16 avril 2016

Soigne ta chute

soigne ta chute

Flora Balzano

PCL/Petite collection lanctôt

2001

108 pages

 


«Voici la réédition du premier roman de Flora Balzano, Soigne ta chute, paru une première fois en 1991. Cet ouvrage, qui est rapidement devenu un classique de notre littérature, finaliste du Prix du gouverneur général et du Prix des grandes écoles et universités de France, a reçu un accueil chaleureux du public et de la critique.

On y trouve toutes les angoisses et les interrogations d’une immigrante en cette terre d’accueil qui n’en finit plus de se chercher une appellation contrôlée. Que faire lorsque même la langue commune ne suffit plus à abolir les frontières et à fonder une certaine humanité ? En inventer une autre, une autre langue, une autre humanité, et c’est ce que fait avec maestria Flora Balzano à force de crier de l’intérieur, utilisant ici l’arme de l’humour, là celle de l’ironie.» 4e de couverture

4coeurs
Ces derniers temps, je choisi mes lectures à l’aveuglette. Je laisse mon regard caresser le dos des livres qui peuplent les étagères de ma PAL et à un moment donné, je ne sais trop pourquoi, ma main s’arrête sur un d’entre eux. Prend la décision. Je ne lis jamais les synopsis et j’aime beaucoup plonger dans l’inconnu. Ce roman-ci Soigne ta chute il traînait dans ma PAL depuis belle lurette, il ressemblait à un livre d’école, une lecture obligatoire. Ça fout un peu la frousse même si, bon, Guillaume Vigneault je l’ai découvert grâce à une prof de français bien avisée ;) Juste pour vous dire depuis le temps qu’il est là, je ne sais même pas comment il y a atterri. Sérieux, aucune espèce d’idée. Comment il s’est retrouvé dans mes mains, ça je le sais. C’est l’influence de la revue Les Libraires qui a consacré quelques pages aux auteurs dont on attend avec impatience un nouveau livre depuis des années, ceux qui nous font languir (Dossier À quand le prochain roman ?).

C’est un livre un peu spécial que celui-ci. Un peu plus poésie, carnets, recueil de nouvelles que roman. Ou bien un peu de tous ça. Ah oui, j’oubliais, autobiographique car l’auteure y met beaucoup de ses propres démons puisque la jeune femme incapable de se trouver un emploi comme actrice à cause de son accent français, c’est elle. C’est Flora Balzano qui n’est ni française aux yeux des Français, ni québécoise à nos yeux. Mélange de plusieurs nationalités, ayant vécu dans plusieurs pays, Flora tout comme un de ses personnages, est déracinée et ne trouve sa place nulle part. Cela mène à plusieurs remarque acerbe sur le Québec qui m’ont fait grincer des dents. Que voulez-vous, je ne suis pas très douée dans l’autocritique.

Durant la lecture, plusieurs personnages se succèdent, partent, reviennent. À un point, que je ne savais plus trop où j’en étais et puis, je me suis simplement laissée bercer par les mots. Voilà surtout ce qui m’a séduite chez Flora Balzano : sa plume. Dans la première partie où il est question d’une jeune adolescente en pleine rébellion, j’ai immédiatement vu le rapprochement avec le genre de Sophie Bienvenu qui a écrit l’excellent livre Et au pire, on se mariera. Dans Soigne ta chute, l’auteure nous accompagne au travers de ses histoires souvent très dures avec une maîtrise des mots qui est exceptionnelle, qui saura malgré tout, nous faire naître un sourire.

Pour ceux que ça intéresse, selon la revue Les Libraires il n’y a pas de nouvelle à propos de la possibilité d’un autre roman de Flora Balzano. Elle travaille plutôt dans le milieu du doublage.

Extraits :

« Elle est comme ça ma mère, nulle pour le dialogue. Si je faisais une fugue, elle ne me chercherait même pas. Elle aimerait mieux ne jamais me revoir plutôt que d’appeler la police. Les anciens hippies, ils sont tous comme ça. Ma mère, c’est une ancienne hippie. Ils n’aiment pas la police, ils n’aiment pas les psychiatres, ils n’aiment pas les politiciens, ils n’aiment pas l’armée. Tout ce qui met de l’ordre, ils n’aiment pas. Peace and Love et Faîtes l’amour pas la guerre et maintenant c’est tout pollué. Sont nuls pour la société. » p. 13-14

Ouf, là je dois avouer que j’ai reconnu ma mère. Une ancienne hippie. Plutôt déstabilisant.

« Alors moi, s’il y a une chose qui m’écoeure dans la vie, à part ma mère, c’est l’humour. » p.21

« Combien faut-il de psychiatres pour changer une ampoule ?
Rien qu’un, mais il faut que l’ampoule veuille vraiment changer. »
p.49

Celui-là aussi il m’a pas mal déstabilisé …

« J’ai trouvé un paquet de cigarettes. Dessus, il est écrit : Le non-usage du tabac réduit l’espérance de mort.
Heavy ! »
p.54

« Tout en parlant à sa mère, c’est moi qu’elle fixait et je me disais, avec des yeux pareils, c’est sûr, elle a tout deviné. Et puis je m’étais rassurée, car elle devait avoir six ou sept ans et qu’à cet âge-là les enfants se foutent du sexe parce qu’ils savent encore tout de l’amour. » p.89

Simplement priceless.

Posté par GeishaNellie à 00:00 - Littérature québécoise - Commentaires [0] - Permalien [#]

dentelle


Commentaires sur Soigne ta chute

Nouveau commentaire