La bouquinerie au coin des deux colombes

Pour tous les passionnés de littérature, des livres à la tonne !!

18 janvier 2009

Les carnets de Douglas

les_carnets_de_douglasChristine Eddie

Éditions Alto

2007

198 pages

Douglas a voulut fuir un monde où on l'accusait de porter malheur, il n'était pas à l'image qu'on pouvait s'attendre d'un digne héritier et c'est vers la forêt qu'il s'est tourné.

Éléna s'est retrouvée auprès de Mercedes car le destin l'y a envoyé et s'est aussi à cause de lui qu'elle tombe amoureuse de Douglas qu'elle a elle-même rebaptisé.

Gabrielle est devenue l'unique professeure de la petite école de Rivière-aux-Oies afin de fuir son passé intimement lié au camp de concentration.

Léandre a préféré rester un médecin anonyme dans le petit village de Rivière-aux-Oies plutôt que d'aller travailler dans un grand hôpital de la ville. C'est la petite existence de Rose qui le liera à Gabrielle.

Commentaires etoile etoile etoile etoile

Je ne suis pas normalement une grande fan de littérature québécoise, mais il arrive parfois que le destin nous met des petites merveilles dans les mains, car si cela m'a fait bien plaisir de gagner ce livre, jamais je n'aurais pensé à l'acheter ou à le louer. Résultat : j'aurais passé à côté d'une merveilleuse histoire. Près de deux cents pages imbibés d'un amour incroyable non seulement pour nos semblables (car si l'homme peut s'avérer monstrueux envers les siens, il peut aussi être la plus grande source de joie), mais aussi pour la nature et pour ce que la vie peut nous réserver de beau.

Ce qui surprend dans ce roman et nous touche c'est de voir que tous les personnages n'étaient pour ainsichristine_eddie dire, pas destinés à vivre une grande vie, même pas une vie heureuse, simplement une paisible comme beaucoup la vive dans les petits villages reculés ou lorsqu'on se terre dans les bois. Pourtant, quelque chose de plus grand qu'eux a en réunis certains : Douglas et Éléna pour faire naître Rose et Rose sera un lien d'une puissance incomparable qui nouera l'avenir de Léandre et Gabrielle. Non seulement ce roman sait nous toucher au plus profond de nos fibres, mais il est écrit d'une façon particulière : sa fin est en fait la continuité de nombreuses histoires et j'ai découvert par un adon incroyable qui me poussa à relire le début du livre une fois celui-ci terminé, que la première page est l'explication de la fin de l'histoire !

Un petit livre écrit avec un merveilleux talent et une plume à l"écriture poétique. Un roman lu avec délectation et parfois une petite larme au coin des yeux.

Extrait :

<< Pour Douglas, Éléna choisit le corps qui lui allait le mieux. Elle demanda à l'humidité de lui boucler encore plus les cheveux et au soleil de lui colorer les joues. L'eau de la rivière lui adoucissait la peau et la lumière égayait ses yeux. Elle enfila ses jambes du dimanche et se vêtit de ses plus beaux seins. Elle s'accrocha à la bonne humeur et son rire se mit à retentir en écho dans la forêt. Aimer Douglas la rendit plus heureuse. >> p. 61

Autres livres de l'auteur :

- La croisade de Cristale Carton (2002) littérature jeunesse
Malheureusement, Les carnets de Douglas est le premier roman de cette auteur (nnnnooooonnnn !!).

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23 juillet 2008

Carnets de naufrage

carnets_de_naufrage__pochette_Guillaume Vigneault (1970-)

Éditions Boréal

263 pages

2001

Après de nombreuses années de mariage voilà que Marlène trompe Alex avec Jean. La voilà qui le quitte définitivement pour Jean. Voilà Alex qui se retrouve seul, désemparé, lui qui est toujours amoureux de Marlène et qui n'avait aucun doute sur elle, sur eux. Que lui importait les avertissements, il n'aurait jamais pu croire. Mais voilà, Marlène est partie et il doit maintenant refaire sa vie sans elle et avec une grosse partie de son coeur en moi.

Pour redevenir le bon vieux Alex, celui-ci devra se chercher à travers les conquêtes féminines, les déplacements, les voyages, les abandons, les retrouvailles. Entre une bouteille de tequila, une paire de seins et la plus grosse connerie qu'il aura faite, Alex devra essayer de retrouver une certaine stabilité dans sa vie. Pourtant, on dirait que Marlène s'amuse à revenir constamment comme un boulet de canon. Rien n'est clair et rien n'est simple pour le pauvre homme.

Commentaires

Ah, me voilà dans mon élément. Il y avait si longtemps que je ne m'étais laissé bercer par la poésie de la jeune langue québécoise. Ah, comme la relève québécoise sait bien nous faire rire avec son ironie, avec ses personnages incroyablement fuckés recherchant constamment leur limite qui semble innateignable, avec leurGuillaume_Vigneault grande souffrance que rien ne sait calmer. Ai-je dit la relève québécoise ? Non, je ne parlais que de Guillaume Vigneault car je ne connais aucun autre auteur qui écrit avec autant de talent que celui-ci. Jamais je n'ai réussi à trouver autant de poésie dans des textes pourtant si ironiques. Comme l'état d'âme d'Alex vient nous saisir, nous perturber dans nos plus profonds fondements ! Comme son dépaysement est aussi le nôtre ! J'adore Guillaume Vigneault, car il n'y aura jamais d'auteur capable de me séduire comme lui sait le faire, pas besoin de grandes phrases shakespearienne, un peu de culture, un peu de philosophie de vie et beaucoup (beaucoup beaucoup) d'ironie. Il est vrai que parfois l'on peu se retrouver devant des scènes tout à fait impossible à croire, car elles sortent directement d'un film d'action, mais à part ces quelques passes d'art martiaux assez pimentées, on retrouve tout le charme de la lecture. Et après tout, nous pardonnons bien ce petit écart à notre cher auteur et puis, on est séduit malgré tout par ses coups de coude dans la gueule, ses gifles, ses coups de fusil, ses coups de poing et on en redemande !

Je me permet un petit mot, en fait une questionnement à tout ceux qui liront ceci. Jamais je n'ai trouvé d'écriture qui s'approchait de près ou de loin à celle de Guillaume Vigneault et je me demandais si quelqu'un aurait un auteur à me suggérer. Merci beaucoup d'avance.

Extraits

<< Je buvais de la bière comme si c'était de l'eau, mais une part de moi résistait à l'ivresse. Une parcelle de ma conscience refusait de lâcher du lest. De larguer Marlène. >> p.59

<< Mais tous ces courants contraires qui la traversaient, ses doutes comme autant de remous, tout cela s'évaporait quand elle passait sa main dans mes cheveux. Son esprit fuyant, mon coeur lézardé, nos vies chavirées, tout partait en poussière quand nous faisions l'amour. Rien n'avait besoin d'être clair, compris, classifié. Rien ne méritait d'être prononcé. Il n'y avait rien à dire. >> p.153

Autre livre de l'auteur

- Chercher le vent (2001)

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24 juin 2008

Dans un gant de fer

Dans_un_gant_de_fer__pochette_Claire Martin

Le cercle du livre de France

235 pages

1965

Dans ces pages, Claire Martin nous dévoile dans son premier tome (qui en comprendra 2 : La joue droite étant le deuxième tome ; à venir) une partie de l'horrible enfance qu'elle aura vécu. Une enfance menée, comme l'indique le titre, par la main de fer de son père qui sera pour elle autant que pour ses frères, ses soeurs et sa mère, un véritable tyran.

Si Claire s'attend à ce que son départ pour le pensionnat lui amène le bonheur, elle sera vite déçue, car elle apprendra qu'il n'y a pas que son père pour aimer torturer les enfants. Les religieuses aussi aiment bien ce petit jeu. Détestée par certaines, appréciée par d'autres, Claire ne saura plus trop où ce mettre au milieu de ses professeurs et ses camarades de classes. Toutefois, tout endroit est préférable à la maison où réside son père et jamais gifles n'aura été plus légères que celles des soeurs. Bien entendu, la vie étant ce qu'elle est, aucun malheur n'arrive jamais seul ...

Commentaire etoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gif

Il est bouleversant de devoir se répéter tout au long de ce récit que tout cela est véridique. Que l'auteurclaire_martin nous raconte ce qu'elle a véritablement vécue. Que chaque coups donnés, que chaque paroles prononcées sont vraies. Le fait aussi de se replonger dans le Québec du début du siècle alors que le féminisme n'en est même pas à ses premiers balbutiements est vraiment incroyable, mais vivre et ressentir ce que cette fillette a enduré autant au milieu de son père que des soeurs est toute une épreuve. Et voilà que l'on s'imagine tous ces enfants, rejetons d'une union entre << un tigre et une colombe >> se déplacer comme des petits fantômes silencieux, calmes, ne connaissant aucunement les rires ou les joies dans cette maison privée d'amour paternel.

En bref, un livre vraiment bouleversant écrit d'une main très talentueuse comme l'on en voit plus et que je suggère à beaucoup. 

Extrait

<< - [...] Je n'ai jamais souffert que les bonnes frappent mes enfants.
Cela se comprenait. Quand une chose vous donne tellement de plaisir, on aime bien en garder le monopole. Au reste, les autres s'y prenaient si mal, ils y manifestaient tant de faiblesse et si peu d'obstination que c'était pitié à voir. >> p.117

<< Tout ce que je sais, c'est que mon oncle vint chercher maman à la fin de la matinée. On l'habilla, on la roula dans des couvertures et elle quitta pour toujours cette maudite maison qui pourrait être, s'il est vrai que l'on vient après la mort hanter les lieux où l'on fut malheureux, visitée par un plus grand nombre de revenants que n'importe quel château d'Écosse. >> p.220

Autres livres de l'auteur :

- Ils l'ont eux (2005)
- La brigande (2001)
- Toute la vie (1999)
- La joue droite (1966)
- Quand j'aurai payé ton visage (1962)

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08 juin 2008

L'art du maquillage

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Sergio Kokis (1944-)

Éditions XYZ

394 pages

2002

Max Willem a un talent certains pour l'art, il est passionné de la peinture et un très grand dessinateur. Bien entendu, à notre époque (ou du moins presque à notre époque) on ne peut pas vivre du dessin, c'est un art mineur aux yeux de tous et cela malgré les efforts de Max. Le temps passant, Max découvre que son talent peut l'amener plus loin que ce à quoi il s'attendait, car il est apte à imiter le style de grands peintres.

Il commence tout d'abord par imiter les oeuvres de grands peintres québécois, puis se sera Egon Schiele,schiele mais n'étant qu'un débutant, Max se fait vite remarquer dans le marché de l'art en vendant ses faux et il tombe sur des gens qui lui suggèrent de travailler pour lui. Ils lui offrent de financer son éducation de faussaire en échange de contrats qu'il devrait réaliser. Max désirant accumuler de l'argent accepte, mais il découvrira vite que son âme sensible d'artiste ne lui permettra jamais de travailler bien longtemps simplement sur les oeuvres des autres. Ainsi, il comprendra que mettre son art au profit de l'argent c'est vendre son âme au diable et en essayant de la retrouver il se fera escroquer par ceux qui financent son enseignement. Désormais, il devra trouver un moyen de se sortir et du pétrin et de la souffrance psychologique dans laquelle il est en train de se perdre.

Commentaires

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas lu un livre qui m'avait autant plut. Avertissement à tous les artistes qui, comme moi, se sont retrouver devant le syndrome de la toile blanche, incapable de peindre, de dessiner, de sculpter, bref vous comprendrez ce que je veux dire : voilà le livre qu'il vous faut !! Avec ce roman, Sergio Kokis passe l'histoire de l'art en revue à travers les nombreux artistes que Max doit imiter et cela à de quoi nous inspirer !

La perdition que vit Max en vendant son art pour faire des faux est tellement réaliste, on ressent saKokis souffrance au plus profond de nos entrailles et la plume de Kokis sait nous la faire sentir avec une vivacité accru par son grand talent d'écrivain. Toutefois, la relation du personnage avec l'être humain et le faux peut parfois nous faire tourner la tête. L'être humain est faux, mais en passant dans la main de Willem il devient pure vérité, car tous ses défauts sont amplifiés par le trait du crayon, tout est analysé minutieusement et reproduit avec une perfection étonnante.

Quoiqu'il en soit, un livre excellent que je conseille à tous, même ceux qui ne s'y connaissent pas en art, c'est le moment où jamais d'accroître vos connaissances ! De plus, le dossier d'accompagnement écrit par Frédérique Izaute est vraiment très intéressant. On y trouve une analyse fort détaillé de l'oeuvre, la biographie de l'auteur, mais surtout une petite entrevue avec Sergio Kokis qui nous le fait soit aimé, soit détesté (je me suis effectivement trouvé beaucoup de ressemblances avec celui-ci, mais sa perception de la famille m'a effrayé et celle de la littérature québécoise m'a irrité, voir insulté. Je vous le ferai comprendre dans les extraits).

Extraits du livre

<< La conquête, Max, la possession de l'objet convoité est moins importante dans notre métier que la convoitise elle-même. C'est cette dernière qui déclenchera l'appétit de la conquête, qui déliera la bourse de l'acheteur. L'important, ce n'est pas l'objet en tant que tel, mais ce que l'objet ajoutera à notre image, au désir que nous lirons dans les yeux d'autrui. Est désirable, curieusement, ce qui nous rend désirables aux yeux des autres ; et bien souvent, on désire un objet pour que les autres en soient privés. >> p.226

<< Dans votre roman, justement, la famille est très éclatée.
Kokis : Dans tous mes romans c'est comme ça, parce que je ne connais rien d'autre. Parmi les gens que je connais, certains disent, surtout à l'époque de Noël : << Ah ! je vais recevoir 25 personnes. >> Moi, je suis tellement heureux, je n'ai personne. J'ai deux enfants, adultes, qui viennent manger de temps en temps, mais chacun vit chez soi. Ma maison est à moi tout seul ; c'est un lieu de travail où il ne faut pas me déranger. Avec l'idée de famille comme on peut la voir ici ... moi, je me sentirais envahi, je paniquerais, j'émigrerais si j'étais Québécois. >> dossier d'accompagnement p.353

Autres livres de l'auteur

- Le magicien (2002)
- La danse macabre du Québec (2000)
- Un sourire blindé (1998)
- Errances (1996)
- Le pavillon des miroirs (1994) 

Lu dans le cadre du Challenge ABC 2008

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07 juin 2007

La belle bête

image001Marie-Claire Blais

Boréal

166 pages

Patrice est un jeune homme d’une très grande beauté, mais son esprit est vide, c’est un idiot, mais un si bel idiot. Il est la fierté de sa mère et la souffrance de sa sœur. Effectivement, Isabelle-Marie n’est pas née belle, contrairement à son frère et à sa mère, elle est d’une laideur qui la rend inapte à être aimé de sa famille. Louise, elle, est excessivement fière de son fils, Patrice. Elle est fière d’avoir donné vie à un être si beau et cela tout en sachant que c’est un idiot, car elle essaie d’ignorer ce fait. Toutefois, sa fille, Isabelle-Marie est pour elle un être qui ne mérite pas son amour, car elle la trouve repoussante. S’est l'affection de Louise envers Patrice et son rejet de sa fille qui attisera la jalousie de Isabelle-Marie. Au milieu de ce cadre familial un peu étrange, Isabelle-Marie essaie tant bien que mal d’être acceptée, de se trouver une place, de se faire aimer, mais s’est d’un étranger aveugle qu’elle recevra cet amour qui lui avait toujours été interdit. Toutefois, voilà qu’arrive dans le décor Lanz, l’amoureux de Louise, comment Patrice supportera-t-il de vivre aux côtés d’un homme qui lui vole l’attention et l’amour de sa mère et comment réagira-t-il, lui, l’idiot qui ignore ce qu’est le bien et le mal et qui n’a aucune mémoire ? C’est lui, la belle bête d’Isabelle-Marie.

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gif

Il s’agit du premier livre que je lis de Marie-Claire Blais et excuser mon ignorance, mais je croyais trouver une consoeur de l’auteur Gabrielle Roy (que j’adore soit dit en passant), mais s’est un tout autre style que j’ai trouvé ! Marie-Claire Blais possède assurément une écriture beaucoup plus tordue et l’écrivaine va vraiment toucher les bas instincts de l’être humain, le plus noir de tous nos côtés. Il est clair que ce ne sera pas le dernier livre d’elle que je lirai !

J’ai l’impression d’avoir trouvé l’auteure avec un grand A qui sait ce qu’est l’originalité. Elle prend un contexte qui pourrait être si simple, la jalousie d’une sœur et elle le transforme en quelque chose de complètement pervers, c’est quelque chose ! Elle nous donne une facette de ses personnages qui est vraiment étonnante, comme ce beau Patrice amoureux de son reflet et qui le cherche constamment comme un nouveau Narcisse. Sincèrement, le seul côté négatif que je vois c’est que le livre soit si mince, tu as l’impression d’être passé à travers le livre en un clignement de yeux. Un excellent livre et assurément une excellente auteure !

Autres livres de l'auteur :

- Augustino ou le Choeur de la destruction (2005)

- Soifs (1995)

- Visions d'Anna (1982)

- Un Joualonais, sa Joualonie (1973)

- David Sterne (1967)

- Une saison dans la vie d'Emmanuel (1965)<

- etc

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03 juin 2007

La fille du Cardinal tome 2

image001Nadine Grelet

VLB

412 pages





Pour ceux qui n’ont pas lu le premier tome de La fille du cardinal, Myriam est la fille illégitime d’un cardinal et d’une jeune indienne nommée Kateri, chose qu’elle ignorait jusqu’à la mort de sa mère adoptive. Voilà Myriam devenue femme, elle est mariée à Laurent un avocat avec une brillante carrière et elle a trois beaux enfants, un garçon et des jumelles, mais elle rêve d’être plus qu’une épouse et une mère dévouée.

C’est le début des années 70, c’est la naissance du mouvement féministe et en tant que femme avant-gardiste Myriam poursuit des études en droit, elle désire travailler comme avocate dans le bureau que son mari a ouvert et cela au supplice de celui-ci qui voit d’un mauvais œil l’obstination que sa femme met à vouloir être l’égal des hommes. Pour empirer la mauvaise humeur de Laurent, Myriam décide de prendre en main les dossiers sur les autochtones du Québec et spécialement celui traitant du barrage de la Baie James. Étrangement, au moment où tout semble aller de mal en pis dans le mariage de Laurent et Myriam, un bel amérindien du nom de Mike arrive dans le décor et la jeune femme est complètement séduite, surtout qu’elle doit travailler sur ses dossiers avec lui … Myriam est donc tiraillée entre ses devoirs de famille, l’amour qu’elle porte à Laurent et l’attirance très puissante qui la pousse vers Mike et le peuple de sa mère.

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gif

Il m’aura coûté beaucoup pour finir ce livre ! On dirait que l'auteur parle constament de la même chose : mariage qui s’écroule, Amérindiens qui perdent leur balises à cause des hommes blancs, bel Amérindien bien baraqué. Cela me donnait donc l'impression que l’on n'avançait pas, mais plutôt que l'on assistait à un ruban qui tourne en boucle continue. Sincèrement, je me rappelais du premier tome comme un grand livre, vraiment très bon, qui m’avait marqué, mais il semblerait que je sois devenue plus difficile avec le temps et que je ne supporte plus les mêmes livres. Bref, je crois que Nadine Grelet c’est fini pour moi !

Autres livres de l'auteur :

- La fille du Cardinal tome 3 (2007)

- Les chuchotements de l'espoir (2004)

- La belle Angélique (2003) prix France-Québec 2003

- La fille du Cardinal (2001)

- Le souffle de vie (1991)

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25 novembre 2006

La belle Angélique

image005Nadine Grelet (avec l'aide de Jacques Lamarache)

VLB

461 pages

La belle Angélique c’est Angélique des Méloizes, grande dame de la Nouvelle-France que l’on peut retrouver sous les traits de Diane la chasseresse dans les premières pages du livre, c’est donc une biographie travestie en roman. Nadine Grelet, avec l’aide de Jacques Lamarche, nous raconte l’histoire d’Angélique fille du seigneur de Neuville qui verra son monde complètement bouleversé lorsque son père chéri décède. Sa mère, d’une grande beauté, mais vieillissante, la jalouse et décide de la vendre avec la maison de la Nouvelle-France pour retourner en France et quant à y être pourquoi pas donner ses fils à tuer à la guerre, hein ?

Quoiqu’il en soit, Angélique a tout un caractère et elle ne laissera pas sa mère détruire toute sa vie ainsi, elle devient Mme de Péan, femme de Michel de Péan un homme qu’à défaut d’aimer, elle apprécie grandement. Toutefois, si la vie s’annonçait relativement paisible, voilà que le nouvel intendant de la Nouvelle-France, François Bigot débarque, Michel de Péan se lie immédiatement d’amitié avec lui afin d’accéder à un poste élevé, toutefois un coup de foudre éclate entre Bigot et Mme de Péan. Voilà aussi que les Anglais arrivent afin d’envahir les colonies françaises. Au milieu de tout cela, Angélique se débat avec les convenances et sa propre personnalité qui commence à être corrompue par les usages coûteux que Bigot a mit à la mode, une des raisons pour lesquelles il aura des problèmes avec le roi de France …

Commentaires etoile_105.gifetoile_105.gifetoile_105.gif

À défaut d’être le roman de l’année il a malgré tout été assez intéressant. Certes, l’écriture plutôt sobre de Nadine Grelet ne me plaint guère, mais les évènements palpitants qui mettent à mal la vie tranquille d’Angélique viennent nous bouleverser et nous toucher jusqu’à la petite larme au coin des yeux.

Si Angélique en tant qu’héroïne parfaite me tapait un peu sur les nerfs au début, elle devient rapidement une femme comme les autres, capable de se tromper et d’être souillée par les choses un peu moins bonnes que l’on trouve partout autour de nous. En fait, si Angélique des Méloizes est devenue connue à cause de sa relation avec François Bigot, je ne suis pas sûre qu’il a été pour elle une bonne chose, je ne suis même pas sûre que celui-ci a été une bonne chose pour la Nouvelle-France. Ah ! et cette Nouvelle-France, quelle torture elle a subit ! Quelle beauté elle a et qui a été détruite ! Ah, souvenir.

Extrait :

<< Elle ne voulait pas sombrer dans ce jeu pervers qui fait tourner la tête, rend les femmes esclaves et les oblige à se vendre à qui les manipule. >> p.254

Autres livres de l'auteur :

- La fille du Cardinal tome 3 (2007)

- La fille du Cardinal tome 2 (2006)

- Les chuchotements de l'espoir (2004)

- La fille du Cardinal (2001)

- Le souffle de vie (1991)

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12 septembre 2005

Folle

image007Nelly Arcan

Édition du Seuil

204 pages

Revoilà donc Nelly Arcan avec son tout nouveau roman Folle qui porte merveilleusement son nom. Elle nous raconte avec son style tout particulier une autre partie de sa vie où ayant quitté la prostitution elle se lance dans le jeu de l’amour avec un homme qui semble être captivé par l’idée qu’elle a été pute (comme c’est brillant !). Son tout nouvel amour lui en fait voir de toutes les couleurs et la pauvre Nelly réagit toujours de la même manière, très mal. Alors qu’elle se tartine des restants de son enfant avorté et qu’elle bat le chat de son chum qui pleure après lui, elle nous raconte un peu son père et celui de son petit ami, elle nous raconte encore et encore et encore …

Si on peut vivre d’amour et d’eau fraîche, le nouvel homme dans la vie d’Arcan, lui, doit absolument vivre de sexe, il la baise en regardant des photos de gamine en petite culotte, il est un très grand fan de la cyberpornographie, rien pour plaire à sa blonde qui se l’invente en train de cruiser son ex et de la tromper à tour de bras. Pour se venger, elle le fera aussi. Pour l’attacher à lui, elle tombera enceinte. Sur fond des petits snobs du plateau, Arcan nous présentera donc la fin d’un amour avec tout ce que cela implique en n’oubliant pas de mentionner le bonheur des premiers moments.

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Assurément, ce livre là n'est pas pour moi, car l'écriture parfois vulgaire de l'auteure m'a choquée carrément. Permettez moi de garder ma petite bulle d'utopie, mais j'ai beaucoup de mal à lire des histoires où le sexe passe par s'uriner et se cracher dessus. Les films c'est autre chose, mais je crois que j'ouvre trop mon esprit à un livre pour pouvoir supporter de lire ce genre de chose. Disons simplement que ce n'était pas mon style.

Autres livres de l'auteur :

- À ciel ouvert (2007)

- L'enfant dans le miroir (2007)

- Putain (2001) Nominée pour les prix Femina et Médicis

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01 septembre 2005

Putain

image002Nelly Arcan

Édition sur le Seuil

186 pages

Il y a de ces livres où faire un résumé de l’histoire nous parait tout bonnement impossible. Pourquoi ? Certaines embûches surviennent parfois, peut-être l’histoire est telle trop complexe ou bien, tordue, fragmentée, dans ce cas-ci, elle est presque inexistante comme l’écrit si bien l’auteur Nelly Arcan : << Voilà pourquoi ce livre est tout entier construit par associations, d’où le ressassement et l’absence de progression, d’où sa dimension scandaleusement intime. >> Donc, ce récit m’est apparue un peu semblable à une longue lettre que l’auteur aurait écrit simplement afin d’alléger son esprit malade d’un tourment qui la ronge et peut-être même dans le but de mettre sous le nez de ses parents son histoire << de putasserie >> couchée sur papier, mais voilà que oups ! en cours de route se présente une offre de publication et la pauvre jeune femme ne peut que l’accepter, nous voilà donc avec cette vie de putain entre les mains.

Notons tout d’abord que j’ignore si les faits sont véridiques et si Nelly Arcan s’est bien adonnée à la prostitution ou si elle a véritablement souffert d’anorexie, mais pour alléger le texte, supposons que oui, même si l’on pourra sentir dans ces lignes mon doute vis-à-vis de la véracité de ce récit. Putain raconte comment Nelly, prénommée Cynthia (nom de sa grande sœur décédée en bas âge) par ses clients est passée de l’anorexie à << la putasserie >> (comme elle le dit elle-même) tout en continuant ses études littéraire à l’université. Ces quelques centaines de pages sont utilisées, non pas avec un dessein précis, mais bien avec un style d’écriture que je dirais prometteur (tous les jeunes écrivains québécois ont un très beau style d’écriture, mais c’est ce qu’ils font avec qui me déplaît souvent). Même si l’on retrouve dans ce roman un nombre incroyable de fois les mots queue, sperme, fellation, sexe, ne vous trompez pas, il ne s’agit aucunement d’un récit érotique, mais bien celui d’une jeune femme tétanisée devant la possibilité de vieillir et d’être surpassée en beauté par une autre. Une femme ne supportant ni la comparaison ni l’amour. Complètement désillusionnée. Elle ne fait qu’attendre le bas-fond et la mort. Son suicide est prévu de toute manière, mais il tarde, en attendant pourquoi ne pas écrire ce roman ?

Commentaires etoile_105.gif

Si j’ai acheté ce livre c’est parce que j’avais déjà lu précédemment Folle, le dernier roman de Nelly Arcan et que je me disais que malgré tout elle pourrait peut-être écrire quelque chose de pas si pire car il ne manquait qu’une histoire pour me plaire et je pensais que Putain pourrait bien me rassasier pour cela. J’ai payé une petite fortune ce roman (12 $ pour un livre usagé et très abîmé) tout cela à cause des critiques qui avait raffolé d’Arcan. Je vais maintenant me lever et proclamer haut et fort ce qui n’a pas encore été dit jusqu’ici. Ce livre est d’un emmerdement ! Le plus triste là-dedans c’est que si j’écrivais quelque chose, il ressemblerait sûrement à ça, j’écrirais pour moi-même, j’écrirais ma vie et le public chérirais peut-être mon livre, mais je préfère me mettre à l’abstinence d’écriture, car ce livre m’a tellement ennuyée que ça m’a tout pris pour le finir (je ne suis pas du genre à abandonner la lecture d’un livre une fois commencé) et s’il y a une seule personne sur la terre pour penser la même chose sur mon livre que ce que j’ai pensé sur le livre d’Arcan, alors je préfère épargner ne serait-ce que cette minorité parce que selon mes avis ça ne méritait pas d’être publié. J’ai beaucoup de misère avec ce genre de littérature où les phrases vont nulle part, non pas de sens précis, existent pour elles sans être liées aux autres par la loi absolu de ce que l’on appelle << l’histoire >>.

Je ne fais donc pas partie de la masse qui crie à la fraîcheur et la pureté de ce style nouveau genre, moi j’en appelle aux bonnes vieilles méthodes d’écriture qui me plaisent bien et qui ne seront surpassées par rien d’autre qui ne soit nouveau, mais aussi bon. Quoiqu’il en soit, je n’ai pas aimé ce roman il y avait beaucoup de répétition, beaucoup de bla bla et lorsqu’on finit ce livre on a l’impression de vivre dans le pire des mondes, l’auteur est tellement fuckée que tu as la tête qui en tourne ! Mais bon, tout cela est mon opinion, c’est à vous de vous faire la vôtre et de plus, tellement de gens ont aimé ce roman, vous avez plus de chances d’être dans la majorité que la minorité.

Autres livres de l'auteur :

- À ciel ouvert (2007)

- L'enfant dans le miroir (2007)

- Folle (2004) Nominée pour le prix Médicis

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24 août 2005

Chercher le vent

image001Guillaume Vigneault

Boréal

267 pages

C’est l’histoire de la peine d’amour typique qui persiste malgré le temps, en fait, qui devient plus douloureuse, plus insistante à cause de ces moments de bonheur devenus de simples souvenirs poussiéreux. C’est Jacques Dubois, devenu fantôme de lui-même, mais hanté par sa vie avec Monica, qui mène ce roman. Il avait espéré bâtir quelque chose, mais tous ses projets se sont écroulés ce jour fatidique où un décès entraîna la mort de leur couple. Pourtant, ils ont duré un certain temps, même après cet évènement, leur amour était sous respirateur, on essayait en vain de le faire survivre, car cela ne pouvait continuer ainsi, un des deux devait décider de la fin. Ce fut Jacques, pour permettre à Monica de refaire sa vie, pour qu’il puisse pleurer la sienne, pour lui permettre de trouver un coupable, pour qu’ils puissent le haïr à deux.

Sa dépression le travaille, ne le quitte pas, grâce à ses souvenirs qui le persécutent et qu’ils laissent le dévorer vivant. Il s’est isolé au fin fond des bois, craignant l’humanité, la fuyant, mais elle est venue cogner à sa porte un beau jour sous les traits de Tristan, le frère de Monica. Celui-ci ne vaut sûrement pas mieux que lui, mais il l’enlève tout de même à sa petite vie rangée et isolée, à sa paix d’outre-tombe et à travers les routes qu’ils parcourront, Tristan désire le réconcilier avec son passé et la vie.

Puis vient Nuna, fille amplement désirable que Jacques ne doit pourtant pas désirer, en respect de Tristan qui baise avec elle, en respect de son deuil qu’il s’est infligé. La peine capitale, voilà ce qu’il s’est décrété, il s’est coupé de tout ce qu’il aimait, de tout ce qui faisait de lui Jacques Dubois, mais Tristan et Nuna essaieront de toutes les manières de le faire sortir de son isolement. Il devra toutefois continuer le chemin seul et qui sait, peut-être qu’au bout de la route l’attend le bonheur qu’il a fait fuir depuis déjà longtemps.

Commentaires

Chercher le vent fait partie des classiques de ma bibliothèque, je ne suis pas du genre à relire mes livres, mais pour celui-ci je l'ai fais trois fois depuis le jour où, obligée de me le procurer pour la rentré des classes, car il figurait sur ma liste scolaire, je l’ai feuilleté dans le camion de mon père et n’ai pas pu m’arracher à sa lecture, il fallut que je sois complètement rassasié de lui. Cette peine qui dévore Jacques est si cruellement humaine, si véridique pour en avoir connu ne serait-ce que les prémices, que je ne peux faire autre chose que d’être touchée. J’ai toujours en tête ces lignes que j’ai beaucoup appréciées, prononcées par Tristan à propos de la douleur de Jack : << Il a besoin de se sentir unique notre Jack, sa souffrance est un grand cru, un millésime ! pas une peine commune … vulgaire, non, pas lui … […] Comme elle est belle, ta douleur, Jack ! Tu te surpasses ! […] Reste beau, Jack. Va te faire foutre. >> (pages 49 à 50). Chaque fois que je vois ce livre, je repense à cela et à d’autres lignes aussi mémorables que j’ai gravées à tout jamais dans ma mémoire.

Ce roman est bourré de bonnes choses, d’une humanité qui me touche et à la fois, il est bourré de défauts. On y retrouve beaucoup de cet humour typique aux jeunes écrivains québécois qu’est Guillaume Vigneault et que j’ai grandement aimé, mais aussi l’égoïsme de cette génération. Effectivement, il arrive que les paroles que Vigneault mis dans la bouche de Jacques sont si difficiles à comprendre qu’il semble écrire pour lui-même et sa seule compréhension. Peut-être qu’en étendant ainsi ses connaissances dans son roman, il nous lance au visage : << Regarder comme je suis intelligent ! >>, en tout cas, c’est ainsi que je l’ai perçu et s’était, pas besoin de le spécifier, très désagréable parfois. Mais je ne m’étendrai pas sur ce sujet, car ayant lu son premier roman Carnets de Naufrage je peux dire que Vigneault rentre dans la catégorie des bons auteurs, mais non des grands auteurs.

On peut aussi regretter le cliché des personnages et la froideur de certaines scènes, dont celle où Tristan couche avec Nuna qui m’a semblé totalement mécanique et dépourvu (gros inconvénient pour une scène de baise) de sensualité. Ce roman reste tout de même un de mes préférés et j’ai hâte de lire le suivant, si Guillaume Vigneault se remet à l’écriture bien entendu et s’il se trouve une nouvelle recette, car au bout de deux livres la sienne est épuisée. Je vous conseille grandement ce roman, car après les rires qu’il vous volera, peut-être découvrez-vous entre les lignes toute la puissance de la douleur humaine et une part de vous !

Autres livres de l'auteur :

- Carnets de naufrage (2000)

Posté par geishanellie à 10:35 - Littérature Québécoise - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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