La bouquinerie au coin des deux colombes

Pour tous les passionnés de littérature, des livres à la tonne !!

15 juillet 2009

Polyeucte

9782070393596FSCorneille

Éditions Gallimard

1996

197 pages



Comme il est bien difficile de faire le résumé d'une pièce de théâtre, je cède donc ma place aux paroles de Pierre Corneille sur son œuvre :
<< Polyeucte vivait en l'année 250, sous l'empereur Décius. Il était Arménien, amie de Néarque, et gendre de Félix, qui avait la commission de l'empereur pour faire exécuter ses édits contre les chrétiens. Cet ami l'ayant résolu à se faire chrétien, il déchira ces édits qu'on publiait, arracha les idoles des mains de ceux qui les portaient sur les autels pour les adorer, les brisa contre terre, résista aux larmes de sa femme Pauline, que Félix employa auprès de lui pour le ramener à leur culte, et perdit la vie par l'ordre de son beau-père, sans autre baptême que celui de son sang. >>

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Je crois bien que les pièces de théâtre anciennes ne me font plus le même effet qu'autrefois, car pierre_corneillecelle-ci, malgré sa poésie de grande qualité, m'a laissé de glace. Il est vrai qu'à cette époque les oeuvres étaient rigides, il était plutôt impossible de sortir des limites défendues. Ainsi, je me suis lassée de cette religion omniprésente, de ce trio amoureux (bon Dieu, il y a toujours un trio amoureux !!), mais pire ! En vérité, il ne se passe pas grand chose dans cette pièce à mon avis, car tout tourne autour du changement de religion de Polyeucte et de sa mort future. On sait qu'il va mourir, mais cela prend un acte complet avant que ce ne soit accompli et tout cela pour finir ... que tout le monde devient chrétien. Changer si facilement de religion ce n'est pas être un très grand dévot !
En bref, je crois vraiment que je vais faire un retour sur les pièces de théâtre modernes. Si vous avez des suggestions ne vous gênez pas. Et qui sait, je retrouverai peut-être ma passion d'antan.

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02 avril 2008

L'illusion comique

L_illusion_comique__pochette_Pierre Corneille (1606-1684)

Gallimard

229 pages

2000

Pridamant n'a fait qu'une grave erreur dans toute sa vie, mais oh ! combien importante ! À force de sévérité, il en a perdu son fils Clindor qui a fuit la maison familiale. Depuis, le père épleuré n'a d'autre désir que celui de retrouver ce fils qu'il a perdu et de se réconcilier avec lui. Son ami Dorante le mènera jusqu'à un magicien de grand renom : Alcandre. Celui-ci le fera pénétré dans sa grotte où il lui montrera l'histoire de son fils devenu suivant d'un Capitan gascon ridicule, amoureux d'Isabelle, la même femme qui a pris le coeur de son maître et d'un gentilhomme de grand pouvoir. Pridamant, parfois ravi, parfois terrifié et désespéré, suivra l'histoire de son fils chéri à travers une péripétie qui le mènera en prison, à deux doigts de la mort et même à la mort elle-même, mais ça c'est un punch que je ne vous révèle pas.

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gif

Je concède que j'ai lu cette pièce avec fort peu d'attention et je m'en excuse (d'où sa note un peu ridicule).Corneille Je suis bien consciente que cette pièce avait sûrement toutes les qualités pour me séduire, sauf que j'étais incapable de suivre l'histoire avec attention, je me perdais dans les détails (qui est amoureux de qui ??), je n'étais même pas capable de me rappeler des noms des personnages !! (d'accord ça m'arrive assez souvent dans les pièces de théâtre, car il y en a beaucoup qui rentre et beaucoup qui sorte et tous les noms me donnaient l'impression de se ressembler). Toutefois, j'ai bien aimé la préface par Jean Serroy qui nous donnait une petite analyse de l'oeuvre, mais il m'a été si dur de lire ce livre que je ne me suis même pas arrêter sur la chronologie, la notice, réception et mises en scène de l'illusion comique, la biographie, la note sur l'édition et variantes et le résumé. Ouff, j'ai passé à côté de beaucoup de choses je sais, mais j'avais hâte de terminer la pièce de théâtre, car elle ne m'a aucunement accroché comparativement à Le Cid, une autre des pièces de Corneille qui est véritablement un de ses chef d'oeuvre.

pierre_corneille_statue Extrait du livre
<< Pridamant : J'en attends peu de chose et brûle de le [Alcandre] voir,
J'ai de l'impatience et je manque d'espoir,
Ce fils, ce cher objet de mes inquiétudes,
Qu'ont éloigné de moi des traitements trop rudes,
Et que depuis dix ans je cherche en tant de lieux
A caché pour jamais sa présence à mes yeux. >> p.52
S
tatue de Pierre
Corneille à Rouen
devant le Théâtre des Arts.

Autres livres de l'auteur :

- Psyché (1671)
- Oedipe (1659)
- Andromède (1650)
- Polyeucte (1642)
- Le Cid (1636)

Lu pour le Challenge ABC 2008 

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14 février 2008

Othello

Othello__pochette_William Shakespeare (1564-1616)

Édition Librio

91 pages

1996

Othello est un grand soldat, tous les louanges sont pour lui, il est courageux, il est honnête homme et il a vécut des aventures si extraordinaire qu'elles ont séduites la plus belle et la plus farouche des femmes : Desdémona, la fille d'un des sénateurs de Venise. Malheureusement pour lui, Othello a commis une seule erreur de jugment qui le mènera au plus tragique dénouement : il a pris à son service Iago dont la jalousie pour Cassio et la haine envers Othello le poussera à tenter de détruire les deux hommes, ainsi que Roderigo, un des soupirants éconduits de Desdémona.

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gif

Je croyais que j'étais partie depuis un certains temps sur une balloune-de-positivisme-vraiment-le-fun-à-vivre car tout ce que j'écoutais, je lisais ou que je goûtais me plaisait, mais en voici un qui l'aura fait exploser (pour un temps seulement, ce n'est pas grave). Étrangement, cette pièce de théâtre ne m'a pas vraiment plût peut-être est-ce parce qu'elle n'est pas en vers ou je-ne-sais-trop-quelle-raison, mais tout me déplaisait, même le thème de la jalousie me mettait très mal à l'aise. J'avais de la misère à supporter l'idée que dans ce temps-là pour détruire la réputation d'une femme tout à fait intègre il ne suffit que d'une rumeur, d'un mensonge (maudit Iago !) qu'elle est trompée son mari pour faire croire qu'elle était maintenant une putain. Les termes employés aussi pour décrire les femmes et l'aspect sexuel de la vie conjugale me semblait beaucoup moins poétique que ce à quoi je suis habituée en théâtre (d'accord, je suis peut-être un peu exigente). Pourtant, j'ai lu à deux reprise Roméo et Juliette du même auteur et je l'ai apprécié, donc cela n'est aucunement lié à Othello, mais simplement à un malaise venant de moi. Donc, pardonnez-moi les fans de Shakespeare.

Extrait

<< Alors je parlai de chances désastreuses, d'aventures émouvantes sur terre et sur mer, de morts esquivées d'un cheveu sur la brèche menaçante, de ma capture par l'insolent ennemi, de ma vente comme esclave, de mon rachat et de tout ce qui suivit. Dans l'histoire de mes voyages, des antres profonds, des déserts arrides, d'âpres fondrières, des rocs et des montagnes dont la cime touche le ciel s'offraient à mon récit : je les y plaçai. Je parlai des cannibales qui s'entre-dévorent, des anthropophages et des hommes qui ont la tête au-dessous des épaules. >> p.17

Autres livres de l'auteur

- Hamlet (1600) Hamlet
- Le songe d'une nuit d'été (1595) A Midsummer Night's Dream
- Roméo et Juliette (1595) Romeo and Juliet
-
Le viol de Lucrèce (1594) The Rape of Lucrece
- La mégère apprivoisée (1594) The Taming of the Shrew

Lu pour le Challenge ABC 2008

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12 novembre 2007

Andromaque

Andromaque__pochette_Racine

Librio

92 pages

Troie est tombé, son roi Hector, a été tué, il ne reste maintenant de la gloire passée de cette forteresse infranchissable que sa reine Andromaque et son prince, tous deux prisonniers de Pyrrhus, roi d’Épire. Mais prisonniers, le sont-ils bien ? L’on a offert à Pyrrhus la main de la fille d’Hélène, Hermione, mais celui-ci est tombé fol amoureux d’Andromaque et c’est elle qu’il désire et veut épouser. Toutefois, Andromaque ne peut se résoudre à épouser l’homme qui tua son ancien époux, Hector et cela même si toute la Grèce désire la tête de son fils et l’obtiendra si elle n’acquiesce pas à la demande de Pyrrhus.

D’un autre côté, il y a Hermione, très attachée à Pyrrhus, elle ne peut supporter l’idée qu’il ne lui soit pas fidèle et lorsque entre en scène le fils d’Agamemnon, Oreste qui la désire depuis des années et qui s’était enfui afin de ne plus la voir et de mettre à mort l’amour qu’il ressent pour elle, la jeune femme voit là l’occasion parfaite de se détacher de Pyrrhus (ou peut-être de se venger ??). Andromaque acceptera-t-elle finalement d’épouser Pyrrhus et celui-ci tuera-t-il le fils d’Hector afin de ne pas faire de toute la Grèce, son ennemi ? Et Oreste quittera-t-il Épire en amenant Hermione et jusqu’à quel point celle-ci est attachée à Pyrrhus. Ouff …

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gif


En lisant cette pièce de théâtre, j’ai pris conscience à quel point l’être humain qu’il soit de l’époque de Racine ou bien de la nôtre ne change pas vraiment. Il n’y a qu’à voir Pyrrhus qui se jure de ne plus jamais succomber aux charmes d’Andromaque et de tuer son fils et pourtant, il ne peut s’empêcher d’aller la voir une dernière fois. Je suis donc le parfait exemple pour dire que oui, nous sommes toujours ainsi, j’ai moi-même beau me dire que je ne reverrai plus l’homme qui m’intéresse puisque je ne suis pas sûre qu’il me soit attaché d’une façon ou d’une autre et que nos conversations sont trop distantes, je ne peux pourtant m’empêcher de désiré le voir et d’espérer toujours …

Huumph, parfois c’est dur la vie et je voudrais bien continuer sur une note plus gaie, mais c’est quand même sur le ton de la tragédie grecque que Racine a écrit cette pièce et il n’y a pas à dire … c’est vraiment une tragédie qui se déroule sous nos yeux ! Oui, assurément une tragédie qui nous diverti l’espace d’un instant, mais c’est horrible de voir à quel point les grands exploits peuvent être si facilement détruits dans cette pièce et il n’y a qu’à regarder comment le fils d’Agamemnon, le fils d’Achille et la fille d’Hélène peuvent tomber bas devant le fol amour (ouf, suis-je ainsi moi aussi ?). Anyway, arrêtons de parler de mes amours et disons simplement, qu’il s’agissait d’une excellente pièce de théâtre quoique parfois difficile à comprendre, mais si l’on s’applique un tant soit peu à la comprendre, le restant vient tout seul.

Extrait :

<< Seigneur, voyez l'état où vous me réduisez. 

J'ai vu mon père mort, et nos murs embrasés. 

J'ai vu trancher les jours de ma famille entière, 

Et mon époux sanglant traîné sur la poussière, 

Son fils seul avec moi réservé pour les fers. >> p.61 

Autres livres de l'auteur : 

- Athalie (1691)

- Esther (1689) 

- Phèdre (1677) 

- Iphigénie (1674) 

- Britannicus (1669) 

- etc 

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30 octobre 2007

Cyrano de Bergerac

Cyrano_de_Bergerac__pochette_Edmond Rostand

Groupe Beauchemin, éditeur

381 pages

Cyrano de Bergerac est l’un des personnages de pièce de théâtre les plus connus et non pas seulement des Français, mais bien mondialement. Qui ne peut pas prétendre avoir entendu parlé de cet homme au nez si gargantuesque que toute possibilité d’être aimé lui était impossible ? Impossible, certes, mais encore plus si l’on songe que Cyrano était amoureux non pas de n’importe qui, comme il le dit lui-même, mais bien d’une femme à la beauté foudroyante : sa cousine Roxanne.

<< Alors moi, j’aime qui ? … Mais cela va de soi !

J’aime – mais c’est forcé ! – la plus belle qui soit ! >> p. 61

Mais voilà que Cyrano, tout heureux, après un duel remarquable (car il est grand batailleur et fier), se fait remarqué par sa jolie cousine qui l’invite à un rendez-vous. Toutefois, ce n’est pas du tout pour déclarer sa flamme à Bergerac que la belle Roxane le rencontre, mais bien pour le prier de protéger l’homme dont elle est amoureuse, le splendide Christian. Cyrano accepte donc, mais il se rend vite compte que Christian quoique beau, est impossible de parler aux femmes, il n’a aucun génie, alors que lui-même est un grand orateur.

<< Christian : Non ! car je suis de ceux, - je le sais … et je tremble ! –

Qui ne savent parler d’amour.

Cyrano : Tiens ! …Il me semble

Que si l’on eût pris soin de mieux me modeler,

J’aurais été de ceux qui savent en parler. >> p.124

Cyrano décide donc de prêter son esprit à Christian en lui écrivant tout ce que celui-ci devra dire à Roxane afin de la séduire. Vous devinez donc le triangle amoureux qui se forme, mais qu’advient-il de Christian lorsque Roxane, tombe amoureuse de l’âme et n’a plus aucun attrait pour le corps ?

Commentaires

Il y avait si longtemps que je n’avais pas lu une pièce de théâtre. C’est fou comme parfois on passe à côté des meilleures choses, car qui, à par moi, n’avait jamais lu Cyrano de Bergerac ? Pour ceux qui font partis de cette minorité, je n’ai qu’une chose à dire : aller vous acheter cette pièce le plus vite possible, nom de Dieu !! Elle est tellement incroyable !! Oui, c’est vrai, j’en conviens qu’elle est assez basique du côté de l’histoire, mais Cyrano de Bergerac quel personnage ! C’était un génie, un aventurier, un homme incroyablement courageux, fier et qu’aucun titre n’aurait pu acheter, dont ses convictions étaient tellement fortes qu’il est mort pour eux ! Mais bien entendu, je parle ici du personnage, car le vrai Savinien de Bergerac a été semblerait-il, très glorifié dans cette pièce par Edmond Rostand.

Mais qu’importe ! Bergerac était un grand auteur à qui l’on doit entre autre Pédant joué , L’histoire comique des États et Empires de la lune (1649) et L’histoire comique des États et Empires du Soleil (1650), alors qu’Edmond Rostand ne fut connu que pour Cyrano de Bergerac et c’est la seule de sa création qui lui apporta la gloire et cela malgré tous ses autres écrits : Le gant rouge(1889), Les musardises (recueil de poèmes, 1890), Les romanesques (1894), La princesse lointaine (1895), L’aiglon (1900), etc.

En bref, je vous assure qu’il s’agit ici d’un vrai chef d’œuvre ! et ce l’est encore plus qu’en on pense que tous les personnages sont inspirés de vrais personnes ayant eu un lien avec Savinien de Bergerac ce << démon de la bravoure >> (c’est du moins ainsi que les véritables Cadets de Gascogne le nommait) cela sans parler des images très intéressantes, de la préface et du dossier qui suivent la pièce et des quelques petites larmes qu’elle m’a fait versé dans l’autobus. Donc, vais-je devoir le redire : LISEZ-LE, il est excellent !!!

Autre extrait : 

<< Cyrano : et que faudrait-il faire ? 

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron, 

Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc 

Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce, 

Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ? 

Non merci. [...] >> p.112 

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10 février 2007

Les fées ont soif

image001Denise Boucher

Intermède

157 pages

Les fées ont soif ne contient pas vraiment d’histoire, ou plutôt si, cette pièce de théâtre raconte l’histoire de toutes ces femmes, de toutes ces figures que peut arborer la féminité et qui sont le bijou des hommes qui les gardent jalousement sans jamais avoir de respect pour ce qu’elles sont véritablement. À bas ! l’image de la Sainte Vierge, devenue statue de marbre, fixée dans sa pureté blanche, ne connaissant jamais le rouge, figure millénaire destinée à n’être jamais touchée et qui représente cette peur abominable qui hante les hommes de ne pouvoir résister à leur démon. À bas ! l’image de la mère, devenue simple chose n’ayant le droit à aucun plaisir, à aucune petite pensée égoïste, qui inlassablement doit aimer ses enfants et son mari, ventre fertile destiné aux caresses, mais qui aucunement ne doit jouir de ces gestes. La guide de toutes les femmes présentes et à venir. À bas ! l’image de la putain, celle qui doit rassasier le démon de l’homme, de tous les hommes et qui doit y trouver un plaisir jouissif, femme désirable, ne revêtant jamais l’image de la mère, simple prostitué. Voilà les trois figures de la femme et dans chacune d’elle, aucune issue pour enfin devenir un individu à part entière et non pas seulement une vierge, une mère ou une putain.

Commentaires

Cette édition des Fées ont soif présente à la fois une pièce de théâtre et le dossier de cette création. En effet, presque la moitié (et même plus) des 157 pages sont dédiés à toutes les coupures de presse qui ont pu être répertoriées sur le sujet de la censure qu’a subit cette pièce de Denise Boucher, car en 1978 le TNM se voyait supprimé 15 000 $ de subvention qui devait être donné pour cette pièce par le Conseil des arts de Montréal qui la considérait comme une véritable << merde >>. Si ces premières pages peuvent être longues et redondantes, ce qui les suit est bien mieux je puis vous l’assurer. Les paroles de Denise Boucher sont une véritable poésie !! Quoique parfois, je l’avoue, j’ai trouvé les rimes un peu enfantines, mais je me suis découvert un véritable attachement au personnage de la Statue.

<< Moi, je suis une image. Je suis un portrait

J’ai les deux pieds dans le plâtre.

Je suis la reine du néant. Je suis la porte

Sur le vide. >> (La Statue, p.91)

Car au fond, c’est ainsi qu’elles se sentent ces trois femmes, comme vidée d’elle-même, sans substance, une simple image d’elle-même sans exister réellement, car à force de les adorer, de les maltraiter, de les ignorer, on oublie que derrière la façon dont les hommes les perçoivent, il y a leur réelle existence. En fait, ces trois femmes, ne sont qu’une, elles représentent toutes ces facettes de la féminité que l’homme est incapable de réunir.

Il est en fait étrange de voir qu’une si belle pièce de théâtre, si bien écrite, n’ai pas survécu au temps, car elle est complètement oubliée, presque plus publiée, très dure à trouvée en librairie et elle n’est plus représentée non plus, comme le sont bien d’autre classique de notre culture. Pourtant, elle mérite amplement d’être lue et jouée cette pièce et qui sait, peut-être aurait-elle à nouveau le franc succès qu’elle a eu lors de sa première (voir les articles de journal à la fin de la pièce).

Autres extraits :

<< La Statue : Je suis l'Immaculée, dans toutes leurs conceptions.

Je suis la désarticulée dans toutes leur obsessions.

Les hommes ont peur de ce qui fleurit entre leurs jambes.

C'est pour ça qu'il te bat. C'est pour ça qu'ils m'ont inventée.

Quand ils avaient peur du vide, ils avaient déjà inventé Dieu. >> p.113

Autres livres de l'auteur :

- Une voyelle (2007)

- Jézabel (2003)

- Traversée en trois temps (2002)

- Un joint universel (2001)

- Tamano natural (2000)

- Grandeur nature (1993) nominé pour le Prix du Gouverneur général 1993

- etc.

Posté par geishanellie à 04:36 - Littérature de théâtre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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