01 septembre 2005

Putain

image002Nelly Arcan

Édition sur le Seuil

186 pages

Il y a de ces livres où faire un résumé de l’histoire nous parait tout bonnement impossible. Pourquoi ? Certaines embûches surviennent parfois, peut-être l’histoire est telle trop complexe ou bien, tordue, fragmentée, dans ce cas-ci, elle est presque inexistante comme l’écrit si bien l’auteur Nelly Arcan : << Voilà pourquoi ce livre est tout entier construit par associations, d’où le ressassement et l’absence de progression, d’où sa dimension scandaleusement intime. >> Donc, ce récit m’est apparue un peu semblable à une longue lettre que l’auteur aurait écrit simplement afin d’alléger son esprit malade d’un tourment qui la ronge et peut-être même dans le but de mettre sous le nez de ses parents son histoire << de putasserie >> couchée sur papier, mais voilà que oups ! en cours de route se présente une offre de publication et la pauvre jeune femme ne peut que l’accepter, nous voilà donc avec cette vie de putain entre les mains.

Notons tout d’abord que j’ignore si les faits sont véridiques et si Nelly Arcan s’est bien adonnée à la prostitution ou si elle a véritablement souffert d’anorexie, mais pour alléger le texte, supposons que oui, même si l’on pourra sentir dans ces lignes mon doute vis-à-vis de la véracité de ce récit. Putain raconte comment Nelly, prénommée Cynthia (nom de sa grande sœur décédée en bas âge) par ses clients est passée de l’anorexie à << la putasserie >> (comme elle le dit elle-même) tout en continuant ses études littéraire à l’université. Ces quelques centaines de pages sont utilisées, non pas avec un dessein précis, mais bien avec un style d’écriture que je dirais prometteur (tous les jeunes écrivains québécois ont un très beau style d’écriture, mais c’est ce qu’ils font avec qui me déplaît souvent). Même si l’on retrouve dans ce roman un nombre incroyable de fois les mots queue, sperme, fellation, sexe, ne vous trompez pas, il ne s’agit aucunement d’un récit érotique, mais bien celui d’une jeune femme tétanisée devant la possibilité de vieillir et d’être surpassée en beauté par une autre. Une femme ne supportant ni la comparaison ni l’amour. Complètement désillusionnée. Elle ne fait qu’attendre le bas-fond et la mort. Son suicide est prévu de toute manière, mais il tarde, en attendant pourquoi ne pas écrire ce roman ?

Commentaires etoile_105.gif

Si j’ai acheté ce livre c’est parce que j’avais déjà lu précédemment Folle, le dernier roman de Nelly Arcan et que je me disais que malgré tout elle pourrait peut-être écrire quelque chose de pas si pire car il ne manquait qu’une histoire pour me plaire et je pensais que Putain pourrait bien me rassasier pour cela. J’ai payé une petite fortune ce roman (12 $ pour un livre usagé et très abîmé) tout cela à cause des critiques qui avait raffolé d’Arcan. Je vais maintenant me lever et proclamer haut et fort ce qui n’a pas encore été dit jusqu’ici. Ce livre est d’un emmerdement ! Le plus triste là-dedans c’est que si j’écrivais quelque chose, il ressemblerait sûrement à ça, j’écrirais pour moi-même, j’écrirais ma vie et le public chérirais peut-être mon livre, mais je préfère me mettre à l’abstinence d’écriture, car ce livre m’a tellement ennuyée que ça m’a tout pris pour le finir (je ne suis pas du genre à abandonner la lecture d’un livre une fois commencé) et s’il y a une seule personne sur la terre pour penser la même chose sur mon livre que ce que j’ai pensé sur le livre d’Arcan, alors je préfère épargner ne serait-ce que cette minorité parce que selon mes avis ça ne méritait pas d’être publié. J’ai beaucoup de misère avec ce genre de littérature où les phrases vont nulle part, non pas de sens précis, existent pour elles sans être liées aux autres par la loi absolu de ce que l’on appelle << l’histoire >>.

Je ne fais donc pas partie de la masse qui crie à la fraîcheur et la pureté de ce style nouveau genre, moi j’en appelle aux bonnes vieilles méthodes d’écriture qui me plaisent bien et qui ne seront surpassées par rien d’autre qui ne soit nouveau, mais aussi bon. Quoiqu’il en soit, je n’ai pas aimé ce roman il y avait beaucoup de répétition, beaucoup de bla bla et lorsqu’on finit ce livre on a l’impression de vivre dans le pire des mondes, l’auteur est tellement fuckée que tu as la tête qui en tourne ! Mais bon, tout cela est mon opinion, c’est à vous de vous faire la vôtre et de plus, tellement de gens ont aimé ce roman, vous avez plus de chances d’être dans la majorité que la minorité.

Autres livres de l'auteur :

- À ciel ouvert (2007)

- L'enfant dans le miroir (2007)

- Folle (2004) Nominée pour le prix Médicis

Posté par GeishaNellie à 23:21 - Littérature québécoise - Commentaires [0] - Permalien [#]
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