18 mai 2012
Fièvre d’ombres
Karen Marie Moning
J’ai Lu
2012
889 pages
Suite de la très célèbre série de Les chroniques de MacKayla Lane. Je recopie ici le dos du livre de peur de spoiler.
« RIEN N’EST AU-DELÀ DE MES CAPACITÉS. JE SUIS TOUT.
Vous êtes un livre. Des pages avec une reliure. Vous n’êtes pas né. Vous ne vivez pas.
JE NE CONNAIS PAS LA PEUR.
Que voulez-vous de moi ?
OUVRE LES YEUX. VOIS-MOI. VOIS-TOI.
Mes yeux sont ouverts. Je suis le bien. Vous êtes le mal.
Conversation avec le SINSAR DUBH. »
La voilà enfin cette critique que je désirais écrire depuis la fin de ma lecture, il y a bien de cela un mois et demi. Parce que vous deviez bien vous en douter, dès la sortie de ce livre en librairie québécoise, j’ai envoyé mon chum le chercher (je venais alors tout juste d’accoucher et n’était pas en état de faire un si long chemin). Alors, comme se rappelle les fans de la série, on nous laissait dans le 4e tome sur un très grand mystère … et je m’étais complètement gourée pour la suite des choses. En fait, tout le livre m’a surprise, je n’avais rien vu venir ! Dans ce tome-là on va vraiment de rebondissements en rebondissements et comme je n’ai pas le troisième oeil de certaines lectrices
je me faisais appâter à tous les coups. Toutefois, c’est justement cet aspect de notre lecture qui est la faiblesse de ce tome-ci, comme on dit «trop c’est comme pas assez» et peut-être bien que certaines révélations mineures auraient pu être distribuées dans les autres tomes afin d’alléger celui-ci. J’en
suggérais spécialement deux, mais je ne veux pas spoiler et je vous laisse découvrir ce dernier tome à votre rythme. Heu … je dirais plutôt au rythme de l’auteure qui est ultra-rapide, donc impossible de savourer ce livre, il faut le dévorer à toute vitesse. Même si certaines vérités nous donnent de grands coups dans la gueule, on est secoué et on continue.
Ce livre est non seulement foisonnant d’évènements, mais aussi de personnages. On rencontre pour la première fois le groupe de Highlander dont on entendait tellement parlé par Christian, ainsi que celui des amis de Barrons. Bref, plein de sexys mens à l’horizon. Ah et est-ce que je vous ai dit que ce livre était très torride … faut dire qu’avec tous ces mecs qui nous sont décris comment ne pas craquer ? Disons que toute pudibonderie disparaît à notre lecture ![]()
Je dirais malgré tout que je reste sur ma faim, car certaines situations ne sont pas réglés (du moins pas pour moi). La fin m’a, en fait, plutôt déplut. En refermant le livre j’avais perdu quelque chose qui m’était précieux ** ou quelqu’un … **. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que ça m’a fichtrement donné le goût de lire la série des Highlanders de l’auteure.
Extraits
«Croyez-vous que l’amour disparaît d’un seul coup ? Qu’il cesse brusquement d’exister lorsqu’il devient trop douloureux, ou importun, comme si vous ne l’aviez jamais éprouvé ?» p.641-642
Cet extrait dévoile un trop gros punch de l’histoire, mais lorsque je l’ai lu j’ai simplement éclaté de rire et je me suis dit qu’il décrivait parfaitement ce tome, alors je le met tout de même pour ceux qui ont terminé le roman et qui veulent en savourer une partie à nouveau ![]()
**« C’est réglé. La destinées est une garce infidèle. Nous n’y allons pas. Retire tes vêtements et retourne dans mon lit. » p.764 **
02 mai 2012
Nouveaux arrivés dans la PAL
Même si je ne lis plus beaucoup et que je suis plutôt absente sur vos blogs et sur le mien, je ne pouvais pas passer à côté de la vente annuelle de livres de la bibliothèque de Montréal. Cette année, j’ai décidé d’en profiter pour découvrir des auteurs dont plusieurs parlent et que je désirais lire depuis longtemps. Alors voilà ce que j’ai déniché.
Les fantômes d’hiver de Kate Mosse
La concierge du Panthéon de Jacques Godbout
Marya de Joyce Carol Oates (en français, mais je n’ai pas trouvé l’image)
Zombi de Joyce Carol Oates
Sept mers et treize rivières de Monica Ali (pour 1$ c’est bien de trouver ce livre si populaire)
23 avril 2012
Voyages d’écrivains
Collectif
Éditions Plon
2002
357 pages
Depuis longtemps, les auteurs quittent leur patrie et leur famille parfois pour fuir une situation historique quelconque, parfois pour rejoindre leur maîtresse ou simplement pour des raisons financières, mais bien souvent c’est pour se ressourcer et fuir la page blanche. Pour certains d’entre-eux, ils découvrent dans leurs voyages des pays dont ils tombent amoureux et qui leur inspire de magnifiques écrits, mais pour d’autres, le coup de foudre n’est pas du tout au rendez-vous.
Dans ces pages, on nous fait découvrir le voyage de plusieurs grands écrivains et l’impact de leur passage dans les divers pays qu’ils ont parcourus. Bien entendu, on aborde l’influence de ces voyages dans leurs créations.
- Balzac en Ukraine
- Barrès en Grèce
- Baudelaire à l’île Maurice
- Bernanos au Brésil
- Céline à New-York
- Cendrars dans le Transsibérien
- Claudel au Japon
- Fitzgerald sur la Côte d’Azur
- Hemingway à Venise
- Lawrence d’Arabie
- London dans le Grand Nord
- Proust à Paris
- Rimbaud à Aden
- Simenon au Cap Nord
- Stendhal en Russie
Eh oui ! me voilà de retour un instant après la naissance de mon bébé pour ce billet qui se sera fait attendre. D’ailleurs, je dois vous avertir que je serai sûrement très absente de ce blog pour les prochaines semaines (mois ??) faute de temps pour lire et écrire mes billets (ou simplement par manque d’énergie Zzzzz).
Pour ce qui est de Voyages d’écrivains, je dois spécifier que j’ai
commencé ce livre avant mon accouchement, à un moment où j’avais besoin d’inspiration et où je désirais lire quelque chose ayant trait aux voyages toutefois, une fois ma fille née, ce n’était plus du tout le genre de lecture dont j’avais besoin. Je désirais quelque chose de plus relaxant qui ne soit pas aussi ardue à lire. Bien entendu, avec ma tête de pioche, il m’était impossible de concevoir d’abandonner cette lecture, alors s’est avec l’esprit plus ou moins présent (que voulez-vous, la fatigue) que j’ai terminé ce documentaire. J’ai donc bien peur que mon billet ne soit pas d’une grande qualité à cause de cette fatigue, du délais d’écriture du billet et finalement, de l’ennui qui m’a pris en toute fin de ma lecture.
Au tout début, la place est laissée à ces auteurs qui n’ont trouvé dans leurs voyages que désagréments et cela m’a quelque peu aigrie, car il me semblait égoïste que des individus partis, pour certains, afin de trouver de l’inspiration et ont été incapable d’apprécier cette grande occasion. Je ne comprends pas que ces hommes qui ont comme travail de décrire l’esprit humain soient incapable de l’apprécier et de l’observer en toute occasion. Toutefois, une fois passé Balzac, Barrès et Baudelaire, j’ai pris un peu plus plaisir à ma lecture. J’ai même eu plusieurs inspirations lecture tout du long j’ai donc téléchargé deux ebooks libres de droits de Bernanos, j’ai sorti Céline de la poussière qui encombrait ma biblio et j’ai drôlement le goût de découvrir d’autres livres de Fitzgerald (spécialement de Zelda
).
Au final, si j’ai beaucoup apprécié certaine partie comme celle des Fitzgerald, du jeune aventureux Jack London, de Claudel l’amoureux du Japon, ils n’ont pu me faire oublier les passages plus ennuyeux dont celui de Proust que j’ai carrément passé faute d’y trouver un quelconque intérêt. Par dessus tout, j’ai apprécié les quelques lignes qui décrivaient ces pays visités d’alors et ce qu’ils étaient devenus maintenant avec l’influence de l’auteur (bien souvent, ce sont des passionnés qui tentent, tant bien que mal, de maintenir la mémoire de ces courts passages). Mais voilà, vu une petite pitchounette arrivée récemment dans ma vie et qui est très demandante en ce moment, je préfère m’envoler vers d’autres livres bien plus faciles et rafraîchissants à lire. Je suis sûre qu’on peut me le pardonner.
Extraits
« Alors on part. Vers la vraie vie, qui est toujours ailleurs. Les mauvaises raisons de partir ne manquent pas. Quand ce n’est pas pour se fuir, c’est pour s’évader d’une société qui, toujours, se complaît dans ses petitesses, se vautre dans ses médiocrités et ne sait plus offrir des perspectives d’absolu. » p.3
« Paradoxes des paradoxes pour l’écrivain qui se rêvait vacher, son séjour en Amérique du Sud, loin de le dispenser de l’âpre discipline des pages quotidiennes, est l’occasion d’une exceptionnelle ardeur créatrice. » p.73
« Le mot détachement ne serait pas exact, ce serait plutôt un écartement des choses de moi […] J’ai beaucoup de peine à trouver ma place exacte dans ce monde qui n’est plus fait pour moi. » p. 143
Livres ajoutés à ma PAL/LAL : Sous le soleil de Satan de Bernanos, Le journal d’un curé de campagne de Bernanos, Voyage au bout de la nuit de Céline, Tendre est la nuit de Fitzgerald, L’adieu aux armes de Hemingway et Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald.
15 mars 2012
Les monologues du vagin
Eve Ensler
Ebook
72 pages
« Voici le lieu pour penser à nos vagins, pour apprendre grâce à ceux des femmes, pour écouter des histoires et des points de vue, pour répondre à des questions et pour nous en poser. Voici le lieu pour s’affranchir des mythes, de la honte et de la peur. Voici le lieu pour s’entraîner à dire le mot, parce que, comme chacun sait, c’est le mot qui fait avancer et c’est le mot qui rend libre. «VAGIN» »p.8
Qui ne connaît pas Les monologues du vagin un pilier de la littérature féministe, devenu une pièce de théâtre jouée un peu partout dans le monde. D’ailleurs, je me rappelle la scène d’un film (lequel ?? je ne me souviens plus du titre, si vous le savez, mettez-le dans les coms svp) où un jeune homme accepte de se rendre seul voir cette pièce alors même qu’il ignore complètement de quoi il s’agit. La pièce commence et il comprend bien vite le sujet principal, de honte, il se cache dans son siège et tente tant bien que mal de sortir de la salle sans se faire voir.
Il faut dire qu’avec un nom comme celui-ci et avec l’étiquette «littérature féministe» ce livre peut faire fuir pas mal de monde. Mais ce qu’il y a surtout à comprendre c’est que notre vagin est le centre même de notre féminité et donc de notre état de femme. Depuis toujours il est mal vu de parler de cet endroit et même carrément de l’avoir ! Les hommes peuvent être fiers de leurs pénis, ces verges qui s’érigent vers le ciel et prennent possession de l’autre. Mais les femmes, elles ? On leur a vite appris à avoir honte de ce trou qui est bien souvent plus source de douleur que de jouissance pour certaines (ne m’en parlez pas, je peux accoucher d’une minute à l’autre
).
Avec cette oeuvre, l’écrivaine américaine a voulu permettre à certaines femmes de se libérer de l’emprise des anciens préjugés et les mener vers le chemin de l’acceptation de soi et de l’épanouissement. En partageant ces interviews avec nous, elle a multiplié son impact en nous faisant profiter à tous des aveux de ces femmes courageuses. Pour ma part, j’ai eu un faible pour la partie où c’est une femme âgée
qui s’adresse à nous, j’ai trouvé ce passage très touchant. Se privé du plaisir de la sexualité par ignorance de son propre corps c'est si triste !
Pour ceux qui grince des dents, car ils considèrent que nous en «beurrons trop épais» sur la discrimination et les préjudices que les femmes ont eu à supporter et, excusez-moi, mais supporte toujours, laissez-moi vous dire que l’auteure a laissé à notre disposition des petites sections sur «La réalité sur le vagin». En voici un petit extrait :
«Au cours d’un procès en sorcellerie en 1593, le magistrat instructeur – un homme marié – découvrit pour la première fois l’existence du clitoris. Il l’identifia comme étant un mamelon du diable, preuve irréfutable de la culpabilité de la sorcière. » p.23
Et si nous y allions avec des histoires tout aussi «coquasses», mais plus récentes ?
«Souvent, par hypocrisie, cette opération [ablation du clitoris] est comparée à la circoncision. En fait, cela équivaut chez un homme à l’ablation de la totalité du pénis ainsi que de ses racines en tissu mou et d’une partie de la peau du scrotum. » p.40
Ouch ! C’est drôle mais je suis sûre qu’aucune ethnie n’a encore imposé cette chirurgie à ses membres masculins. Mais bon, passons, il est vrai que je m’emporte drôlement lorsque l’on parle de féminisme, mais remarquez tout de même qu’il ne s’agit pas seulement de témoignages mais aussi de connaissance générale sur la femme dans le monde et dans l’histoire qui nous est apporté par ce livre.
Et pour finir, je me permet un dernier petit extrait histoire de rassurer les femmes qui, comme moi, vont bientôt donner naissance pour la première fois et en sont terrifiées.
«J’étais là quand son vagin s’est transformé,
D’humble orifice sexuel
En passage plus vieux que la nuit des temps, en un vaisseau sacré,
En un canal vénitien, en une source profonde avec un tout petit enfant blotti en son milieu
Et qui attendait qu’on le délivre. » p.64
11 mars 2012
Entre les lignes : les voyages et les livres
Dossier :
Le tourisme littéraire
À chaque fois que j’ai l’impression que l’on a fait le tour avec les dossiers sur la littérature et que cette revue ne pourrait pas se réinventer d’avantage, Entre les Lignes m’arrive toujours avec un sujet choc. Non pas choc comme choquant, mais plutôt choc du genre qui me fait baver d’envier, qui me donne le goût de dépenser en m’enfuyant dans une librairie/bouquinerie ou d’aller dévaliser une bibliothèque (Dieu seul sait à quel point cela est facile pour moi !!). Mais cette fois-ci, s’il fallait que je me laisse tenter, cela me coûterait très très cher !
Dîtes-moi, vos voyages ont-ils déjà été inspirés de vos lectures ? Avez-vous eu des envie de visiter certains endroits juste parce qu’un malin auteur vous en a décrit les plus grands charmes ou bien, y a installer une scène dont vous vous rappeler par coeur ? Je sais que pour plusieurs, la réponse est oui. Pour ma part, je n’ai pas encore beaucoup voyager, mais lorsque j’ai pris l’avion, c’était toujours avec un livre sous le bras d’un auteur originaire de ma destination, histoire qu’il m’en parle un peu. Pourtant, comme beaucoup j’ai été fortement influencée et je rêve depuis toute jeune d’aller en Louisiane terre natale des vampires d’Anne Rice. Plus récemment, Francine Ouellette m’a donné une envie indicible d’aller faire un tour à Shefferville et de m’enfermer dans une roulote, jour de tempête de neige, afin de connaître le vrai sens du mot calme, mais surtout pour écrire.
Et depuis cette lecture-ci, bien d’autres destinations m’appellent désormais ![]()
- Auteur à l’honneur : Louis Gauthier
- Entrevue éclair : Emmanuel Carrère
- Lieu du lire et de l’écrire : La bibliothèque de Cora Tsouflidou (eh oui, on parle de la fameuse créatrice des restaurants Cora déjeuners)
- Artiste invité : Brigitte Lafleur (la porte-parole, très enviée par moi, du prix des Libraires de cette année)
Livres intéressants : La ballade de Lila K. de Blandine Le Callet, Le voleur de cadavres de R.L. Stevenson, Marie Stuart de Stefan Zweig, Anna de Louis Gauthier, Grand-Louis, l’innocent de Marie Le Franc, Marguerite Porète l’inspiration de Maître Eckhart de Jean Bédard, Le livre des enfants de Antonia S. Byatt, Tout ça pourquoi de Lionel Shriver, Le rêve du Celte de Mario Vargas Llosa, Au pays des pierres de lune de Tania Sollogoub, Océan mer d’Alessandro Baricco et un livre de Timothée De Fombelle


































