08 octobre 2014

Vol au-dessus d’un nid de coucou

vol au-dessus d'un nid de coucou

 

Ken Kesey

Stock

2011

447 pages



«Dans une maison de santé, une redoutable infirmière, «La Chef», terrorise ses pensionnaires et fait régner, grâce à un arsenal de «traitements de choc», un ordre de fer, les réduisant à une existence quasi végétative.
 Surgit alors McMurphy, un colosse irlandais, braillard et remuant, qui a choisi l’asile  pour échapper à la prison. Révolté par la docilité de ses compagnons à l’égard de «La Chef», il décide d’engager une lutte qui, commencée à la façon d’un jeu, devient peu à peu implacable et tragique. » dos de couverture

tentative couleurLu il y a un sacré bout d’temps …
J’ai par moment des phases où je dois dévorer tout ce que je trouve sur un même thème. Il y a presqu’un an j’en débutais une avec ce désir : me taper tout ce que je pourrais trouver de classique américain. Un des titres qui m’est venu spontanément en tête est justement celui-ci : Vol au-dessus d’un nid de coucou. Je l’ai commencé sans aucune idée de l’histoire, sans avoir vu le film avec Jack Nicholson sans a priori et j’ai adoré ! Bien vite, l’auteur nous surprend et nous mélange, nous montre que le fou n’estVol_au_dessus_d_un_nid_de_coucou pas aussi fou qu’il semble l’être et qu’il y a bien des définitions à l’expression «sain d’esprit».

Notre personnage principal, McMurphy un véritable colosse, bruyant, joueur et amant compulsif, incapable de refuser un défi ou de se faire dire non, débarque dans un monde régenté par une infirmière implacable à qui il ne peut s’abstenir de tenir tête. Même s’il semble terriblement différent des autres pensionnaires, la question se pose réellement : est-il aussi fou que les autres ou simplement bon vivant ? Par opposition, Bromden appelé Grand Chef, indien taciturne interné depuis belle lurette sourd et muet, du moins le fait-il croire, semble être l’image même du fou classique. Drogué, attaché à son lit, soumis à la mère Ratched, il ne fait plus de vague depuis longtemps. Pourtant, la présence de McMurphy déstabilise l’ordre établi et bouleverse l’esprit des autres malades, dont Bromden. Sont-ils tous si cinglés que cela ou bien l’infirmière Ratched travaille-t-elle à mélanger leurs esprits plus qu’ils ne le sont déjà ? Bien vite on se rend compte qu’au cours de notre lecture on risque fort de perdre notre propre équilibre mental, on glisse lentement dans les délires de Bromden, on ne discerne plus le vrai du réel et on prend conscience comme la folie est proche.

Lentement, McMurphy devient le pilier de tous les pauvres internés alors que l’infirmière Ratched tentait de les garder calme, dans un travail incessant d’autoanalyse, le géant roux, lui, veut les ramener à la vie, leur insuffler de nouveaux des désirs et la force de contester l’autorité qui les opprime. Malheureusement, la relation qui s’établie entre les internés et McMurphy n’est pas plus saine que celle qu’il y a entre lui et Mère Ratched dont des paris stupides le porte à lui tenir tête. Comme un solide boeuf que l’on saignerait lentement pour se images nourrir, l’Irlandais va se mettre dans de vilaines positions afin d’épater la galerie. La force du géant roux sera pour tous, spécialement Bromden, un exemple, un idéal à pousser le plus loin possible mais qu’adviendra-t-il de McMurphy dont on ignore toujours l’état mental ?

Cette lecture a été pour moi un véritable coup de coeur. J’ai adoré ce jeux avec la réalité, cette impression de glisser dans la folie par moment. J’ai aimé cette étrange relation plutôt atypique entre les personnages et le narrateur, Bromden, est pour moi une image marquante de l’Amérindien américain : une force brute, lourd d’un passé difficile à porter et pourtant soumis à la domination du colonisateur. McMurphy devient à ses côtés l’élément déclencheur qu’il lui fallait afin de retrouver sa puissance. Un excellent livre à lire absolument. Quant au film, il m’a semblé plutôt différent du livre mais comme on y retrouve d’excellent acteur il n’en reste pas moins très bon même si le 7e art ne permet pas de plonger aussi facilement dans la psyché du personnage que la littérature.

Extrait :

« Plus tard, caché dans les cabinets, je me suis regardé dans le miroir à l’insu des moricauds. Comment quelqu’un peut-il arriver à cette chose inouïe : être ce qu’il est ? La glace me renvoyait l’image d’un visage sombre et rude avec des pommettes saillantes haut placé comme si on m’avait décortiqué les joues, des yeux tout noirs à l’expression humble comme ceux de Papa, comme ceux des Indiens tenaces et résignés qu’on montre à la télé.Ce n’est pas moi, je me disais, ce n’est pas mon visage. Même quand j’essayais d’avoir cette physionomie, ce n’était pas moi. Pas vraiment moi ; j’étais seulement celui que j’avais l’air d’être, celui que les gens voulaient que je sois. Probable que je n’ai jamais été moi-même. Comment McMurphy peut-il être ce qu’il est ? » p.230-231

Source des images :
- http://www.senscritique.com/film/Vol_au_dessus_d_un_nid_de_coucou/447958/images
- http://aspacer.blogspot.ca/2012/07/vol-au-dessus-dun-nid-de-coucou.html

Posté par GeishaNellie à 00:00 - Littérature américaine - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

dentelle


Commentaires sur Vol au-dessus d’un nid de coucou

Nouveau commentaire