05 janvier 2018

Maleficium

maleficiumMartine Desjardins

Alto

2009

187 pages

 



«Pardonnez-leur, mon père, car ils ne savent pas ce qu'ils ont fait.
Pardonnez à ces sept hommes victimes d'étranges maléfices, venus chercher dans le confessionnal une oreille attentive au récit de leur infortune et implorer le salut de leur âme souillée par la curiosité et la faiblesse de la chair. Pardonnez aussi à cette femme calomniée, emmurée dans un cruel silence, car elle sait bien ce qu'elle a fait. 
Pardonnez enfin à l'homme de Dieu qui a recueilli leurs aveux et brisé le sceau de la confession en les transcrivant dans un ouvrage impie. 
Lecteur, vous tenez entre vos mains une version remaniée mais non expurgée du mythique Maleficium de l'abbé Savoie (1877-1913), prêtre sacrilège dont on sait peu de chose, sinon qu'il termina ses jours cloîtré dans un monastère après avoir été mystérieusement frappé de surdité. Sachez que la lecture de cet ouvrage délétère pourrait provoquer un certain malaise chez les âmes pures, exciter les sens ou éveiller des désirs inavouables, et qu'en cédant à ses charmes vous risquez d'encourir l'excommunication. Vous voilà averti.» Dos de couverture.

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J'ai passé par un trip de lecture d'horreur récemment et je voulais dévaliser tout ce qui a trait à ce genre dans ma PAL. Je croyais de façon erronée que ce livre qui traîne dans ma PAL depuis longtemps en faisait partie, mais avec la confession de ces sept hommes nous sommes plutôt dans le fantastique et dans le baroque. Contrairement à ce que pourrait faire croire la couverture de cette ancienne édition, il n'y est pas vraiment question d'érotisme quoique nous revisitons effectivement le péché originel avec ces hommes séduits par une femme sacrilège. Dans chaque récit, cette femme, clairement la même, possède un étrange pouvoir qui leur portera à tous une malédiction éternelle. Le récit se passe au 19e siècle, dans l'isoloir d'un prêtre catholique ci-haut mentionné et ces récits plus étranges les uns des autres, servira à la création du Maleficium, un livre maudit.

Commençons, pour faire changement, par le pot et viendront les fleurs ensuite. Je dois donc avouer que ma lecture si attendue du Maleficium n'a pas été concluante. Je me suis vite ennuyée, car on aura beau dire ce que l'on veut et mettre n'importe quelles étiquettes sur ce livre, il n'en reste pas moins qu'il possède la structure d'un recueil de nouvelles. Genre injustement, peut-être, dédaigné de votre blogueuse ci-présente. Malheureusement, je n'ai jamais réussi à apprécier les nouvelles sauf peut-être lorsqu'il s'agissait de petites histoires complètes et non pas de moments précis dans la vie d'un personnage. Les deux seuls recueils qui ont soustrait à mon animosité envers ce genre sont Deux cercles de Ryad Assani-Razaki et Rue Deschambault de Gabrielle Roy. Vous en conviendrez avec moi qu'il s'agit certes d'une excellente raison de ne pas accrocher à une lecture, mais n'en est pas une pour écarter du revers de la main cette oeuvre de votre LAL. 

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Maintenant, voici les fleurs que je promettais. Chacune des confessions de ces hommes raconte la spécialité qui leur est propre et j'ai été fort étonnée de voir la diversité des sujets abordés. Je ne peux qu'être subjuguée à l'idée du temps de recherche passé par l'autrice afin d'écrire ce roman. Elle nous jase aussi aisément d'épices orientales, de savons artisanaux, d'écailles de tortues, de roses ou d'insectes utilisés lors de la pêche. Assurément, l'ennui n'est pas au rendez-vous dans cette lecture! D'ailleurs, l'écriture de grande qualité de Martine Desjardins accroche le lecteur, nous bombarde de détails et nous dessine avec précision des lieux où nous nous imaginons mettre les pieds un jour. Pas une seule minute, je n'ai douté d'avoir entre les mains l'oeuvre d'une grande autrice, d'ailleurs les prix qu'elle a remportés ou auxquels elle a été finaliste, en sont la preuve. 

Lors de la lecture de la dernière confession (la seule nouvelle que j'aurai finalement, vraiment appréciée), la maîtrise de l'histoire que possède merveilleusement Martine Desjardins m'aura carrément soufflée. Cette dernière partie est écrite avec beaucoup plus de crudité que le restant du livre. Ici, il n'y a pas d'édulcorant à la réalité, mais plutôt une triste vérité qui doit être racontée aux lecteurs qui seront déjà passés par beaucoup de récits aux teintes les plus variées de l'imagination. C'est aussi avec ce changement de ton que l'on se rend compte comme l'autrice est protéiforme même si, au final, le récit garde les saveurs du fantastique. Cette nouvelle aura «rachetée » à mes yeux, le recueil au complet.  

Je ferme Maleficium avec beaucoup de tristesse et une envie de lire amoindrie, mais je sais que ce n'est que partie remise. Un jour, je redécouvrirai Martine Desjardins avec plaisir, j'en suis sûre. 

dentelle


Commentaires sur Maleficium

    Je l'ai chez moi... mais j'hésite parce que les nouvelles, c'est toujours un tout ou rien avec moi. Mais j'ai envie de découvrir la plume.

    Posté par Karine, 05 janvier 2018 à 18:19 | | Répondre
    • Je suis tout à fait comme toi! Heureusement, j'ai un autre livre de cette autrice donc je pourrai me faire une meilleure idée.

      Posté par GeishaNellie, 05 janvier 2018 à 19:38 | | Répondre
  • Je n'ai pas encore lu ce livre bien qu'il soit dans ma biblio depuis des lunes mais j'ai lu ''La chambre verte'' que je me permets de te conseiller. Vois mon billet ici: http://baladeschezsue.blogspot.ca/2016/06/la-chambre-verte-martine-desjardins.html

    Posté par Suzanne, 13 janvier 2018 à 15:30 | | Répondre
    • Cool, tu me donnes envie de le lire! Mais c'est vrai que c'est l'originalité de cette autrice qui me plaît tant. J'espère bien que, cette fois, je vais être séduite.

      Posté par GeishaNellie, 13 janvier 2018 à 20:10 | | Répondre
  • Dommage. Avais-tu déjà lu l'auteure?

    Posté par isallysun, 15 janvier 2018 à 18:31 | | Répondre
    • Non, mais je veux vraiment m'essayer avec un autre de ses livres, car je crois qu'il s'agissait seulement du fait que le format était des nouvelles.

      Posté par GeishaNellie, 15 janvier 2018 à 20:18 | | Répondre
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