10 janvier 2016

Va et poste une sentinelle

va et poste une sentinelle

Harper Lee

Grasset

2015

332 pages

 

«Jean Louise Finch, dite «Scout», l’inoubliable héroïne de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, est de retour dans sa petite ville natale de l’Alabama, Maycomb. Vingt ans ont passé. Nous somme au milieu des années 1950, et la nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l’a façonnée mais dont elle croit s’être affranchie en partant vivre à New York, Jean Louise va découvrir ses proches sous un jour inédit … » 4e de couverture

3Lu il y a un bout.J’ai découvert il n’y a pas si longtemps que ça le livre Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur et ce fut pour moi une vraie découverte, une merveille. J’espérais cette suite depuis lors même si le silence de l’auteure me poussait à croire qu’elle était peut-être décédée sans que qui que ce soit ne le sache. Mais voilà que la suite attendu par plusieurs est enfin arrivée. J’entends déjà les «yess !» mais avant que vous n’explosiez de bonheur je dois vous dire tout de suite, la suite est vraiment différente, elle n’a même aucun rapport avec le premier tome. Plusieurs ne l’on pas aimé, certain l’on même abandonné, pour ma part, je suis de ceux et celles qui sont restés accrochés coûte que coûte car, après tout, c’est Scout et c’est Atticus, je ne peux pas les abandonner d’un revers de la main.

J’en sors déçue certes, mais pas autant que d’autres, ce livre est venu chercher en moi une peine incroyable, j’ai été déchirée là où Scout a été déchirée et j’ai pleuré comme je n’ai rarement pleuré lors d’une lecture (je ne pouvais même plus lire, je ne voyais plus rien et j’avais une boule dans la gorge). Étrangement, ce livre ne contient pas vraiment d’histoire, du moins pas comme le premier tome, il s’agit d’un moment dans la vie de Scout, sans plus. Elle va passer un moment chez son père et découvre que son coin de pays accepte plutôt mal la fin de la ségrégation raciale, ce qui la mène a regarder tout Maycomb sous un nouvel éclairage et elle le prend très mal. Grosso modo il n’y a que ça.

Ça aurait pu être dit avec moins de mots, ça aurait pu être raconté avant, plutôt que de nous avoir fait poireauter pendant tout ce temps … je pourrais sortir bien des reproches à Harper Lee mais la vérité c’est que je continue à désirer qu’elle recommence à écrire, qu’elle nous publie autre chose même si ça ne parle pas de Scout. Et puis, l’autre vérité c’est que même si ce livre n’était pas vraiment utile dans le monde de la littérature, même si j’aurais pu me passer de l’avoir lu, je l’ai fait et je l’ai bien aimé. J’ai vécu un deuil horrible avec ce bouquin (j’aimerais tellement vous l’expliquez mais je ne peux pas sans sortir LE Spoiler du livre) et je m’en remet péniblement. Peut-être que c’est aussi ça que voulait l’auteure : boucler la boucle qu’il ne puisse y avoir rien de plus après, rien d’imaginable.

Donc, à tous ceux qui ne connaissent rien des livres de cette auteure : lisez Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur et passez à côté de la suite, à moins que, comme moi, il vous faille vraiment le lire quitte à pleurer comme une grosse dinde toute seule dans votre divan.

Posté par GeishaNellie à 00:01 - Littérature américaine - Commentaires [0] - Permalien [#]

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