05 mai 2008
La rose secrète

William Butler Yeats (1865-1939)
Librairie José Corti
230 pages
1995
Ce livre est un petit recueil de nouvelles où on trouve : La rose secrète, Les histoires de Hanrahan le Roux, Rosa Alchemica, Les tables de la loi et L'adoration des mages.
La rose secrète c'est plusieurs petites nouvelles assez sombres : La crucifixion du paria, La voix issue de la rose, La sagesse du roi, Le coeur du printemps, La malédiction des feux et des ombres, Là où il n'y a rien, il y a Dieu, Les vieillards du crépuscule, Le fier Costello, La fille de MacDermot et la langue acerbe. Petites histoires emplies de cet aspect fantastique des croyances irlandaises de l'auteur.
Les histoires de Hanrahan le Roux c'est 5 nouvelles relatant l'histoire d'un grand poète du nom d'Hanrahan. Tout commence le jour où celui-ci est envoûté par un joueur de carte qui lui fera manquer son rendez-vous avec la femme qu'il devait épousé. Les nouvelles suivantes vont relater sa vie d'exil jusqu'à sa mort.
Rosa Alchemica, Les tables de la loi et L'adoration des mages sont des nouvelles surtout religieuses.
Commentaires 


Si j'ai choisie de prendre ce recueil c'est bien parce que j'avais le goût de me dépayser avec un style un peu plus poétique et de m'inspirer en même temps grâce aux croyances des personnages très teintées de leur origine irlandaise. Bien entendu, il s'agissait de mon premier livre de Yeats et c'est grâce à celui-ci que j'ai pu connaître le style très original de l'auteur.
Je dois toutefois avouer que les premières nouvelles étaient très sombres (pas pour moi au moment où j'ai
commencé à le lire), donc j'ai eu un faible plus marqué pour Les histoires de Hanrahan le Roux et un peu moins pour les dernières nouvelles. Effectivement, l'aspect religieux très très imprégné dans Rosa Alchemica, Les tables de la loi et L'adoration des mages m'a lassé et me donnait l'impression que l'histoire n'allait nulle part, mais ce que j'ai toutefois trouvé fort étonnant c'est qu'elles étaient beaucoup imbibés de la mythologie grecque. Je ne m'attendais effectivement pas à ça d'un croyant irlandais et cela m'a beaucoup plut, car j'aime beaucoup les divinités grecques et leur symbolique. En fait, la symbolique religieuse est à peu près tout ce qui me reste d'attachement à la religion, mais bon.
Pour conclure ? Ce livre ne m'a fait ni chaud ni froid en fait, mais je devine l'extraordinaire talent de l'auteur et j'espère bien ne pas m'arrêter à ce livre.
Extrait du livre
<< Je n'ai pas été heureux dans ma jeunesse, car je savais qu'elle passerait ; et je n'ai pas été heureux dans ma maturité, car je savais que la vieillesse allait venir ; aussi me suis-je consumé dans ma jeunesse et ma maturité et ma vieillesse à la recherche du Grand Secret. >> p.46
<< Quelquefois, mais seulement pour un instant, je voyais une vague silhouette solitaire au visage voilé et qui portait une vague torche, voltiger parmi les danseurs, mais comme un rêve dans un rêve, comme l'ombre d'une ombre, et je savais, de par une connaissance issue d'une source plus profonde que la pensée, que c'était Eros lui-même et que son visage était voilé parce qu'aucun homme ni aucune femme depuis le commencement du monde n'a jamais su ce qu'est l'Amour ou regardé dans ses yeux ; car Eros seul d'entre les divinités est entièrement esprit, et se cache dans des passions qui ne sont pas de son essence s'il veut entrer en communion avec un coeur mortel. >> p.196
Autres livres de l'auteur
- Dramatis Personae (1936)
- Quatre pièces pour danseurs (1921)
- Le heaume vert (1910)
- Le vent dans les roseaux (1899)
- Crépuscule celtique (1893)
Lu dans le cadre du Challenge ABC 2008
19 décembre 2007
La mer
Robert Laffont
246 pages
Max a perdu sa femme suite à une longue maladie et maintenant qu'il doit vivre sans elle c'est vers le passé qu'il se tourne pour cicatriser sa blessure, vers ses souvenirs d'enfance, ses souvenirs d'Anna, celle qu'il aimait. Il s'en va donc s'isoler aux Cèdres, une auberge près la mer où il a rencontré, cinquante ans plus tôt alors qu'il n'était qu'un enfant, la riche famille Grace. C'est auprès d'eux qu'il découvre, pour la toute première fois, l'amour qui tout d'abord, est personnifié en Mme. Grace, puis en sa jeune fille, Chloé. Étrangement, ce passé qui l'a si puissamment marqué est lié étroitement avec la mort d'Anna.
Toutefois, Max préfère fuir le présent et tous ceux qui le représente : que se soit sa fille qui ferait tout pour l'aider à se sortir de ses penchants alcooliques ou même les deux autres personnes partageant avec lui Les Cèdres, soit le Colonel, personnage étrange avec lequel il ne pourra jamais se lier d'amitié, mais qui lui sauvera pourtant la vie ou même Mlle. Vavasour dont le Colonel est amoureux et qui tient l'auberge depuis des années. Lui, s'est auprès de Chloé et de Myles, son jumeau muet pour aucune raison médicale, qu'il veut fuir sa douleur, car il est tellement plus facile de survivre aux souffrances du passé surtout lorsque l'on a la mer pour partager nos souvenirs.
En lisant ce roman, c'est comme si l'on voyageait dans le temps, mais rassurez-vous, il n'y a pas besoin de boussole, on suit parfaitement bien les pensées de Max sans jamais se perdre, car bien entendu, nous vivons dans son présent avec l'auberge, le Colonel, Mlle. Vavasour, mais surtout, l'incroyable souffrance engendré par la perte d'Anna, mais l'on partage aussi les souvenirs de la maladie de sa femme, de leur rencontre et d'autres petits moments de leur histoire. Bien entendu, il y a cette autre histoire, raconté en parallèle avec tous les autres souvenirs, soit celui de son enfance avec Chloé, Myles et le restant de la famille Grace.
Vous savez, en lisant ce roman j'ai pris conscience que la perte d'un être cher (vous savez tous que j'ai perdu récemment ma mère et que j'ai bien de la misère à m'en remettre) est vécu de la même façon par tous avec certes, des intensités différentes, mais cela reste une douleur universelle, car tous nous la connaîtrons. C'est bien pour cela, que l'on peut si facilement la traiter comme sujet dans un roman, il n'y a pas de mystère qui entoure le deuil.
Vu l'état dans lequel je suis, j'aurais préféré cent fois que l'auteur mette l'accent sur le présent, sur la façon dont le personnage survit à une telle perte, mais, bien entendu, la question ici, était plutôt de faire le lien avec la mort au présent et le tout premier contact avec celle-ci, cinquante années plus tôt. Je suis tout de même consciente, qu'il s'agissait d'un très bon livre dont l'écriture de l'auteur rehaussait l'excellence du roman et que, c'est seulement moi ces temps-ci qui a de la misère à trouver une lecture qui me plaise (il me semble que je ne lirais que de la SF ou des pièces de théâtre).
Extrait :
<< Ce truc n'était pas censé lui tomber dessus. Ce n'était pas censé nous tomber dessus, on ne faisait pas partie de ce genre de personnes. Le malheur, la maladie, la mort prématurée touchaient les braves gens, les humbles, le sel de la terre, pas Anna, pas moi. Au beau milieu de la tournée impériale que représentait notre vie commune, un bon à rien souriant avait surgi de la foule en liesse et tendu l'acte d'accusation à ma reine tragique dans un simulacre de révérence. >> p.24
Autres livres de l'auteur :
- Athéna (2005)
- Le livre des aveux (1999) finaliste du Booker Prize
- Kepler (1981) a reçut le Guardian Fiction Prize
- Docteur Copernicus (1976) a reçut le James Tait Black Memorial Prize
- etc.

































