03 novembre 2014

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

 

Harper Lee

Éditions de Fallois

447 pages

2013

 

« Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. »    dos de couverture

 

tentative couleurLu il y a un bout de temps … Dans ma foulée je-veux-lire-le-plus-de-classique-américain-possible, je suis tombée sur ce livre, le seul et unique de l’auteure. Pour dire vrai, j’avais ce titre en tête depuis fort longtemps tout en ignorant complètement l’histoire et je me suis même abstenu de lire son résumé avant d’en commencer la lecture. Avoir su … j’aurais été encore plus enthousiaste car les inégalités raciales sont un sujet que j’adore ! Non pas que je sois barbare mais plutôt qu’elles me bouleversent et viennent chercher mon humanité. Toutefois, Harper Lee aborde ce sujet d’une façon bien différente, car l’histoire nous est raconté via les yeux innocents de Scout, la jeune fille d’Atticus. Si cette façon de procéder est assez courante dans les films américain : le jeune enfant représentant la pureté, insensible au racisme des grands et qui finit par se lier d’amitié avec des Noirs, cette fois-ci, il s’agit d’un prétexte car ce personnage narrateur n’est pas nécessairement celui qui est le plus impliqué dans l’histoire.

Scout n’a qu’une vision naïve de ce qui se passe, c’est son père et son frère qui doivent lui expliquer le danger que représente le fait de protéger ce Noir devant la loi, même si tout semble l’innocenter. Scout devient donc, malgré elle, la cible de calomnie des autres enfants et doit apprendre à se défendre alors même qu’elle ne peut comprendre pourquoi son père est si mal vu soudainement, lui qui est un avocat intègre et un homme bon (comment expliquer à une si jeune enfant ce que signifie le mot «viol» ?!). Le défi est double pour Scout, je dirais  même triple, car elle est à un moment charnière de sa vie, son frère ayant maturé soudainement, elle se retrouve souvent solitaire ne sachant à qui parler de ses émotions et les pressions s’accentuent de chaque côté : son père essayant de lui apprendre à garder la tête froide et à retenir ses poings et sa tante voulant qu’enfin elle quitte son état de garçon manqué pour devenir une gentille fille en robe.

Jem, le frère de Scout, est un garçon assez réfléchi qui, comme je l’ai mentionné ci-haut, quitte l’enfance au début du livre pour être projeté dans celui de jeune adulte par les évènements. Dès le moment où son père Atticus prend en charge le dossier de Tom Robinson, il sent toute l’urgence de la situation et malheureusement, cela l’éloigne de sa soeur à laquelle il était étroitement liée. Malgré cela, elle le suivra dans la plupart de ses aventures. C’est l’image parfaite du grand frère protecteur, certes il va la rabrouer, parfois même utiliser sa force contre elle mais il sera constamment là afin de s’en occuper.

Pour ce qui est d’Atticus, je pourrais passer des jours et des jours à vous en parler car j’ADORE ce genre d’image paternelle. C’est un homme qui a eu des enfants alors qu’il était déjà plutôt âgé et comble du malheur, il a du les élever seul, chose qu’il a su faire remarquablement bien. C’est un humaniste, intelligent, charismatique et raisonneur, qui s’est interdit d’utiliser ses poings ou une arme pour blesser. C’est vrai que par moment on aurait envie de le secouer comme un pruneau et de lui faire comprendre que la situation l’exige. Bref, c’est un homme plein de principes qui a su les inculquer à ses enfants.

Lorsque Atticus a décidé de protéger Tom Robinson, il savait que de dur  moment l’attendait, probablement aussi devinait-il que ses enfants en souffriraient aussi mais il croyait probablement surtout en la bonne foi des gens de la petite communauté de Maycomb. C’est donc ici qu’intervient l’innocence enfantine de Scout qui saura, avec sa curiosité parfois envahissante, briser certains tabous et désarmé des situations dangereuses. Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas d’un livre d’aventure mais ces enfants se retrouve souvent là où il ne faut pas. Tentant de vivre une vie normale dans une situation plus que compliqué. 

Un excellent livre sur l’enfance et les préjugés que j’espère vous avoir donné le goût de dévorer.

Posté par GeishaNellie à 10:30 - Littérature américaine - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

    Un de mes plus beaux souvenirs de lecture. Excellent billet gentille dame.

    Posté par Suzanne, 18 novembre 2014 à 21:27 | | Répondre
    • Merci. Tu me laisses toujours de merveilleux commentaires !

      Posté par GeishaNellie, 19 novembre 2014 à 08:56 | | Répondre
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