01 juillet 2016

Une prière pour Owen

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John Irving

France Loisirs

1990

664 pages

 

« « Si je suis condamné à me souvenir d'un garçon à la voix déglinguée - ainsi commence le nouveau roman de John Irving-, ce n'est ni à cause de sa voix, ni parce qu'il fût l'être le plus petit que j'aie jamais connu, ni même parce qu'il fût l'instrument de la mort de ma mère. C'est à lui que je dois de croire en Dieu ; si je suis chrétien, c'est grâce à Owen Meany. »
Âgé de onze ans, Owen en paraissait six à peine. Mais sa frêle enveloppe dissimulait une volonté de fer, une foi absolue et la conviction profonde qu'il était l'instrument de Dieu. Bien des années plus tard, depuis le Canada où il s'est installé, John Wheelwright évoque avec nostalgie le puzzle de sa jeunesse, dans une petite ville du New Hampshire : la vie de collégien, les premiers émois amoureux, la quête du père inconnu, les débuts sournois de la guerre du Vietnam ; et par-dessus tout l'amitié parfaite avec Owen.
Roman initiatique, où alternent le burlesque et le tragique, tableau d'une génération sacrifiée, chronique insolite au délire soigneusement contrôlé, John Irving est ici plus que jamais inspiré par l'ange du Bizarre. Un ange qui pourrait bien s'appeler Owen Meany.» 4e de couverture

59718163_pBillet écrit avec un cerveau de femme qui vient d'accoucher et qui dort pas gros gros
Je suis loin d'être à mon premier livre de John Irving, un peu comme Anne Rice et comme trop peu d'auteurs, lentement mais sûrement je suis en train d'éplucher tout ce qu'il a écrit et jusqu'ici, une seule déception, que de l'émerveillement. Vous l'aurez comprit, ce livre n'a pas été une déception, je pense que personne ne pourrait être déçu d'un tel livre. Owen est si particulier, si intrigant, comment ne voudriez-vous pas découvrir son mystère et devenir l'intime du fils de Dieu revenu sur la Terre ? Du moins, c'est ainsi qu'il se perçoit et pourtant, plusieurs indices nous font comprendre que rien chez ce garçon n'est ordinaire. Il ne fait rien pour rien, chaque geste a sa raison et se répercutera dans la suite du livre. Ah, j'adore ce genre d'intrigue. J'adore la puissance des personnages inventés par John Irving. Pour une raison que j'ignore j'ai remarqué que l'auteur avait un faible pour les gens de petite taille (parfois nain, parfois simplement plus petit comme Owen) à qui il donne souvent de très grand rôle, ils deviennent des personnages clés doués soit de grand talents, soit d'une grande intelligence. Mais ce qui me plaît encore plus c'est que souvent ils ne sont pas les narrateurs. Ainsi, nous découvrons Owen au travers des yeux de son ami John qui lui-même est un garçon plutôt effacé sans grande capacité mais qui aura la chance d'avoir un ami qui se sacrifiera pour lui permettre d'avoir un avenir. Alors que John désire découvrir qui est son vrai père, il ne met pas beaucoup d'efforts dans ses recherches et c'est Owen, planifiant toujours tout, qui tentera de le dénicher. De même pour ses études qui battent de l'aile, John n'a aucune ambition et ne s'imagine pas réussir quoique ce soit car il est lent dans son apprentissage et c'est Owen qui trouvera les outils pour l'aider, qui l'encouragera, comprenant qu'il n'est pas stupide. Vraiment, comment ne pas aimer un tel garçon ? 

Une prière pour Owen est un tableau des années 60 et de la Guerre du Vietnam que l'auteur décrit avec beaucoup d'amertume, tout comme les décisions politiques américaines en général, semble-t-il. Alors que je ne connaissais rien de cette fameuse guerre, j'ai découvert au travers des yeux de cette jeune génération sacrifiée toute l'absurdité et l'horreur que cela devait être que de vivre à cette époque. Autour de John gravite des jeunes hommes prêts à tout afin d'éviter d'être envoyé au combat mais aussi ceux partis qui ne reviennent pas et ceux (complètement fêlés) qui rêvent d'aller tuer du Viet. John qui quittera les États-Unis pour le Canada et deviendra professeur de littérature nous servira en quelque sorte d'historien et critique politique pour ceux qui, comme moi, ne sont pas calé dans le domaine. Un fond historique très déstabilisant mais qui jette un nouvel éclairage sur une époque qui n'a peut-être pas beaucoup marqué les Québécois en général.

Ce livre est, selon moi, pourvu du même génie littéraire que Le monde selon Garp et L'hotel New Hampshire, malgré son épaisseur il se lit avec fluidité grâce à la merveilleuse plume de l'auteur américain. Si certain qualifie Une prière pour Owen de meilleur livre de John Irving, pour ma part, je reste fidèle à Le monde selon Garp mais assurément, ce roman peut très bien être une porte d'entrée afin de découvrir l'auteur et tous ses thèmes récurrents.

Petite parenthèse, John, le personnage principal, étant professeur de littérature, plusieurs envies m'ont poussé à aller creuser dans ma bibliothèque afin de mettre dans ma PAL Justine de Durrell. Beaucoup d'autres titres sont mentionnés tout au long du livre (dont Hardy que je n'ai jamais lu, je pense qu'il faut que je modifie la situation) ce qui me donne quasiment envie de partir un challenge tiré des lectures inspirées par les auteurs. J'ai d'ailleurs quelques livres dans ma PAL qui irait très bien dedans. Bon, c'est beau rêver, je ne pense pas avoir le temps mais on ne sait jamais ...

Extraits :

- « Par la bouche de Mrs. Hoyt j'entendis pour la première fois que critiquer un président américain n'était pas anti-américain ; critiquer la politique américaine n'était pas antipatriotique ; et que désapprouver notre engagement dans une guerre contre les communistes n'équivalait pas à soutenir le communisme. Mais de telles distinctions dépassaient l'entendement de la plupart des concitoyens ; aujourd'hui, elles dépassent l'entendement de la plupart de mes anciens compatriotes américains. » p.147

Posté par GeishaNellie à 00:00 - Littérature américaine - Commentaires [4] - Permalien [#]

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Commentaires sur Une prière pour Owen

    Un des rares que je n'ai lu encore de Irving. Très beau billet.

    Posté par Suzanne, 02 juillet 2016 à 15:11 | | Répondre
    • Alors je te le suggère vivement. Je pense bien que c'est un incontournable d'Irving.
      Merci beaucoup pour le compliment c'est parfois bien difficile d'écrire avec le cerveau fatigué😉

      Posté par GeishaNellie, 04 juillet 2016 à 16:42 | | Répondre
  • Un de mes livres préférés à vie! Hardy, j'ai lu Tess of the D'Ubervilles, excellent mais pas facile à lire en VO.
    Là je suis en train de lire le dernier Irving, Avenue of Mysteries..

    Posté par Grominou, 13 août 2016 à 19:25 | | Répondre
    • J'espère bien avoir aussi le courage de me plonger dans un Hardy un jour mais certainement pas en VO !! Je n'y arriverait pas.
      Il me reste encore tellement de livre d'Irving à lire ouf !

      Posté par GeishaNellie, 19 août 2016 à 13:21 | | Répondre
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