27 mai 2014

Le vent en parle encore

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Michel Jean

Libre Expression

2013

237 pages

 

Au début du XXe siècle, la Gendarmerie Royale du Canada débarque dans une réserve de Mashteuiatsh, les Amérindiens qui s’y trouvent entamaient à peine les préparatifs pour leur départ vers leur territoire de chasse d’hiver, mais cette année là, il n’y aura pas de voyage pour la plupart des jeunes du clan. Pour Marie et Virginie, deux adolescentes, qui reviennent de la tournée de leurs collets, c’est la consternation, puis l’horreur lorsqu’elles comprennent qu’elles ne partiront pas avec leurs parents mais devront plutôt accompagner les prêtres jusqu’à Fort George, un pensionnat où des religieux leur apprendront enfin à faire partie de la société canadienne et non pas à vivre comme des sauvages.

S’ensuit ce que l’histoire nous a déjà apprit, les religieux isolés avec les adolescents (parfois de jeunes enfants) s’adonnent à tous les sévices possibles : tortures mentales et physiques, viols et attouchements sexuels. Michel Jean ne nous épargne rien ! Voilà tout un peuple profondément marqué par cette tentative d’assimilation du Gouvernement Canadien. 

Près de 70 ans plus tard, la jeune et jolie avocate Audrey Duval est mandatée pour distribuer les indemnités accordés par le Gouvernement Canadien aux ex-pensionnaires de Fort George. Elle part donc à la recherche de ces derniers mais jamais elle ne se serait attendu à découvrir des souffrances de cette amplitude !

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J’ai choisi ce livre parce que le moment historique qu’il racontait venait profondément me toucher. Certes, j’aime bien cet auteur mais c’est vraiment mon désir de mieux connaître l’histoire des pensionnats qui m’a poussé à aller le louer à la bibliothèque et à le prioriser par rapport à mes autres lectures. J’y ai trouvé un peu ce à quoi je m’attendais et à la fois, on ne peut pas s’y préparer complètement. Comment peut-on être aussi tordu et pervers (il y a d’ailleurs une scène de fellation dans un confessionnal qui est vraiment choquante) ? Est-ce parce que c’était des religieux privé de tout plaisir sexuel ou bien n’importe qui en positiona123707 d’autorité aurait agi de la sorte ? Je penche vers la seconde explication mélangé à un profond racisme envers les Amérindiens. Racisme toujours très présent mais dont on parle peu car c’est un peuple qui ne possède pas d’ambassadeur et donc, peu médiatisé.

Mais bon, finissons s’en avec mon chialage et retournons au livre. Si le sujet était chère à mes yeux, j’aurais voulu que la main qui l’écrivit fut celle d’un autre. Michel Jean est journaliste de formation, il sait donc choisir ses sujets, trouver sa documentation et relater les faits, mais j’aurais voulu une plume plus poétique, un auteur de carrière pour me raconter cette histoire. Certes, je désirais connaître la réalité des pensionnats et j’ai été bien servie mais le fait qu’un journaliste se lance dans un roman si chargé en émotion fait de l’oeuvre un livre bon mais sans plus. J’aurais voulu croire en Marie et en Audrey, à Jimmy et sa popote mais pour dire vraie, je les trouvais plutôt bourré de clichés. Je sais, je sais, je suis en train d’en fâcher plusieurs ! Assurément, l’important est là mais je ne voulais pas d’un documentaire, d’une écriture froide qui a de la difficulté à nous faire croire en ses personnages, je voulais un récit émouvant qui me ferait pleurer de dégoût et de honte. Bref, j’aurais voulu les faits de Michel Jean avec la main, disons, de Jocelyne Saucier. Cela dit, ce roman en fait un parfait d’introduction, il ne reste qu’à moi de trouver un auteur qui sache mieux me faire plonger dans les horribles souffrances que ce peuple a vécut.

Source de l’image : http://www.collectionscanada.gc.ca/visionphoto/045003-2400-f.html

Posté par GeishaNellie à 21:56 - Littérature québécoise - Commentaires [4] - Permalien [#]

dentelle


Commentaires sur Le vent en parle encore

  • J'ai pour ma part beaucoup aimé, même si j'ai préféré Elle et nous. Et non, je ne vais pas te trucider... chacun ses goûts ))

    Posté par Karine:), 24 juin 2014 à 10:52 | | Répondre
    • Moi aussi j'ai préféré Elle et nous mais je ne sais pas si tout le monde pense comme toi pour le reste.

      Posté par GeishaNellie, 24 juin 2014 à 19:41 | | Répondre
  • Ce livre ma beaucoup, beaucoup émue peut-être parce qu'étant de descendance amérindienne! C'est un fait que Michel Jean n'est pas de la trempe d'une Jocelyne Saucier mais il a une belle plume également (Lire Elle et nous entre autre.) Mais, à sa place, j'aurais peut-être aussi écrit ce pan peu reluisant de notre histoire froidement et laisser le vent en parler encore tellement certains détails ont du lui briser le coeur.

    Posté par Suzanne, 21 juillet 2014 à 12:17 | | Répondre
    • Moi aussi j'ai du sang amérindien dans les veines et ce sujet me touche énormément. J'ai toutefois beaucoup de difficulté je crois avec le style d'écriture que la plupart des journalistes utilisent pour leur roman. Malgré tout, j'avais beaucoup aimé Elle et nous.

      Posté par GeishaNellie, 22 juillet 2014 à 16:14 | | Répondre
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