09 février 2012

Deux cercles

deux cercles

 

Ryad Assani-Razaki

VLB éditeur

237 pages

2009

Premier écrit du jeune auteur Ryad Assani-Razaki, ce recueil de nouvelles a remporté en 2010 le prix Trillium. Ce prix provincial est décerné aux auteurs ontariens qui se sont démarqués par leurs écrits.

Dans ces 11 nouvelles, l’auteur d’origine béninoise, dépeint des personnages qui doivent faire face aux frustrations de l’immigration … c’est du moins ainsi que tous décrivent ce recueil. Toutefois, pour ma part certains personnages me semblaient plus aux prises avec leur état de minorité visible que d’immigration, car comment expliquer qu’un Amérindien, sur ses propres terres, soient pourchassés par des hommes biens décidés à le mettre à mort ? C’est aussi l’occasion pour l’auteur de visiter le thème de la famille qui semble lui être très cher et se sont des personnages atypiques issues de milieu familial atypique que nous rencontrons tout au long de ces nouvelles :

Deux cercles
Interstice
Pourquoi non
La maison
Un … Deux … Trois !
Entre deux

Nura
Tante June
Termites
Le vol de sa vie
La valise en carton

tentative couleur

De cet auteur, j’ai précédemment lu La main d’Iman dont j’avais beaucoup entendu parler et que j’ai beaucoup aimé. J’avais été fort heureuse de découvrir qu’avant ce premier roman nous avions eu droit à ce magnifique recueil de nouvelles, c’est donc tout à fait normal que, dès ma lecture, de La main d’Iman, je me précipitais aller louer ce livre à la bibliothèque. Grand bien m’en a pris, car jamais je n’ai aimé un recueil de nouvelles comme celui-ci ! Moi qui me plaignait récemment sur un des blogs que j’étais incapable de lire des nouvelles, car elles demandent une lenteur de lecture que je suis incapable de leur accorder ou bien, si j’y arrive, j’oublie au fur et à mesure ce que j’ai lu. Je suis donc de plus en plus réticente à lire des recueils, mais je n’allais pas passer à côté de celui-ci !

Je vous assure que lors de votre lecture de ce recueil, jamais vous n’aurez l’impression de lire des nouvelles. En fait, il s’agit toutes d’histoires complètes, mais simplement racontées en abrégées. Jamais nous n’avons l’impression que l’histoire c’est finie en queue de poisson avec un simple grand «boum» comme final pour nous épater alors même que nous n’avons pas tout compris ou bien qu’il nous manque des détails, en bref que cela aurait pu être expliqué avec moins de concision. Non, toutes les histoires qui nous sont racontées ici, le sont à la PERFECTION, je crois que je n’ai jamais lu aucun auteur qui méritait tant le titre de nouvelliste que Ryad Assani-Razaki. Combiner à cetteémigrer à tous prix dextérité de concision, un talent de conteur, une écriture poétique, un individu ayant clairement quelque chose de profond à nous dire, ayant un désir de changer notre vision des choses et vous avez simplement un des plus merveilleux livres dans les mains ! Bon, disons que j’étais déjà habitué à la qualité d’écriture de cet auteur et je n’attendais pas moins de lui, je ne m’attendais toutefois pas à plus encore ! Je suis vraiment toute épatée de ces petites histoires dont on oublie le nombre de pages, de ces personnages si véridiques que nous suivons avec amour sans avoir la crainte de les quitter trop tôt, non toutes ces histoires nous attrapent et nous hypnotisent. Pas une seule fois nous regrettons qu’elles ne furent pas traitées dans un roman. Et puis, encore une fois, j’ai été saisi de la sensibilité de cet homme capable de se glisser avec autant d’aisance dans la peau d’un personnage féminin ! Bien sûr, certaines nouvelles m’ont moins plus, comme Deux Cercles, dont j’avais beaucoup de difficulté à croire au personnage principal et Un … Deux … Trois ! qui ne m’a simplement pas séduite. Mais au final, c’est si peu comparé à tous ces magnifiques personnages que nous rencontrons dans notre lecture. D’ailleurs, dans certaines nouvelles j’ai retrouvé un peu de moi-même : dans La maison, j'ai vu que l’indifférence qui règne dans ma famille et qui ont empêché plusieurs membres de s’épanouir pouvait se retrouver chez d’autres aussi. Dans la nouvelle Tante June, j’ai compris un peu la honte que ressentait ma mère a avoir la peau basanée et les cheveux noirs des Amérindiens. Et puis, toutes ces histoires de famille, parfois belles, parfois complètement désastreuses m’ont, étrangement, calmé face à la famille que je suis, moi-même, en train de créer avec ce petit être à venir au mois de mars.

Pour tout cela, un grand merci à Ryad !

Pour plus d’informations

Le site de l’auteur : http://www.assani-razaki.com/
Le blog de l’auteur : http://assani-razaki.com/blog/?lg=fr

Extrait

« Que ressentir pour la femme qui aime enlacer ce corps que je détruis ? Ce soir, elle en pansera les plaies saignantes. Que ressentir pour la mère qui regarde le fruit de neuf mois d’attente et un bonheur intense perdre d’un coup toute signification ? » p.75

Posté par GeishaNellie à 12:48 - Littérature canadienne - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Deux cercles

    avec autant de coeurs, je ne peux que noter !

    Posté par Theoma, 22 février 2012 à 07:47 | | Répondre
  • @Theoma : Oui, note note ! Il est magnifique !!

    Posté par GeishaNellie, 22 février 2012 à 08:46 | | Répondre
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