29 octobre 2012

La case de l’oncle Tom

la case de l'oncle Tom

 

Harriet Beecher Stowe

555 pages

Ebook

 

Tom est un esclave élevé au Kentucky, un état qui est reconnu pour être spécialement doux avec les nègres (pardonnez-moi l’utilisation de ce mot, mais c’est ainsi qu’ils sont appelés alors). Il a un bon maître qui a entièrement confiance en lui et une maîtresse encore meilleure, qui lui a enseigné la religion, il est d’ailleurs, lui-même, un excellent prédicateur. Mais voilà que son maître, endetté, doit le vendre lui et le fils d’une autre esclave, afin d’éviter de tout perdre. Tom est alors abandonné à un horrible vendeur d’esclave et son destin devient bien incertain.

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Même si ce livre reste un roman ayant comme thème l’esclavagisme, il se veut avant tout, une façon pour l’auteure de dénonçer publiquement ce trafic de vie humaine. Il y a donc un petit côté documentaire même si on ne le ressent pas dans l’écriture, mais l’auteure a clairement voulut nous faire découvrir toutes les facettes de la traite des noirs afin de détruire complètement les arguments derrière lesquels se cachaient alors ceux qui étaient propriétaires d’esclaves. Il est vrai que certains maîtres étaient bons avec leurs esclaves, mais il n’en restait pas moins que le confort de ceux-ci est précaire, il suffit que celui qui le possède décède ou soit endetté et hop ! on se retrouve dans une plantation où on vous bat pour la moindre peccadille !

Pour ceux qui connaissent un peu mon blog, vous devez savoir que depuis ma lecture de Aminata de Lawrence Hill, je cherche beaucoup de livre sur le thème de l’esclavagisme. Je suis fascinée par ce que les noirs ont vécut et comment toute une population a pu se voiler la face devant une telle horreur. Je dois avouer que la dernière fois que je suis allée aux États-Unis, j’avais la mauvaise envie de zieuter toutes les personnes de couleurs et je me demandais sans cesse : «Êtes-vous au courant de votre histoire ? Comment vivez-vous avec ça ? Savez-vous que vous avez sûrement tout pleins d’ancêtres blancs qui ont violés ou trompés les femmes de votre lignée ?? » Bon, peut-être que je pousse un peu, mais je suis incapable de ne pas y songer et ne parlons pas de la façon dont nous traitons les Amérindiens au Canada, j’ai le goût d’hurler. Ok, passons, passons, je ne suis pas supposée faire l’apologie de l’anti-esclavagisme, mais vous parler du très touchant livre La case de l’oncle Tom.

(Pour les vrais commentaires sur ce livre, commencez à lire ici Clignement d'œil). Donc, comme je le mentionnais plus haut, l’auteure a cherché à nous faire découvrir toutes les facettes de l’esclavagisme, même si, au détour, elle se permet quelques remarques désobligeantes sur saoncle-tom société (comme la façon dont on mettait de côté les femmes, alors qu’elles sont parfois plus apte que les hommes à gérer les domaines). Alors, je vous le dit immédiatement c’est un livre très très dur. On en apprend plus sur la maltraitance des esclaves que certains ne pourraient le supporter. Il est vrai, toutefois, que l’auteure revient souvent sur un thème précis : la séparation des enfants d’avec leur mère. Sans cesse, nous retrouvons des histoires tragiques de mère ne pouvant supporter une telle séparation. D’ailleurs, avec l’histoire de Tom, nous suivons en parallèle celle d’une autre esclave qui s’enfuit vers le Canada afin que son fils ne lui soit pas arraché pour être vendu.

Un autre thème qui est très très abordé, comme certaines peuvent s’en douter vu l’époque et l’histoire de l’auteure, c’est la foi. Tout le temps, nous revenons à l’idée d’un Dieu qui pardonne. C’est la foi en Dieu qui permet de se rattacher au moindre espoir, qui guide Tom et fait même naître de très belles amitiés. Comme la foi est omniprésente dans ce roman, certains pourraient en être fâchés, moi la première, car je ne suis pas croyante, mais je dois avouer, qu’ici, la foi est primordiale. C’est la croyance en un être divin qui va accueillir le juste après sa mort et punir le mauvais, qui permet aux esclaves de ne pas s’abaisser plus que leur maître cruel. Grâce à la foi, Tom ne deviendra pas mauvais, il ne fouettera pas ses semblables et aidera les plus faibles même si cela l’amène à subir de durs contre-coups, mais cette lumière qui émane de lui, éclaire aussi les autres personnes qui le croisent. Alors si je trouve que la religion est, pour certaines communautés, une façon de rester dans un semi-barbarisme, ici, il permet aux esclaves de s’élever au-dessus de leur condition et d’apaiser un peu leurs douleurs, car à force de souffrance on a parfois envie de faire souffrir les autres. Bon, vous direz maintenant que je fais l’apologie de la religion, eh bien … je ne suis ni noir ni blanc, tout simplement.

Donc, pas besoin de vous dire que des larmes, j’en ai versé sur ce livre ! J’ai pleuré plus que je n’ai jamais pleuré en lisant un livre (ça battu Cyrano de Bergerac de Rostand !!), il a même fallut que je m’arrête et que je fasse le point avec moi-même. J’ai été terriblement chamboulé de ce qui se passait à cette époque et je ne comprendrai jamais qu’une société prétendument évoluée puisse accepter que des êtres humains soient traités comme des biens. Je crois que ce livre est un incontournable pour tous, afin de nourrir notre humanité et apprendre à se poser des questions sur ce que les lois dictent être bien ou mal. Est-ce que je dirais coeur sensible s’abstenir ? Huum, peut-être pas à ce point.

Extraits

«Les ministres ne peuvent peut-être, pas plus que nous, empêcher le mal ou le guérir : mais, le justifier ! Oh, c’est outrager le bon sens !» p.60

«- Moi ! que j’aie la chance d’aller au ciel ! dit la femme ; est-ce pas là que vont les blancs ? supposons qu’ils me rattrapent encore là-haut ? j’aime mieux aller en enfer et en avoir fini des maîtres et des maîtresses !» p.274

«On vous priera, de la façon la plus courtoise, d’entrer, d’examiner, et vous trouverez abondance de maris, de femmes, de frères, de soeurs, de pères, de mères, de jeunes enfants, à vendre séparément ou par lots, selon la convenance de l’acquéreur. L’âme immortelle, rachetée jadis par le sang et les angoisses du Fils de Dieu fait homme, alors que «la terre trembla, que les pierres se fendirent, et que les sépulcres s’ouvrirent,» se vend là, s’y loue, s’hypothèque, se troque contre de l’épicerie ou tout autres denrées sèches, suivant les phases du commerce et la fantaisie de l’acheteur.» p.402

«Pour vos pères, la liberté était le droit qu’a toute nation d’être une nation. Pour lui, c’est le droit qu’a un tout homme d’être un homme, non une brute : le droit d’appeler la femme de son choix, sa femme, de la défendre contre d’injustes violences ; le droit de protéger et d’élever son enfant ; le droit d’avoir une demeure à soi, une religion à soi, un caractère à soi, indépendants de la volonté d’un autre.» p.473

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Posté par GeishaNellie à 12:29 - Littérature américaine - Commentaires [6] - Permalien [#]

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Commentaires sur La case de l’oncle Tom

    Je l'ai lu pour un travail dans mon cours d'histoire des États-Unis à l'université! J'avais bien aimé

    Posté par Mirianne, 29 octobre 2012 à 13:22 | | Répondre
  • @Mirianne : Voici un cours que j'aurais bien apprécié !

    Posté par GeishaNellie, 29 octobre 2012 à 14:53 | | Répondre
  • Je me rends compte que j'avais commencé ce roman quand j'étais petite dans une belle édition illustrée mais que je ne suis jamais allée jusqu'au bout... Merci pour la piqûre de rappel !

    Posté par Midola, 30 octobre 2012 à 03:52 | | Répondre
  • @Midola : Ouais, ben, y a peut-être une raison, hein ! C'est assez dur comme lecture tout de même. Personnellement, j'ai vu une version jeunesse pour ma fille, mais je me suis dit qu'elle lirait l'intégral quand elle serait plus vieille alors je ne l'ai pas acheté !

    Posté par GeishaNellie, 30 octobre 2012 à 08:35 | | Répondre
  • Lu il y a très, très longtemps et ton commentaire m'a donné l'envie de le relire.

    Posté par Suzanne, 31 octobre 2012 à 11:57 | | Répondre
  • @Suzanne : Lance-toi, ça me ferait plaisir de lire ton billet !

    Posté par GeishaNellie, 31 octobre 2012 à 15:45 | | Répondre
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