12 janvier 2014

La revanche du pâté chinois

la revanche du pâté chinois

 

André Montmorency

Leméac

1997

253 pages

 

« En Avignon, à Florence, à Montréal, à Lyon ou dans sa maison de campagne dans les Cantons de l’Est, André Montmorency demeure le même : gourmand, fin cuisiner, qui va et vient, chantant, entouré d’amis, une cuillère de bois à la main, entre le pâté chinois des jours de fête et le couscous royal de tous les jours. Ce livre est beaucoup plus qu’un livre de recette, même si elles y sont toutes, et si clairement expliquées qu’elle vous appartiennent déjà. Souvenirs d’enfance, récits de voyage, anecdotes sur le milieu du théâtre, recettes, conseils pratiques se succèdent et dessinent un art de vivre heureux – autour de la table. » dos de couverture

tentative couleur André Montmorency est moins connu de ma génération mais l’était beaucoup de celle de ma mère. Il n’empêche qu’il est un grand de la culture québécoise ayant oeuvré comme acteur, metteur en scène, écrivain et depuis quelques pate-chinoisannées, peintre. Beaucoup le connaisse comme «Momo», c’est d’ailleurs ainsi que ma mère l’appelait : « Je veux le dernier livre de Momo !». Il m’a fallut beaucoup de persuasion et de talent afin de l’empêcher 1._ d’acheter ce livre et 2._ de le cacher jusqu’à son anniversaire où je le lui ai offert comme cadeau. Dieu ce que je peux être sournoise ! Aujourd’hui, je replonge dans les amours de ma mère qui, quoique n’étant pas de mon époque (je ne me rappelle pas avoir déjà vu André Montmorency a la télé sauf dans Les enfants de la télé mais ça, ça compte pas !), on tout de même beaucoup de charme !! Bon, je dis que Momo n’est pas de mon époque mais je crois que la littérature et la gastronomie ainsi que beaucoup d’autre de ses oeuvres sont éternelles et ne peuvent vieillir, voilà !

Il n’y aura pas eu de plus grande torture que cette lecture ! À toutes les deux pages, j’avais envie d’arrêter de lire et d’aller cuisiner ! Moi qui n’ai pas toujours le temps pour m’adonner à la lecture, voilà que je me prenais, durant mes moments de détente, à laisser le livre de côté pour me lancer dans une recette que j’avais noté sur un des blogs culinaire que je visite (pour les curieux, il s’agit de la recette de Soupe au kale d’inspiration toscane d’Au gré du marché). Ah, vraiment il n’y a pas mieux que de mixer deux de ses passions : la cuisine et la littérature ! Un vrai coup de coeur ! Dans ce livre, raconter des anecdotes de sa vie n’est qu’un prétexte à l’auteur pour parsemer les pages des recettes les plus diverses qui nous instille un délicieux fumet tentateur. André Montmorency nous dévoile ainsi plusieurs de ses plats, pour certains des classiques québécois et pour d’autres … pas mal moins classique, disons-le …

Je dois l’avouer, lors de la lecture Momo a quand même su me choquer. J’ai eu une phase de colère et de dégoût en tournant les pages car je commençais à trouver l’énergumène un brin (un méchant gros brin toé !) prétentieux. À une certaine époque de sa vie, il se tenait avec les plus grands de la francophonie (auteur, acteur, metteur en scène, chef, etc), bourlinguait dans les plus romantiques pays, se réservait une table dans les plus grands restaurants où on ne pourrait même pas r-POUTINE-large570mettre les pieds aujourd’hui (non pas parce qu’ils ont fermés mais bien parce qu’ils nous coûteraient les yeux de la tête !). Bref, t’en veux-tu des plus grands que’que chos’ en v’là ! J’étais donc très en colère contre lui car je n’arrêtais pas de penser à ma mère. Ma mère qui le vénérait, qui avait un trémolo dans la voix quand elle parlait de Momo, ma mère qui s’était précipité sur son livre comme une lionne affamée mais qui n’aurait sûrement pas pu se le payer sans moi. Ma mère a vécu  une époque où elle avait pas mal de difficulté à garnir son frigo et s’est grâces à mes prêts étudiants que je lui ai payé ce livre (et j’ai payé mes prêts étudiants grâce à son assurance vie, beurk ! ça a un quelque chose de vengeur, non ?). Et voilà que son idole arrive avec des recettes de coquille de cervelle et de ris de veau ! « Pourtant, ce livre a été un coup de coeur pour toi ! » me direz-vous. Oui, c’est vrai car ma colère a passé avec les pages que je continuais de tourner. C’est  que chaque recette était adapté au moment dans la vie de l’auteur et si les recettes de semelle de botte à la sauce au thé s’accommodait mieux à sa jeunesse, il a aussi eu une période plus glorieuse et faste où il avoue lui-même avoir été plutôt prétentieux. Comme il dit, il avait «le cul bénie des Dieux» car à cette époque, un bon souper coûtait vingt dollars. Mais le tempscipate passe et il finit par s’écoeurer de servir ses amis avec quinze fourchettes et des recettes à préparer deux jours d’avance. Voilà donc ma meilleure période de sa vie où il comprend que recevoir c’est faire plaisir avec de la bonne bouffe et pas nécessairement avec des plats ultra-complexe (bien entendu, j’aime un peu de complexité mais je n’irai pas me servir d’un gémeau pour préparer un ris de veau !). 

Bref, une petite merveille entre l’autobiographie et le livre de cuisine qui nous fait, en plus, découvrir sous un autre aspect, les personnalités du show-business d’alors. Ajoutons à cela, une édition vraiment magnifique elle-même un hybride avec un beaux-livre grâce à ses petits dessins sans prétention mais qui donne beaucoup de charme. Je voudrais avoir encore d’autre livre de ce genre dans ma PAL. Miam !

Extrait

« Devenez ami avec un grand chef ; c’est tellement commode et rassurant. Et, tant qu’à en profiter, choisissez-en un qui a énormément de talent. » P.220

Source des images :

Pâté chinois (c’était pas le plus beau mais j’ai craqué pour son petit drapeau trop mimi !) : http://augredumarche.blogspot.ca/2013/12/soupe-au-kale-dinspiration-toscane.html
Poutine (parce qu’on a beau dire que c’est pas de la grande gastronomie moi j’aime ça et j’en suis fière ;) ) : http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/08/26/la-poutine-fameuse-de-la-cantine-luckys-vole-la-vedette-au-festival-de-la-poutine-de-drummondville_n_3816802.html
Cipâte : http://gatineau.rougefm.ca/le-coin-de-frederic/story.aspx?ID=1850342

Posté par GeishaNellie à 00:00 - Littérature québécoise - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

dentelle


Commentaires sur La revanche du pâté chinois

  • ha, ben faudra dire à Momo qu'il n'y a QUE les touristes qui vont en Avignon.

    Ici on habite A Avignon et quand on en part, on revient A Avignon. Dire EN, c'est se faire repérer d'entrée comme touriste .

    La raison est bêtement historique: jusqu'au 18° siècle, la ville était une enclave italienne en France, donc les français allaient en Avignon, comme il seraient allés en Italie.et en 1791, les habitants ont décidé que c'était un peu n'importe quoi et ont demandé leur rattachement à la France. Je résume, mais c'est l'idée. Depuis il n'y a plus de raison de dire En, sauf par snobisme

    Ceci dit monsieur Momo, bienvenue A Avignon pour nous faire goûter des recettes québécoises! (enfin, ptêtre pas la cervelle et les ris de veau,vu que je suis de plus en plus en train de tourner végétarienne)

    en tout cas avec quelques aménagements vu qu'il n'y a pas de "kale" ici, la soupe me tente bien , merci d'avoir partagé

    Posté par purplevelvet, 13 janvier 2014 à 18:06 | | Répondre
    • Je ne pense pas que ce soit Momo qui a décidé d'écrire «en» plutôt que «à» se sont sûrement les éditeurs quoique si c'est une marque de snobisme ça se pourrait bien que ce soit lui. Merci beaucoup pour l'explication je me sens un peu plus intelligente maintenant
      Pour la soupe, essaye-là même avec le kale c'est délicieux car le chou ne goûte pas trop.

      Posté par GeishaNellie, 17 janvier 2014 à 22:02 | | Répondre
Nouveau commentaire