24 juin 2008

Dans un gant de fer

Dans_un_gant_de_fer__pochette_Claire Martin

Le cercle du livre de France

235 pages

1965

Dans ces pages, Claire Martin nous dévoile dans son premier tome (qui en comprendra 2 : La joue droite étant le deuxième tome ; à venir) une partie de l'horrible enfance qu'elle aura vécu. Une enfance menée, comme l'indique le titre, par la main de fer de son père qui sera pour elle autant que pour ses frères, ses soeurs et sa mère, un véritable tyran.

Si Claire s'attend à ce que son départ pour le pensionnat lui amène le bonheur, elle sera vite déçue, car elle apprendra qu'il n'y a pas que son père pour aimer torturer les enfants. Les religieuses aussi aiment bien ce petit jeu. Détestée par certaines, appréciée par d'autres, Claire ne saura plus trop où ce mettre au milieu de ses professeurs et ses camarades de classes. Toutefois, tout endroit est préférable à la maison où réside son père et jamais gifles n'aura été plus légères que celles des soeurs. Bien entendu, la vie étant ce qu'elle est, aucun malheur n'arrive jamais seul ...

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Il est bouleversant de devoir se répéter tout au long de ce récit que tout cela est véridique. Que l'auteurclaire_martin nous raconte ce qu'elle a véritablement vécue. Que chaque coups donnés, que chaque paroles prononcées sont vraies. Le fait aussi de se replonger dans le Québec du début du siècle alors que le féminisme n'en est même pas à ses premiers balbutiements est vraiment incroyable, mais vivre et ressentir ce que cette fillette a enduré autant au milieu de son père que des soeurs est toute une épreuve. Et voilà que l'on s'imagine tous ces enfants, rejetons d'une union entre << un tigre et une colombe >> se déplacer comme des petits fantômes silencieux, calmes, ne connaissant aucunement les rires ou les joies dans cette maison privée d'amour paternel.

En bref, un livre vraiment bouleversant écrit d'une main très talentueuse comme l'on en voit plus et que je suggère à beaucoup. 

Extrait

<< - [...] Je n'ai jamais souffert que les bonnes frappent mes enfants.
Cela se comprenait. Quand une chose vous donne tellement de plaisir, on aime bien en garder le monopole. Au reste, les autres s'y prenaient si mal, ils y manifestaient tant de faiblesse et si peu d'obstination que c'était pitié à voir. >> p.117

<< Tout ce que je sais, c'est que mon oncle vint chercher maman à la fin de la matinée. On l'habilla, on la roula dans des couvertures et elle quitta pour toujours cette maudite maison qui pourrait être, s'il est vrai que l'on vient après la mort hanter les lieux où l'on fut malheureux, visitée par un plus grand nombre de revenants que n'importe quel château d'Écosse. >> p.220

Autres livres de l'auteur :

- Ils l'ont eux (2005)
- La brigande (2001)
- Toute la vie (1999)
- La joue droite (1966)
- Quand j'aurai payé ton visage (1962)

Posté par GeishaNellie à 16:53 - Littérature québécoise - Commentaires [1] - Permalien [#]

dentelle


Commentaires sur Dans un gant de fer

  • Dans le genre "livre épouvantable racontant la vie de quelqu'un", j'ai lu dernièrement "Darling" de Jean Teulé. Là ça se passe en France, mais le fond reste le même...

    Posté par Youplala, 27 juin 2008 à 11:59 | | Répondre
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