03 mars 2016

Appelez la sage-femme

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Jennifer Worth

Albin Michel

2015

501 pages

 

« Londres, années 1950. Jeune infirmière, Jennifer Worth décide de parfaire sa formation de sage-femme et rejoint les soeurs d’un couvent anglican, Nonnatus House, situé dans les docks de l’East-End. À 22 ans, elle s’apprête à vivre l’expérience de sa vie dans cette maternité qui vient en aide aux plus pauvres.

Récit de cet apprentissage, de sa rencontre avec les soeurs, alors qu’elle-même ne croit pas en Dieu, mais aussi tableau des quartiers déshérités du Londres d’après-guerre, son témoignage est à la fois bouleversant et empreint d’optimisme. » 4e de couverture

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Avant toute chose, il me faut dire un énorme merci à la personne qui a parlé de ce livre sur sa page facebook car j’ignorais même qu’il existait :O Bon, pour l’instant, je ne me rappelle plus du tout de qu’elle bloggeuse il s’agit mais un jour, peut-être … Shame on me ! Bon, la raison pour laquelle ce livre m’a attiré comme des biscuits double-chocolat ultra-fondant (devinez mon envie de femme enceinte du moment) c’est simplement que j’ai écouté les deux saisons de SOS Sage-Femme sur Télé-Québec et j’ai adoré !!! Ah vraiment, une merveille ! J’adore tout ce qui touche au domaine de la santé et côté obstétrique, je dois avouer que ma formation de t.s.a. était plutôt mince, alors le domaine humain m’intéressait vraiment. Sur plusieurs points, le livre a su me plonger bien mieux dans ce Londres des années 50 qu’aurait pu le faire la série télévisée. J’ai pu me rendre compte de l’ampleur des dégâts de la Seconde Guerre Mondiale sur ses docks avec ses cratères de bombes, ses maisons à moitié démolies que l’État essai de condamner mais faute d’appartement plusieurs familles y vivent encore et surtout, toutes ces histoires atroces qu’on du vivre ces pauvres gens. D’un autre côté, les docks me semblaient magnifiques, j’imaginais les énormes paquebots qui passaient devant ma fenêtre et je me suis dit que ces gens avaient de la chance malgré leur misère. Et en terme de misère, on en prend un sacré coup, on ne la perçoit plus de la même façon. Ces mères au foyer qui élevaient parfois une quinzaine d’enfants, je ne suis pas sûre qu’elles s’en plaignaient vraiment, c’était leur vie et elles avaient à coeur de tenir leur maison propre et même si c’était toujours le capharnaüm dans ces appartements surpeuplés, que la vie y était difficile, j’ai été touché par tous ses efforts. Et puis, à l’époque c’était pas mal différent de maintenant, tout le monde s’entre-aidait et les enfants plus vieux lâchaient souvent leurs études pour travailler ou donner un coup de main dans la maison. Ce devait être merveilleux de sentir que l’on était pas seul malgré toutes les difficultés et de ne pas avoir de sentiment de sacrifice.  

Je ne lis pas souvent de document biographique et il y avait quelque chose de pleinement satisfaisant à savoir que tout ce qui était écrit était vrai. Je ressentais une espèce de confiance naïve envers l’auteure et j’en oubliais même qu’il s’agissait de la médecine des années 50. Pourtant, Jennifer Worth prend la peine de nous le rappeler régulièrement en comparant les pratiques de maintenant et celles d’autrefois ce qui met en lumière comme elles étaient peu équipées pour accomplir un travail pouvant mener à la mort de quelqu’un. Étrangement, la comparaison de la médecine d’autrefois et de maintenant n’était pas toujours à la faveur de tous nos progrès médicaux du 21e siècle. Il n’y a qu’à lire l’histoire de ce petit prématuré né d’une mère en état de choc qui a, malgré sa souffrance physique, refusé d’envoyer son enfant à l’hôpital. Bien entendu, ils ont eu beaucoup de chance que le prématuré n’ai pas de lésions au cerveau ou de complications mais en même temps, s’il avait fallut qu’il meurt, il était en tout temps avec sa mère, collé sur ses seins, suivis de près par les infirmières qui venaient à domiciles. Il ne serait pas mort plugué sur une multitude de machines face à des parents parfois traumatisés par la situation … (il faut voir le documentaire 700 grammes de vie) Ah là là, je sens que je commence un débat qui va peut-être en faire grogner plusieurs. Changeons donc de sujet. J’ai été étonné aussi du fait que le déchirement du

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périnée est peu abordé et l’épisiotomie encore moins ! Je me questionne à savoir si ces problèmes ne seraient pas liés à notre époque et à nos soins de santé toujours très pressé de libérer un lit. La sage-femme des années 50, elle, pouvait rester plusieurs heures auprès d’une parturiente et l’accouchement était mené d’une façon disons plus douce. Bon, c’est sûr que tout n’est pas blanc ou noir, il y a des cas où s’était plus compliqué, où il y avait beaucoup de stress sur la sage-femme qui n’était pas toujours sûre de pouvoir mener à bien l’accouchement. Il ne faut pas généralisé.

Disons simplement, que ce livre a bouleversé mes croyances que ce soit à propos de la misère, de la médecine, de la maternité et aussi de la religion. Les religieuses de Nonnatus House semblaient être des femmes quoique très croyantes aussi plutôt libres. Il faut dire que je ne connais rien à la religion anglicane mais j’ai été étonné que les soeurs puissent boire, manger à la table de jeunes hommes et même héberger les autres infirmières qui n’étaient pas des religieuses. Leurs heures de prières étaient même adaptées à leur travail et c’était des femmes dévouées, aimantes et même parfois poètes. On est très loin de l’image que je me faisais de la religieuse frustrée qui frappait les mains des enfants avec des règles en bois lorsqu’ils étaient gauchers :S

Bon, avec tout ça vous devez bien vous doutez que ce livre m’a amené beaucoup de plaisirs de lecture mais en tant qu’être humain, il nous fait prendre conscience comme nous sommes chanceux de ne pas avoir connu cette misère. Et puis, j’ignore si c’est le travail de la traduction ou bien la véritable plume de Jennifer Worth mais il s’agit d’un vrai plaisir à lire. Les phrases ne sont pas aseptisées pour les néophytes, ont utilise les termes auxquels je suis habitué et cela tout en gardant une belle qualité d’écriture. Clairement, écrire faisait parti des talents de cette infirmière, elle ne s’est pas improvisée auteure. Pour moi il s’agit donc d’un véritable coup de coeur qui est tombé à point dans ma vie et dans ma grossesse.

Source de la photo :
- http://images6.fanpop.com/image/photos/33800000/full-cast-call-the-midwife-33802798-1023-681.jpg

Posté par GeishaNellie à 12:01 - Littérature biographique/autobiographique - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Appelez la sage-femme

    Oh j'ai adoré ce roman moi aussi ! Par contre, je l'ai lu après avoir regardé les premières saisons de la série qui porte le même nom Mais j'y ai tout retrouvé : l'ambiance, les personnages, leurs anecdotes. Un livre qui se dévore !

    Posté par Acr0, 07 mars 2016 à 12:18 | | Répondre
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