprincesse de baabylone mystères autour du fait que Voltaire était plutôt en mauvais terme avec la société d’où il venait et que certains de ses livres étaient même proscrits en France. Dans ces contes, on sent l’animosité au plus haut point, mais s’il écorche aussi quelques autres nations, j’ai eu un peu de difficulté avec la façon dont il présente la société anglaise, allant parfois même jusqu’à l’idéaliser.

Bien entendu, malgré les comparaisons qu’il se plaît à faire entre plusieurs sociétés qui peuplent l’Europe et l’Asie, idéalisant parfois une et dénigrant sa voisine, le but de Voltaire est avant tout de dénoncer les injustices de son époque qu’elles soient commises par les Français ou les Anglais. C’est pour cette raison que j’apprécie l’auteur et dans ces deux contes, tout y passe, on découvre les jugements hâtifs sans procès menés chez les Français, les chasses aux sorcières chez les Espagnols, les castrats chez les Italiens (chose qui semble à Amazan une idiotie incroyable), c’est un peu moins vif et provocateur que chez Candide, mais c’est tout de même un plaisir à lire. J’ai toutefois plus apprécié L’ingénu que La Princesse de Babylone pour les raisons que j’ai mentionné ci-haut, je n’aimais pas les flous et lorsque cela me prend du temps à être capable de me situer dans le temps, on finit par perdre mon intérêt. Donc, s’il n’y avait eu que L’ingénu, ma note aurait été bien plus haute, car j’aimais ce Huron naïf qui découvre les hauts et les bas de la société française, on finit par se questionner sur quelle est la meilleure façon de vivre : au milieu des hypocrites, tout en ayant la possibilité de cultivé son esprit et de s’élever au-dessus de la masse ou bien, d’être ignorant de la philosophie et de toutes ces choses qui ne font pas parties de la nature et qui n’ont pas d’impact sur la vie de tous les jours. Je vous laisse y songer.

Extraits

« On punissait une étourderie de jeune homme comme on aurait puni un empoisonnement ou un parricide. Les oisifs en poussaient des cris perçants, et le lendemain ils n’y pensaient plus, et ne parlaient que de modes nouvelles. » p.203

Un petit extrait qui décrit la société française du 18e siècle, mais étrangement je trouve que cela ressemble drôlement à une autre société de notre époque, ceux qui en font partis comprendront mon allusion.

Posté par GeishaNellie à 15:44 - Littérature française - Commentaires [0] - Permalien [#]

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