01 septembre 2012

Il pleuvait des oiseaux

Il pleuvait des oiseaux  la plume québécoise

Jocelyne Saucier

Édition XYZ

2012

179 pages

 

Le Nord de l’Ontario a été, au cours du début du XXe siècle, la proie des Grands Feux. Des feux de forêt ravageurs qui ont détruits plusieurs villes et tués un grand nombre de personne. Fascinée par cette histoire, une photographe par à la recherche d’un des derniers survivants : Boychuck. Selon la légende, enfant, il aurait erré durant 6 jours dans les paysages fumants, alors qu’il serait devenu aveugle.

Afin de connaître la vraie histoire, la photographe découvre la cachette dans les bois de Boychuck. Toutefois, Boychuck, l’ermite, est mort depuis peu au moment de l’arrivée de la femme, elle fait donc la connaissance de ses deux amis Tom et Charlie. Tout comme leur défunt ami, les deux hommes se sont retirés du monde depuis longtemps et ils ignorent que la venue de la jeune femme bousculera beaucoup de chose.

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Cela fait du bien en tant que québécoise de revenir par moment à la lecture de livre écrit par des auteurs de ma province et c’est encore un plus grand plaisir quand tu le fais pour découvrir un livre magnifique. XYZ est une maison d’édition qui met l’emphase sur les écritures de qualité, c’est donc avec un grand plaisir que je me suis replongée dans l’un de leur titre. Il pleuvait des oiseaux m’a parut, lorsque j’en ai entendu parlé, une histoire plutôt étrange et pourtant, une fois plongée dedans, c’était tout simple : une photographe passionnée par les survivants des Grands Feux et cet homme en particulier dont tous se rappellent avoir vu l’errance ne pouvait qu’attiser sa curiosité. Et puis, que faire si au moment même où l’on touche au but, on découvre que celui que l’on cherche est mort quelques jours plutôt ? Lentement, mais sûrement, la photographe s’immisce donc dans la vie des deux ermites, anciens amis de Boychuck. Chacun est venu dans les bois afin de fuir quelque chose et ce n’est donc pas de gaieté de coeur qu’ils laisseront entrer dans leur intimité cette jeune photographe, il faudra l’arriver de la vieille Marie-Desneiges qui, elle, fuit grâce à son neveu, un internement de près de 60 ans. Marie-Desneiges réussit à séduire les deux vieillards et devient amie avec la photographe qui désir en profiter pour continuer à fouiller le passer de Boychuck grâce aux toiles qu’il a laissé derrière lui.17

Une histoire simple, mais d’une merveilleuse beauté et magnifiquement mené. C’est l’un des rares romans que je termine en fermant les pages et en me disant qu’il m’a mené jusqu’au bout, qu’il ne laisse pas de chose en suspend et que tout ce qui devait être est arrivé. Je l’ai fermé en soupirant d’aise : c’est une oeuvre finie à la perfection. J’ai horreur en général que l’on me laisse sur ma faim. Mais ce roman était parfait du début à la fin. Ah oui, il est vraie que l’auteure nous laisse quelques pistes à parcourir nous-même, mais cela ne m’a pas embêté.

Tous les éléments sont donc là pour faire de ce roman un livre à lire absolument. Ce n’est donc pas pour rien qu’il a fait fureur chez les libraires et les critiques littéraires. J’en ai entendu parler dans toutes les revues littéraires que j’ai lu, mais j’ai hésité à le réserver à la bibliothèque, car la liste était très longue, signe que beaucoup d’autres ont eu leur curiosité piqué au vif ! Cela s’explique par le roman lui même, mais aussi par la carrière de Jocelyne Saucier qui a, contrairement à ce que je pensais (honte à mon ignorance!) déjà plusieurs livres à son actif et qui a été récipiendaire ou finaliste de nombreux prix littéraires. Vous vous en doutez sûrement, mais après une telle découverte (que je veux absolument m’acheter !), il me faudra me pencher sur les autres livres de l’écrivaine !

Extraits

« J’aime ces endroits qui ont abandonné toute coquetterie, toute afféterie, et qui s’accrochent à une idée en attendant que le temps leur donne raison. La prospérité, le chemin de fer, les vieux copains, je ne sais pas ce qu’ils attendent. La région a plusieurs de ces endroits qui résistent à leur propre usure et qui se plaisent dans cette solitude délabrée. » p.14

« On n’arrive pas chez des gens qui ont près de un siècle derrière eux avec un boniment de dernière minute.Il faut du doigté, de l’habileté, mais pas trop, les vieillards d’y connaissent dans l’art de la conversation, ils n’ont que ça dans les dernières années de leur vie, des propos trop astiqués incitent à la méfiance. » p.15

« – L’amour impossible n’est plus possible de nos jours.
La photographe la quitta avec soulagement. La vie de cette femme qui n’avait pas trouvé, même pas cherché, ce qu’il lui fallait, était un désastre.
» p.136

Mon-Quebec-en-septembre      

 

Posté par GeishaNellie à 00:00 - Littérature québécoise - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Il pleuvait des oiseaux

    Un très beau commentaire pour un roman qu'il faut découvrir absolument.

    Posté par Suzanne, 01 septembre 2012 à 09:50 | | Répondre
  • @Suzanne : Merci beaucoup

    Posté par GeishaNellie, 04 septembre 2012 à 18:11 | | Répondre
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