24 mai 2016

Buena Vida

Lu dans le cadre du défi Le tour du monde en 8 ans de Helran : Canada


Buena Vida

 

Florence K

Libre Expression

2015

324 pages

 

 

« Florence K a vécu une enfance de saltimbanque. Elle baigne dans la musique et les tournées. Dans Buena Vida, elle livre un récit rempli d'humanité, de musique, de voyages, et dévoile une partie de son existence qu'elle surnomme «l'abysse». Sa vingtaine a été parsemée de grandes joies, entre le bonheur de la maternité et celui d'avoir réussi à faire de la musique son gagne-pain. Mais Florence est aussi passée par un trou noir qui a bien faillit l'engloutir et duquel elle est sortie encore plus amoureuse de la vie. C'est en toute transparence qu'elle partage sa descente aux enfers et sa renaissance, car «la vie, c'est tout ce qu'on a ». » 4e de couverture

3coeurs
Lu il y a longtemps. Florence K a l'allure d'un ange, c'est la première chose qui me vient à l'esprit lorsque je la vois. Elle est belle, non plutôt magnifique, grande, douce, elle semble si solide et d'un tempérament bien trempé sans être dur, juste décidé. Pourtant, j'ai tout faux. Il n'y a pas longtemps, Florence K est passée par un épisode de dépression majeure. Une maladie terrible qui l'a plongé mentalement mais aussi physiquement dans d'horribles souffrances pour finalement être interné afin de mettre un terme à ses envies de suicide. À ce moment, a commencé sa lente remontée vers la surface où elle a du réapprendre toutes les petites choses de la vie, ne serait-ce que de s'occuper d'elle-même mais surtout réapprendre à s'aimer.

Florence K a été invité à l'émission Tout le monde en parle lors de la publication de cette autobiographie. Durant toute l'entrevue, j'ai été sidéré de l'entendre parler de sa maladie. J'avais de la difficulté à croire qu'une personne si jeune, qui semblait si peu marqué par la vie, qui a tout pour être heureuse, puisse être passé par là. C'est un peu comme si elle avait vécu toute une descente aux enfers devant nous sans qu'une seule fois nous nous en soyons rendu compte. D'ailleurs, il semblait y avoir une ambiance étrange sur le plateau, peut-être un silence un peu trop lourd, comme si je n'étais pas la seule à avoir de la difficulté à écouter de telles confidences provenant de la bouche d'une femme aussi magnifique et qui semble si forte. Malheureusement pour Florence K la génétique et probablement la pression de la carrière qu'elle a choisi (ou qu'elle se met à elle-même, je ne saurais le dire) a eu raison de son équilibre mental fragile.

Je dois vous avouer que lorsque j'ai lu cette autobiographie, je n'allais moi-même pas très bien. Je venais d'être mise en arrêt maladie

florence300et je recherchais des lectures qui me réapprendrais à lire, qui m'attirais. Sans avoir totalement rempli ce rôle, ce livre m'a plutôt fait sentir comme si je me plaignais le ventre plein, j'étais à des années lumières de croire que la dépression pouvait nous amener jusque là ! L'histoire de Florence K est d'autant plus déstabilisante si l'on est soi-même une mère. Je ne pouvais m'empêcher de penser combien cela devait être difficile pour la chanteuse de savoir son enfant si proche et d'être incapable de s'en occuper convenablement, d'essayer tant bien que mal de lui cacher sa dépression. Comme elle devait avoir l'impression que tout lui glissait entre les mains et que ses relations familiales s'étiolaient ! 

Avec cette autobiographie, Florence K m'a donné envie de remercier Dieu de ne pas avoir eu à toucher le fond avant de ressentir le besoin urgent de remonter. Je ne suis pas de la même fibre qu'elle, je ne saurais pas porter sur mes épaules dix mille projets, me lancer à fond dans plein de passions et devenir prof de yoga afin d'atteindre la zénitude. Tout cela, moi, je dois le faire lentement, à la vitesse d'une tortue me semble-t-il et pourtant, je ne m'en sens pas plus mal car avec son livre Florence K nous dévoile son mal mais aussi celui de toute une époque, la nôtre. Nous avons donc tous nos souffrances à combattre mais, comme je l'ai découvert il y a déjà quelques années, nous ne possédons rien ici-bas, sauf la vie.

Vous savez, alors même que j'écris ce billet et que je retranscris les extraits que j'ai sélectionné je ressens l'envie de relire ce livre (chose que je ne fais jamais), les émotions se bousculent alors que je relis certaines lignes et j'en ai les larmes aux yeux. Ça me donne même envie de me remettre à écrire, c'est étrange ...

Extraits

« Mais même si j'essaie de toute mon âme, de tout mon coeur, de tout mon être de revenir les deux pieds sur terre, c'est raté. Je suis aspirée. L'anxiété remonte à la surface, de plus belle, accompagnée petit à petit de pensées autodestructrices envers ma personne. » p.85

« Je regarde ma mère, qui vient pour la première fois de briser sa façade, sa contenance, son amour du bonheur et du travail constant vers celui-ci. Je me sens comme un monstre. Elle n'avait pas besoin de ça. Elle pleure toujours. Je veux la réconforter, mais je n'y arrive pas, et je lui lance : « Maman, calme-toi, s'il-te-plaît. C'est pas toi qui es à l'hôpital, là, c'est moi. » Je suis sous le choc. Je viens de me rendre compte que, dans le tirage au sort de l'ADN, je suis probablement, dans ma famille, celle de ma génération qui est venur au monde avec le gène de la maladie mentale et du suicide. J'ai l'impression d'avoir raclé les fonds de tiroir de la génétique de tous ceux de mon arbre généalogique qui se sont donnés la mort. Je me dis : Fuck. Je suis condamnés. » p.183

Source de l'image :
- http://fr.canoe.ca/divertissement/musique/entrevues/2011/02/03/17139036-jdm.html

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