La bouquinerie au coin des deux colombes

Pour tous les passionnés de littérature, des livres à la tonne !!

06 juillet 2008

Les exclus

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Elfriede Jelinek (1946-)

Éditions Jacqueline Chambon

273 pages

1994

Vienne dans les années cinquante, l'après-guerre. À cette époque, la jeunesse n'a pas encore de culture qui lui est propre, elle vogue entre le passé toujours omniprésent et ses rêves d'avenir. C'est dans ce cadre, que l'auteur implante ses personnages. Tout d'abord les jumeaux Witkowski, Rainer et Anna qui amoureux de la culture l'étale autour d'eux avec arrogance tout en essayant de cacher tant bien que mal leur origine très pauvre. Pourtant, leur mère venait d'une famille de professeurs, mais désormais elle fait les ménages chez les riches et fait la pose pour l'appareil photo du père, ancien S.S., maintenant unijambiste et photographe érotique. Il y a aussi Hans, né dans le quartier ouvrier, d'une famille qui toujours se sera battue pour le droit des travailleurs au point même où son père en a perdu la vie. Hans, lui, rêve de vivre une vie de riche au grand désespoir de sa mère qui croit le voir << quitter le bon chemin >>. Puis, il y a Sophie, gamine de riche, elle est insaisissable, rien ne la touche même pas l'amour que Rainer et Hans ressente pour elle.

Ensemble, ils commettront des agressions afin de s'approprier l'argent de leurs pauvres victimes. Rêvant constamment de réaliser des délits encore plus grave, Hans et Sophie iront jusqu'à poser une bombe. Toujours avides de faire leurs preuves, ils établiront des plans d'actes criminels de plus en plus violents et cruels. Justement, c'est sur une scène au comble du cruel et du sanguinaire que le livre se termine.

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Si la pédanterie des jumeaux WitkoswkiWitkoswkiWitkoswkiWitkoswki peut énerver, l'étendu de leur culture même si souvent mal utilisée, étonne et séduit. Les rêves de Hans de s'élever au-dessus de la masse pauvre des travailleurs et son désir d'étudier et d'accumuler de la culture nous attache aussi à ce personnage. Sophie, elle, nous semble complètement distante, elle est un personnage insaisissable au-dessus de tout, sans véritable rêves, son avenir étant déjà tracé peut-être ne lui reste-t-il qu'à vivre le moment présent et c'est en ce sens qu'elle nous plaît. Les personnages d'Elfriede Jelinek savent donc nous plaire, on s'y attache et l'on vient àElfriede_Jelinek comprendre leurs désirs et leurs colères, mais sans pouvoir s'approprier la compréhension de leur besoin de vengeance.

Un très bon livre, mais sans plus car la violence qui s'y trouve nous semble irréelle et complètement inutile, toutefois l'écriture d'Elfriede Jelinek nous dévoile une auteure d'un talent incroyable avec une grande culture. Ce n'est pas pour rien qu'elle a remporté le Prix Nobel de Littérature en 2004.

Autres livres de l'auteure :

- Avidité (2000)
- Enfants des morts (1995)
- Méfions-nous de la nature sauvage (1985)
- Le pianiste (1983)
- Les amantes (1975)

Lu dans le cadre du Challenge ABC 2008

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14 avril 2007

L'insoutenable légèreté de l'être

image001Kundera

Gallimard

475 pages

Tomas était habitué depuis un certains temps de passer de maîtresses en maîtresses sans jamais dormir avec elles, sans jamais désiré autre chose que le sexe. Il en est ainsi depuis qu’il a divorcé de sa femme et que, s’étant vu refusé à plusieurs reprise le droit qu’il possédait de voir son fils, il a décidé de ne plus jamais voir ni l’une ni l’autre et en se brouillant avec eux, il s’est aussi brouillé avec ses parents qui se sont jurés de ne plus jamais revoir un père si indigne.

Mais voilà que soudainement arrive dans sa vie Tereza qui ne le quittera plus jamais à partir du moment où il passera une nuit complète à ses côtés. Et pourtant, malgré l’amour que Tomas ressent pour Tereza, malgré l’amour de Tereza pour Tomas, celui-ci ne peut s’empêcher d’accumuler les conquêtes et les histoires de sexe, car jamais le sexe n’aurait dut être mêlé avec l’amour, après tout. Au milieu de cette histoire, il y en de multiples autres, il y a celle de Sabina, ancienne maîtresse de Tomas, de Franz tombé follement amoureux de Sabina, de Marie-Claude et Marie-Anne respectivement ex-femme et fille de Franz, du fils de Tomas, de Karénine chien fidèle de Tomas et Tereza dont le sourire troublant l’accompagnera jusqu’à la mort, mais aussi et surtout l’histoire d’un pays tourmenté par l’occupation russe soit la Tchécoslovaquie.

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L’insoutenable légèreté de l’être est un livre plutôt étrange il est considéré comme un roman et pourtant il a beaucoup de l’essai. En fait, la partie romanesque, soit la vie de Tomas et Tereza est peu intéressante à mon avis, car il s’agit là d’une histoire qui ressemble à bien d’autres, l’on dirait même que à quelque part Kundera lekundera_milanx voulait ainsi, car ce n’est pas l’histoire qui est importante mais ce qu’il a essayé de nous faire comprendre avec elle. En fait, c’est de la vie qu’il nous parle, du début à la fin c’est de la vie et de l’être humain. Et pour ceux qui, comme moi, on un peu de la misère a tout intégré ce que Kundera a tenté de nous dire, il a un essai à la fin du roman, mais je n’y ai pas compris grand-chose, peut-être seulement les grandes lignes et c’est tout. Je suggère donc à tous ceux qui veulent entamé ce livre de le commencer avec l’idée en tête que ce n’est pas un simple roman bien basic mais qu’il cache beaucoup plus et d’essayer de le saisir au vol, car ce n’est pas l’essai à la fin qui va vous aider lol !!

Extraits :

<< Si la maternité est le Sacrifice même, être fille c'est la Faute que rien ne pourra jamais racheter. >> p.70

<< Mais pourquoi avons-nous le vertige sur un belvédère pourvu d'un solide garde-fou ? Le vertige, c'est autre chose que la peur de tomber. C'est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi. >> p.93

Autres livres de l'auteur :

- L'ignorance (2003)

- L'identité (1997)

- La lenteur (1995)

- L'immortalité (1990)

- Le livre du rire et de l'oubli (1978)

- La valse aux adieux (1976)

- La vie est ailleurs (1973)

- Risibles amours (1968)

- La plaisanterie (1967)

Posté par geishanellie à 18:17 - Littérature de l'Europe Centrale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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