La bouquinerie au coin des deux colombes

Pour tous les passionnés de littérature, des livres à la tonne !!

19 février 2009

L'instant où tout a basculé

untitledSylvain Augier

Les éditions Carnets Nord

2008

248 pages

Sylvain Augier était un homme que je ne connaissais aucunement (pardonnez-moipardonnez-moi, mais je n'ai pas une grande connaissance de la culture française emoticones expressions) jusqu'à ce que je reçoive ce petit cadeau de Chez les filles et Carnets Nord. Cette autobiographie raconte l'histoire de Sylvain Augier (da !), animateur de radio et de télévision qui, après un grave accident de parapente, voit sa vie changer de façon radicale. Avec caractère il se refuse à perdre son pied et il doit passer par des souffrances physiques véritablement atroces. Mais ce qu'il nous dévoile c'est bien plus qu'une simple force de caractère, c'est un homme passionné par la vie, amoureux de sa famille, adorant (pendant un temps du moins) les sports extrêmes, mais aussi un humain comme les autres ayant souffert de la peur, de la dépendance aux analgésiques, du silence, mais qui malgré tout s'est accroché et a surmonté toutes les épreuves comme un apprentissage essentiel à son évolution. Il l'avoue lui-même qu'il a commis des erreurs, qu'il a chuté parfois, mais il s'est toujours relevé ... plus passionné qu'avant !

Commentaires etoileetoileetoileetoile

Je n'ai pas besoin de le dire, mais je n'aime pas beaucoup les autobiographies. Toutefois, tout cela change quand la personne qui nous raconte son histoire à un tel cheminement de vie ! C'est exceptionnel de voir à quel point cet homme a une force de caractère hors du commun ! Lorsqu'on lui refuse le travail qu'il veut faire le plus au monde, il cogne et cogne à d'autres portes, il embête les gens et les séduit jusqu'à obtenir d'atteindre ne serait-ce que le plus bas des paliers.

S'il est vrai qu'une certaine partie de l'histoire tourne autour de l'accident de parapente qui a bien faillitarton990 coûter la vie à Sylvain, ce n'est tout de même qu'un des nombreux souvenirs de son existence nous menant inéluctablement vers les autres bien souvent, tout aussi passionnant. Je trouve dommage que l'on ai surtout fixé l'attention sur cet évènement, car je crois que l'auteur a bien plus à offrir que cette simple sensation forte, puisque sa philosophie de vie devrait être pris en exemple ! Tout malheur devrait être accepté avec la même sérénité que celui-ci le fait. Une seule question me chicote, est-ce que ce livre nous donne à croire qu'une vie de sensations fortes où braver la mort est régulier est la plus belle des existences ou la plus stupide ? Quoiqu'il en soit, une belle autobiographie à emporter partout sur soi !

Extrait du livre :

<< Des années plus tard, quand je repense à ce jour, à cette seconde, aux alentours de 17 heures, le 24 août 1988, où tout a basculé, où la mort m'avait donné fermement rendez-vous et où je lui ai fait faux bond, j'en tremble encore, je l'avoue. Parce qu'aujourd'hui je sais ! Je mesure le terrible accident dont j'ai souffert et ses conséquences, les mois d'hôpital, de rééducation, les opérations successives, je connais la douleur épouvantable qui ne m'a plus jamais quitté, depuis des années, qui m'a conduit très loin dans l'aliénation et ne m'abandonnera plus jusqu'au dernier jour. >> p. 17 

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18 juin 2008

Une femme

Une_femme__pochette_Anne Delbée

Éditions Presses de la Renaissance

383 pages

1982

En 1864 naît une des plus grandes artistes de son temps, une sculpteuse de renom dont les oeuvres toucheront le public même à notre époque : Camille Claudel. Malheureusement, à la fin du XIXe siècle/début XXe siècle être une femme et être sculpteur ne faisait aucunement bon ménage et elle passera sa vie à être l'élève du grandcamille_claudel Auguste Rodin (et sa maîtresse aussi) ou bien la soeur d'un fabuleux romancier, Paul Claudel. Sa vie entière, elle devra se battre pour avoir une place parmi les grands artistes, mais elle fuit avec dégoût les endroits mondains où elle pourrait se faire un nom, comme eux le font, comme son précieux Rodin le fait.

D'un caractère indépendant et extrêmement fort, la vie de Camille Claudel est une bagarre incessante pour elle. Elle ne veut pas rester dans l'ombre et ne veut pas vendre son âme afin de vendre ses oeuvres. Passionnée jusqu'au bout des ongles, aimé par plusieurs grands hommes, pourtant c'est une fin bien triste qui attendra la chère héroïne de Mme. Delbée soit l'internat pendant trente ans ! Un génie enfermé entre quatre murs ! Plus aucunes sculptures pendant trente ans ! Ses mains inactives qui se posent sur un lit blanc crasseux ! Voilà l'histoire de Camille Claudel.

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gif

Vous aurez sûrement remarqué que j'ai abandonné le Challenge ABC 2008 l'espace d'un instant afin de lire ce livre qui m'a été offert lors du SWAP adulte c'est que je recherchais dans ces pages de quoi m'inspirer afin de pouvoir continuer à créer, tout comme la fait avec brio Sergio Kokis. Si les descriptions des oeuvres de Camille Claudel sont surtout empreintes de romantisme et très peu des détails techniques qui inspirait mes créations, l'histoire de l'artiste, elle, fut vraiment une révélation. La passion que la jeune femme ressentait en créant, l'auteur sait nous la faire partager dans ses mots et l'on comprend à ce moment que pour créer un tel roman, il a fallut à Anne Delbée un amour incroyable envers Mlle. Claudel, ses oeuvres, sa force, son histoire ...

Ce que vous trouverez dans ces pages ce n'est pas comment créait Camille Claudel, quels outils elle utilisait,anne_delb_e comment elle percevait les corps qu'elle recréait, mais bien dans quel état d'esprit elle les faisait et tout ce qui entoure son mode de création, sa vie personnelle. Durant la lecture, on goûte beaucoup à la souffrance psychologique que doit vivre l'artiste, que ce soit à travers les lettres envoyées alors qu'elle est internée ou bien par la solitude et la pauvreté qu'elle doit subir tout au long de sa vie. Pour son art, Claudel aura tout sacrifié même son amour pour Rodin et s'est ces sacrifices là que l'auteur nous dépeint avec amour et patience.

Bien entendu, je me plains un peu du fait que sur la sculpture, en fin de compte je sors de cette lecture en n'en sachant rien de plus qu'en y entrant, mais aussi de l'état d'esprit dans lequel ce livre peut nous mettre. Effectivement, les dernières pages consacrées à son internat, alors qu'elle commence à perdre la tête, sont écrites de façon saccadée où comprendre la logique des phrases est chose impossible et si cela sait parfaitement nous faire comprendre le début de la folie qui ronge Claudel, on a parfois l'impression qu'elle nous guette aussi. Disons donc, que j'avais bien hâte de terminer ces dernières pages, mais l'annexe qui suivait était fort captivant. Il s'agissait en effet d'un article publié par M.Mathias Morhardt qui applaudit les oeuvres de Claudel et c'est grâce à celui-ci que l'on comprend un peu mieux la façon dont elle créait.

Extrait du livre

<< Camille avait compris que sa piètre allure ne tarderait pas à nuire à la qualité de sa sculpture. Enfin, on aurait << pitié >> d'elle. Son art luxueux, ses marbres polis, la taille qu'elle pratiquait, raffinée, la débauche de beauté qu'elle proposait, ses patines dorées qui évoquaient la Renaissance, l'opulence étalée dans ce qu'elle exposait ne s'accordaient pas à la femme. >> p.282-283

Autre livres de l'auteur

- Jean Racine (2004)
- Il ne faut regarder que l'amour (2002)
- Le sourire de Sarah Bernhardt (2000)
- Danse (1999)

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05 décembre 2006

Anne Rice : La reine des vampires

image001Katherine Ramsland

Claude Lefrancq Éditeur

543 pages

Comment faire le résumé d’une biographie ? Une biographie garde toujours plus ou moins le même modèle et celle-ci n’en diffère presque pas. La seule chose qui est différente dans cette biographie c’est que je l’ai aimé ! non pas juste ça, je plaisante, il s’agit en fait de l’approche très psychologique avec laquelle Katherine Ramsland aborde les écrits de Anne Rice. Lorsque vous pensez à Anne Rice vous devez automatiquement l'associé à sa fameuse série des vampires ou des sorcières et rien de plus, mais si cette auteur n'était que cela : la créatrice de ces deux mondes fantastiques, elle n’aurait pas prit une si grande importance pour moi.

En fait, s’est tout ce qui entoure les vampires qui me fascine, c’est l’androgénie, la bisexualité, mais aussi l’ouverture d’esprit que j’adore dans ses écrits et la biographe Katherine Ramsland nous en parle en long et en large. Elle nous dévoile non seulement toute la vie de l’auteure, mais aussi tout ce qui a peuplé l’imagination de Anne Rice alors qu’elle écrivait ses nombreux romans. On découvre alors à quel point elle nous a donné une partie d’elle-même. Effectivement, tous les écrits de Rice sont inextricablement liés à sa propre vie de femme. Son personnage de Claudia est inspirée de sa fille Michèle, morte de la leucémie, qu’elle n’a pas pu sauver ni dans la vraie vie ni dans son roman. Lorsque l’enfant vampire est morte, c'était Anne qui faisait ses adieux à sa fille. La mère immortelle de Lestat, c’était son désir d’avoir eu le pouvoir de donner une telle chance à sa propre mère, mais cette immortalité c’est aussi sa peur de la mort et de la vieillesse ; le feu qui détruit les vampires c’est sa peur à elle aussi et cette bonté qui habite ces personnages pourtant assoiffés de sang c’est sa propre croyance en la bonté humaine.

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gif

En fait, ce qui caractérise cette biographie c’est l’incroyable qualité d’écriture de Katherine Ramsland, elle comble cette énorme lacune que l’on retrouve dans les biographies québécoises. Elle a même su m’apprendre à apprécier ce genre. Cette biographie a aussi la qualité d’écrire autant sur la vie personnelle de l’auteure que sur ses œuvres. Au fur et à mesure que les romans de Anne étaient publiés, Katherine prenait le temps tout d’abord d’en faire un résumé plutôt important, puis une analyse, ainsi que la liste des critiques qui ont été publiées sur le livre, positives ou négatives et finalement, l’impact de cette sortie littéraire sur Anne.

Donc, c’est une biographie extrêmement détaillée, ça on peut le dire et c’est ce qui en fait son point fort et son point faible. Effectivement, c’est extrêmement intéressant de faire un retour avec une telle profondeur sur chacune des œuvres de Rice, mais les analyses qui sont faîtes sont souvent très pesantes et difficiles à comprendre (principalement quand on est fatiguée !!). En bref, j’ai malgré tout véritablement adoré ce bouquin et je le suggère à tout le monde qui, comme moi, sont des fans de Anne Rice, mais il est long et difficile à comprendre, de plus il a le mauvais inconvénient d’avoir été terminé en 1990, alors que sa carrière a tellement progressée plus à fond après cette date et le meilleur était à venir, donc c’est un peu dommage de ne pas pouvoir avoir la compréhension des autres romans qui sont de plus en plus succulents à lire. Mais je vous le conseille tout de même !!

Autres livres de l'auteur :

- C.S.I. effect (2006)

- etc.

Posté par geishanellie à 03:57 - Littérature de biographie/autobiographie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 janvier 2006

Ma vie de geisha

image001Mineko Iwasaki (avec l'aide de Rande Brown)

Michel Lafon

349 pages

Ce récit à saveur autobiographique raconte comment la jeune Masako Tanaka devint l’une des plus grandes geishas du XXe siècle, Mineko Iwasaki, adulée de tous, chérie des hommes et jalousée de toutes les geikos travaillant à Gion-Kobu. Tout cela commence à Yamashina, une banlieue de Kyoto dans la famille surpeuplée des Tanaka où naît en 1949, la benjamine, Masako. L’enfant mène une vie tranquille auprès de ses frères et sœurs où elle prend l’habitude de se cacher dans les placards pour se retrouver seule jusqu’au jour de ses trois ans où une vieille femme du nom de Mme Oïma se présente à la maison afin de s’enquérir du désir de Tomiko (la grande sœur de Masako) de devenir une geisha de son okiya. Il se trouve que cette Oïma est justement la propriétaire de l’okiya Iwasaki qui cherche désespérément une fille adoptive pour sa succession. Voilà donc que la grande beauté de la jeune Masako séduit Mme Oïma qui voit miroiter des rêves d’adoption, mais ses parents sont sceptiques à cette idée puisqu’ils ont déjà cédé trois de leurs filles à cette okiya et que celle-ci est leur préférée. Quoique détestant l’idée d’être séparée de sa famille et de ses petites habitudes, la jeune fille finit par accepter cette nouvelle vie.

Commence dès lors une existence plutôt difficile, quoique moins que celle de simple geiko, puisque Masako, maintenant devenue Mineko est une atotori (une fille adoptive) et que les autres lui doivent le respect. Malheureusement, la jalousie des autres maikos (apprentie geisha) pèse beaucoup sur elle et croyant faire naître leur respect devant son acharnement, elle se met à travailler sans aucune minute de répit. Mineko a aussi un caractère si bouillant qu’elle ne supporte aucune impolitesse, tous gestes déplacés des clients est automatiquement punis. En fait, cette grande geisha a peut-être un caractère trop bouillant pour son métier ...

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gif

Ce livre quoique étant fort intéressant a, me semble-t-il, utilisé la popularité du roman de Arthur Golden, Geisha, dont la publication a précédé celui de Mme Mineko Iwasaki. Je ne dis pas là qu’il n’est pas intéressant, bien au contraire ! Il nous amène dans une toute autre sphère de la vie des geishas et cela est d’autant plus intéressant que celle qui nous le décrit l’a elle-même vécue. Si Golden nous a raconté l’histoire tragique d’une jeune geisha de bas niveau devenue atotori, par opposition à sa vie de souffrance Iwasaki nous conte un récit tout autre, celui bien plus gaie, d’une jeune fille gâtée par la vie dont les seules malheurs qui lui sont affligés sont soit un revers de médaille dut à sa popularité soit un résultat de son caractère d’enfant gâtée.

Bien entendu, le roman nous est écrit d’une main plutôt malhabile avec des structures de phrase simple, rien de bien complexe, mais le vocabulaire, lui, souffre bien du contraire, l’auteur utilise les mots japonais pour désigner son ancien mode de vie, si bien que l’on finit parfois par se perdre dans toute cette complexité. Je ne m’en plains pas trop, car je préfère la véracité dans ce cas-ci, à la fiction. Pour dire vrai (et court), j’ai aimé ce roman qui m’a diverti et m’a transporté dans ce monde qui me plaît tant, mais c’est l’héroïne qui me chicotait quelque peu. Il s’agit d’une jeune fille qui ignore même comment se faire du thé ! (j’entends déjà Mme Iwasaki me dire : << Mais comprenez un peu !! >>) complètement inapte à survivre seule, totalement dépendante des autres, enfant gâtée de surplus et qui a rasée son okiya pour en faire un nightclub, alors que cette bâtisse était vieille de cent ans !! Cent ans putain ! J’en pleure à penser qu’une telle chose s’est faite et sous les ordres d’une gamine inconsciente en plus ! Mais bon, cela est positif au fond, ça signifie que l’histoire m’a touchée et je peux dire que sans en faire un de mes classiques, c’est une lecture que je conseillerai à tout ceux qui adorent autant l’histoire que celle plus spécifique, des geikos, mais je suggère toutefois de lire le livre de Arthur Golden (que j’ai noté comme un de mes classiques) avant de se lancer dans ce livre dont les termes sont plutôt lourds à assimiler.

Autre livre de l'auteur :

- Geisha, A life (2002)

Posté par geishanellie à 12:06 - Littérature de biographie/autobiographie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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