19 juillet 2011

La caverne

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Marina et Sergueï Diatchenko

Albin Michel

2010

507 pages

 


Cette histoire nous amène dans un monde où les gens ne souffrent plus d’aucune agressivité, pour eux ils n’existent aucun risque de vol, d’attaque, de viol, de meurtre. Les gens peuvent quitter leur maison en laissant portes débarrées et fenêtres ouvertes. Malgré tout cela, ces gens nous ressemblent presque point pour point, car que serait l’homme sans son désir de sang ? C’est pour cette raison, que quelques nuits par mois, ils se retrouvent dans la caverne. Ils sont, selon leur caractère, des proies ou des prédateurs. Plusieurs espèces cohabitent dans cette caverne. Toutefois, tout ce qui se passe dans la caverne, a un impact dans la vie de tous les jours, ainsi si l’on dit que << son sommeil était profond et que la mort est survenue naturellement >>, ce n’est qu’une façon de cacher l’horrible vérité, c’est que les gens meurent dans la caverne. Tous les jours, des personnes âgées, des enfants, des malades, des handicapés ou simplement des malchanceux perdent la vie.

Un des plus forts prédateurs est le stark. Une daine ne voit un stark qu’une seule fois dans sa vie et elle le reconnait toujours, mais ne peut jamais lui échapper. Pourtant, Pavla a survécut trois fois au même stark. Pire que tout, Pavla a reconnu son stark dans la vie réelle, alors que cela est impossible et celui-ci, l’a reconnu. À partir de ce moment, la vie pour Pavla et Raman (le stark) sera changée à jamais, car il est tabou de penser à la caverne en plein jour et surtout, d’en parler.

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Ce livre m’est tombé sous les yeux, alors que je cherchais complètement autre chose et son dos de couverture m’a incroyablement attiré (sans compter le fait qu’il s’agit d’auteurs russes, un petit plus qui m’a aussi très accroché Clignement d'œil). Ne vous m'éprenez pas, ce livre n’a aucun rapport avec le film d’horreur du même nom (d’ailleurs si vous avez lu mon résumé, vous l’avez assez bien compris, toutefois au cas où vous seriez du genre à ne pas le lire …) il en est même très loin, car même si nous assistons à certains scènes de chasse, elle n’en reste pas moins sans détails inutiles, donc pas de grosse flambée de violence.

Sincèrement, je reste un peu indécise vis-à-vis de ce livre, car au final il y a beaucoup de choses de base qui ne nous sont pas clairement expliquées et que l’on finit par comprendre en lisant entre les lignes, mais qui ralentissent grandement notre compréhension. Ex : la non-violence des gens, le fait que tous se retrouvent dans la caverne même les comateux, qu’ils n’y vont pas tout le temps (autrement je suppose qu’il ne resterait plus personne), il existe différentes sous-espèces selon le caractères de chacun (ex : un scroll vert, blanc, brun, etc) et j’en passe. D’ailleurs, j’ai toujours une question sans réponse : si on peut mourir dans la caverne, est-ce que l’on peut tomber enceinte ? Même à la fin du roman il reste beaucoup de zones obscures qui nous ont été partiellement dévoilées assez pour faire une suite, mais clairement pas assez pour comprendre en un seul livre la complexité de ce monde qui semble en cacher plusieurs.

Nos premiers pas dans la Caverne se font donc avec plusieurs difficultés, car étant un sujet tabou au grand jour, j’avais plutôt l’impression de lire deux histoires parallèles. Une fois mon idée faîte, j’ai  eu beaucoup de difficulté à la défaire et les deux mondes me semblaient irrémédiablement cavernedissociés, pourtant tout tourne autour de ce qui se passe dans la Caverne. Malheureusement, il faut suivre l’évolution de l’héroïne (voir dans le prochain paragraphe toute l’estime que j’ai pour Pavla …) et son acceptation de penser/parler ouvertement de ce monde qui cache les plus bas instincts de tous.

Si la Caverne avec sa faune diversifiée m’a plût, la vie réelle, elle, était d’un ennui total. Après tout, Pavla est une Daine, elle est donc la plus placide des femmes, incapable d’aucune initiative, mais dotée, heureusement pour elle, d’une chance inouïe qui lui a sans doute permis de garder son travail où elle me semblait d’aucune utilité. Sa vie personnelle est aussi d’un ennui profond, elle vit chez sa soeur mariée et est tyrannisée par son neveu caractériel. Encore une fois, heureusement pour elle qu’elle rencontre Tritan qui essaie de l’exploiter/protéger et qui l’enferme/la libère au gré de ses propres décisions (j’avais parfois l’impression d’assister à de l’exploitation sexuelleEmbarrassé). Bref, vous devez vous imaginer le portrait. Mais nous avons aussi beaucoup de chance, chers lecteurs, car l’arrivée en scène de Raman et de son caractère de lion nous donne beaucoup plus d’intérêts à l’histoire spécialement lorsqu’il se bat comme un forcené afin de briser la placidité de Pavla (je vous jure que vous en tomberez amoureuse comme d’un certains Barrons, mais en plus vieux).

Finalement, je dois déplorée une dernière page qui m’a laissé beaucoup de question (en fait, je n’ai pas tout compris ce qui se passait), mais je garde de ma lecture intégrale un assez bon goût, celui d’une histoire très originale, peut-être mal travaillée, mais avec énormément de potentiel.

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Lu dans le cadre du défi Une année en Russie-Édition 2011 de Pimpi

Posté par GeishaNellie à 18:31 - Littérature de science-fiction - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur La caverne

    Tout ça donne envie en tout cas, malgré les petits côtés négatifs. Je vais me noter ce titre dans un coin et essayer de le trouver prochainement ! (en + en format poche, c'est l'idéal pour moi !)

    Posté par vilvirt, 20 juillet 2011 à 14:47 | | Répondre
  • @Vilvirt : Je suis bien contente que les aspects négatifs que je lui ai trouvé ne te rebute pas, car je trouve malgré tout qu'il vaut la peine d'être lu.

    Posté par GeishaNellie, 20 juillet 2011 à 17:30 | | Répondre
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