23 avril 2011

Parapluies

Parapluies

Christine Eddie

 

Les éditions Alto

 

195 pages

 

2011 

La pluie a commencé à tomber le jour où Matteo a disparu.

Jusqu’à son départ précipité, Béatrice ne pensait pas qu’elle aurait besoin d’un gilet de sauvetage. Pour garder la tête hors de l’eau, elle s’accroche à Aisha, une jeune Somalienne qui entre à l’improviste dans sa cuisine à l’heure des actualités. La main dans celle de l’adolescente, elle attend le retour de l’homme avec lequel elle vit depuis quinze ans.

Pendant ce temps, Francesca ronchonne au rez-de-chaussée, Daphnée rêve de rencontrer le docteur Jivago et Thalie trame un plan fabuleux qui lui permettra de retrouver son père.

Entre l’Italie et le Québec, à l’ombre d’un HLM et sous l’oeil bienveillant de Barack Obama, les nuages s’amoncèlent. Il pleuvra pendant trente-quatre jours. Le temps de découvrir que les parapluies sont des refuges nécessaires, mais fragiles. Surtout lorsqu’un vent se lève.

4ième de couverture

3etdemi

  Comme beaucoup d’autre, j’ai connu Christine Eddie par Les carnets de Douglas, son premier roman et j’en suis profondément tombé amoureuse. Alors lorsque j’ai vu que l’auteure avait récidivé je me suis accrochée à cette nouvelle parution au point où mon chum n’a pas pu me dissuader de l’acheter. J’ai dévoré le roman en quelques jours, mais je n’ai malheureusement pas retrouvé ce que j’aimais dans son précédent livre.

Dans son premier roman, Christine Eddie nous dévoile une magnifique histoire d’amour, triste certes, mais magnifique tout de même. Je m’attendais un peu au même genre, soit revisiter l’histoire entre Matteo et Béatrice et découvrir pourquoi ce dernier est parti. Mais la vérité nous est dévoilé que petit à petit, imbriquée dans l’histoire d’autres personnages pas nécessairement très intéressants. Si j’ai aimé Francesca, la mère de Matteo qui passe sa journée à écouter des émissions de télémarketing, têtue comme une mule et qui fait semblant de ne pas parler le français (peut-être pour faire enrager un peu sa belle-fille), celle-ci n’a finalement pas tant de place que ça dans l’histoire. Quant à Aisha, elle est simplement la preuve du délire grandissant de Béatrice, car son fantôme devient pour elle une personne à part entière ! Mais bon, même si c’est vrai que l’on peut dire << qui se compare, se console >>, c’est tout de même un peu facile de se comparer à une gamine qui s’est faite violée puis lapidée à mort. Mais ne me croyez pas insensible, car j’ai ressentie beaucoup de peine pour Béatrice, je vous l’assure, elle me faisait d’ailleurs beaucoup penser aux personnages de Guillaume Vigneault à qui je voue carrément un culte.

Mais de tous les personnages, c’est Daphnée que j’ai le plus aimé. Pourquoi ? Parce que Daphnée c’est moi. Je sais ce que s’est que de toujours avoir eu un surplus de poids et de ne pas pouvoir s’accepter. Mais surtout, de voir toutes les barrières qui se mettent dans nos jambes alors que pour d’autres plus jolies, plus ambitieuses s’est bien plus faciles. Et pire que tout, d’être pleine d’une sensibilité qu’on ne peut montrer et d’un talent immense (ah là je parle pas de moi, mais de Daphnée, je ne suis point vantarde beaucoup s’en faut d’ailleurs !) Mais bon, changeons de sujet. Tout pour dire, que Daphnée m’a vraiment beaucoup plus, elle est attachante, on a le goût de la prendre sous notre aile et de la protéger.

Ce que j’ai moins aimé dans tous ces personnages, c’est que, ce que je croyais être des vies parallèles avec un seul élément en commun : Matteo, se sont toutes croisées étroitement. Il me semblait plutôt étrange que tous ces personnages puissent se retrouver ensemble et se lier d’amitié. Cela m’a d’autant plus énervée, que je connaissais la vérité … je m’arrête ici, j’en ai déjà trop écrit.

Malgré tout ces défauts, ainsi qu’une fin que j’ai trouvé drôlement tiré par les cheveux, j’ai bien aimé ce livre qui m’a même faite pleurer. Eh oui, à certains moments, l’auteur cède la place à Matteo lui même, le fameux disparu et je n’entre pas dans les détails, mais il a réussi à arracher des larmes à mes deux ‘tits quenoeils Clignement d'œil Donc, un livre que je ne conseillerais pas de prime abord, mais qui n’entache aucunement l’amour que je porte à l’auteure, car on y voit bien la capacité de celle-ci à créer des personnages forts.

- À lire aussi : Les carnets de Douglas de la même auteur.

Posté par GeishaNellie à 00:00 - Littérature québécoise - Commentaires [5] - Permalien [#]

dentelle


Commentaires sur Parapluies

  • Bizarrement, la finale ne m'a pas dérangée tant que ça... ça m'a même beaucoup plu. Mais j'accroche vraiment à la plume de cet auteure, je pense. Et moi aussi, je savais )

    Posté par Karine:), 24 avril 2011 à 20:16 | | Répondre
  • Je ne suis pas sûre d'avoir envie de pleurer, mais c'est tentant.

    Posté par Aliénor, 26 avril 2011 à 15:29 | | Répondre
  • @Karine : Ce n'est pas grave même si ce livre-ci ne m'a pas vraiment séduite, elle en écrira bien d'autre que j'aimerai, j'en suis sûre !
    @Aliénor : Il n'a pas fait pleurer tout le monde, alors tu peux l'essayer sans crainte

    Posté par GeishaNellie, 26 avril 2011 à 18:21 | | Répondre
  • Tentant! Je ne connais pas cet auteur!

    Posté par Edelwe, 27 avril 2011 à 05:53 | | Répondre
  • @Edelwe : Essaie son premier livre : Les carnets de Douglas, il est excellent !

    Posté par GeishaNellie, 27 avril 2011 à 12:27 | | Répondre
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