15 mars 2012

Les monologues du vagin

les monologues du vagin

 

Eve Ensler

Ebook

72 pages

 

 

« Voici le lieu pour penser à nos vagins, pour apprendre grâce à ceux des femmes, pour écouter des histoires et des points de vue, pour répondre à des questions et pour nous en poser. Voici le lieu pour s’affranchir des mythes, de la honte et de la peur. Voici le lieu pour s’entraîner à dire le mot, parce que, comme chacun sait, c’est le mot qui fait avancer et c’est le mot qui rend libre. «VAGIN»  »p.8

4coeurs copy

Qui ne connaît pas Les monologues du vagin un pilier de la littérature féministe, devenu une pièce de théâtre jouée un peu partout dans le monde. D’ailleurs, je me rappelle la scène d’un film (lequel ?? je ne me souviens plus du titre, si vous le savez, mettez-le dans les coms svp) où un jeune homme accepte de se rendre seul voir cette pièce alors même qu’il ignore complètement de quoi il s’agit. La pièce commence et il comprend bien vite le sujet principal, de honte, il se cache dans son siège et tente tant bien que mal de sortir de la salle sans se faire voir.

Il faut dire qu’avec un nom comme celui-ci et avec l’étiquette «littérature féministe» ce livre peut faire fuir pas mal de monde. Mais ce qu’il y a surtout à comprendre c’est que notre vagin est le centre même de notre féminité et donc de notre état de femme. Depuis toujours il est mal vu de parler de cet endroit et même carrément de l’avoir ! Les hommes peuvent être fiers de leurs pénis, ces verges qui s’érigent vers le ciel et prennent possession de l’autre. Mais les femmes, elles ? On leur a vite appris à avoir honte de ce trou qui est bien souvent plus source de douleur que de jouissance pour certaines (ne m’en parlez pas, je peux accoucher d’une minute à l’autre Malade).

Avec cette oeuvre, l’écrivaine américaine a voulu permettre à certaines femmes de se libérer de l’emprise des anciens préjugés et les mener vers le chemin de l’acceptation de soi et de l’épanouissement. En partageant ces interviews avec nous, elle a multiplié son impact en nous faisant profiter à tous des aveux de ces femmes courageuses. Pour ma part, j’ai eu un faible pour la partie où c’est une femme âgée 14164975_pqui s’adresse à nous, j’ai trouvé ce passage très touchant. Se privé du plaisir de la sexualité par ignorance de son propre corps c'est si triste !

Pour ceux qui grince des dents, car ils considèrent que nous en «beurrons trop épais» sur la discrimination et les préjudices que les femmes ont eu à supporter et, excusez-moi, mais supporte toujours, laissez-moi vous dire que l’auteure a laissé à notre disposition des petites sections sur «La réalité sur le vagin». En voici un petit extrait :

«Au cours d’un procès en sorcellerie en 1593, le magistrat instructeur – un homme marié – découvrit pour la première fois l’existence du clitoris. Il l’identifia comme étant un mamelon du diable, preuve irréfutable de la culpabilité de la sorcière. » p.23

Et si nous y allions avec des histoires tout aussi «coquasses», mais plus récentes ?

«Souvent, par hypocrisie, cette opération [ablation du clitoris] est comparée à la circoncision. En fait, cela équivaut chez un homme à l’ablation de la totalité du pénis ainsi que de ses racines en tissu mou et d’une partie de la peau du scrotum. » p.40

Ouch ! C’est drôle mais je suis sûre qu’aucune ethnie n’a encore imposé cette chirurgie à ses membres masculins. Mais bon, passons, il est vrai que je m’emporte drôlement lorsque l’on parle de féminisme, mais remarquez tout de même qu’il ne s’agit pas seulement de témoignages mais aussi de connaissance générale sur la femme dans le monde et dans l’histoire qui nous est apporté par ce livre.

Et pour finir, je me permet un dernier petit extrait histoire de rassurer les femmes qui, comme moi, vont bientôt donner naissance pour la première fois et en sont terrifiées.

«J’étais là quand son vagin s’est transformé,
D’humble orifice sexuel
En passage plus vieux que la nuit des temps, en un vaisseau sacré,
En un canal vénitien, en une source profonde avec un tout petit enfant blotti en son milieu
Et qui attendait qu’on le délivre. »
p.64

logo livre numérique

Posté par GeishaNellie à 21:36 - Littérature américaine - Commentaires [4] - Permalien [#]

dentelle


Commentaires sur Les monologues du vagin

    Enfin !!!
    J'attendais ton post avec impatience et j'avoue que j'ai bien aimé ton article.
    Je me souviens parfaitement du témoignage de la vieille femme... Il était extrêmement touchant.

    Posté par Felynrah, 19 mars 2012 à 14:41 | | Répondre
  • @Felynrah: Merci beaucoup ça fait plaisir que tu sois venue le voir. Pour moi, ce témoignage était vraiment le meilleur.

    Posté par GeishaNellie, 20 mars 2012 à 12:46 | | Répondre
  • Si je te dis que je n'ai jamais lu ce livre tu me crois ??? Et je n'ai meme pas vu une adaptation :s ... Il va falloir que je remédie au problème !

    Posté par laconteuse, 08 avril 2012 à 15:52 | | Répondre
  • @Laconteuse : Je crois que tu n'es pas la seule, mais il n'est jamais trop tard

    Posté par GeishaNellie, 08 avril 2012 à 22:20 | | Répondre
Nouveau commentaire