05 février 2018

10 jours dans un asile

9782757859780Nellie Bly

Points

156 pages

2015

 

 

«Engagée en 1887 au New York World du célèbre Joseph Pulitzer, Nellie Bly a pour mission de se faire passer pour une folle et d'intégrer un asile d'aliénés, le Blackwell's Island Hospital à New-York. Elle y reste dix jours et en tire un brûlot. Dans ce reportage «undercover» elle met en lumière les conditions épouvantables d'internement des patientes ainsi que les méthodes criminelles du personnel.» dos de couverture.

 

110944937

 

L'histoire de cette journaliste hors du commun qui s'est lancée dans une aventure qui n'avait jamais été tentée, pire qui aurait pu gravement nuire à sa santé, pire qui aurait pu très mal virer, me tentait depuis fort longtemps. J'avais entendu parler de 10 jours dans un asile à quelques reprises, mais je craignais que de me lancer dans sa lecture fût futile, après tout, il relate les conditions d'internement à la fin du 19e siècle et que m'apporterait-il? La réponse : être le témoin durant un fugitif moment d'une expérience capitale qui a changé le journalisme, mais aussi les soins accordés aux patients dans les asiles new-yorkais. Effectivement, après la publication de ce qu'elle a vécu lors de son internement, Nellie Bly a eu la fierté de voir le gouvernement offrir un million de dollars à ses asiles afin que cessent les brutalités envers les patients. 

Nellie Bly a passé à l'histoire et ce, à de nombreuses reprises. Mais en lisant ce qu'elle a subit et ce que les autres femmes ont subi de

nellie-bly-1

la part des infirmières, principalement, je me suis rendue compte comme cela était dangereux et comme elle a mérité cette petite gloire. C'était courageux et insensé, mais c'était nécessaire, car clairement, à cette époque, on pouvait se débarrasser de sa femme/mère/fille/amie beaucoup trop facilement en plaidant sa folie. Effectivement, de nombreuses patientes autour d'elles n'étaient pas plus folles que Nellie, plusieurs ont souffert ou souffraient d'une longue maladie ou bien ne parlaient même pas la langue du pays. Un séjour dans un asile qui n'est pas chauffé, où elles sont très mal nourries, très mal vêtues et surtout, maltraitées de toutes les façons possibles, a dû sonner le glas de plusieurs vies fragiles. Il n'y avait clairement aucun traitement à l'époque, on enfermait simplement ces femmes entre quatre murs et alors, elles n'avaient plus de voix.

Si les traitements des patients, la facilité de faire interner quelqu'un et l'absence complète de thérapie m'ont complètement sidérée, j'avoue qu'une bonne partie de ma lecture a été d'un terrible ennui. Il manquait de détails une fois dans les murs de l'asile alors que la façon dont la journaliste a réussi à être internée prend à peu près le tiers du récit ce qui a drôlement affaibli mon envie de lecture dès le début. Il y avait pourtant pire lecture, car à la suite de 10 jours dans un asile l'on peut lire deux autres petits reportages: Dans la peau d'une domestique: une étrange expérience dans deux bureaux de placement ainsi que Nellie Bly, esclave moderne: une immersion dans une fabrique de boîtes. Les titres disent tout. Si j'ai bien apprécié le second reportage, quoique j'avais l'impression que la journaliste tapait sur la tête des propriétaires d'une petite usine alors même que les conditions de travail étaient spécialement terribles partout, le premier,lui, m'a semblé complètement futile. Au départ, Nellie Bly devait se trouver un poste comme domestique, mais elle n'a jamais passé au-delà de la porte des bureaux de placement qui avait tant de filles à placer que la journaliste n'a jamais eu la patience d'attendre... Je ne dis pas que les propriétaires de ces agences de placement ne sont pas des crosseurs (pardonnez le terme), mais il me semble qu'elle aurait dû se renseigner plus avant de se lancer dans un reportage qui n'a jamais abouti.

Finalement, je sors de cette lecture plutôt déçue, car j'ai l'impression de n'avoir rien appris sur le traitement des maladies mentales à cette époque. Ceci étant dit, je lève ma coupe de vin au courage de la défunte Nellie Bly qui a bouleversé le domaine journalistique et le traitement des femmes.

dentelle


Commentaires sur 10 jours dans un asile

    Ah, dommage alors. Si je l'avais lu, ça aurait été justement pour en apprendre davantage.

    Posté par Karine, 11 février 2018 à 09:07 | | Répondre
    • Moi aussi. Malheureusement, je n'ai pas été vraiment servie. En fait, il n'y avait aucun traitement, bref les gens étaient parqués là et ils ne faisaient rien pour les aider. Donc, zéro au niveau du traitement des maladies mentales.

      Posté par GeishaNellie, 11 février 2018 à 19:35 | | Répondre
Nouveau commentaire